Comment peut-on protéger les baleines dans un habitat aussi immense que l’océan?

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Nous profitons tous de l’océan, mais nous devons nous assurer de l’exploiter de manière responsable, afin de ne pas causer du tort inutilement à la faune.

À bien y penser, nous avons besoin des océans pour plusieurs raisons :

  • Nous y trouvons notre nourriture. Nous y produisons nos aliments grâce à l’aquaculture.
  • Nous y transportons de tout dans de grands navires.
  • Nous y cherchons des ressources à extraire, comme le pétrole sous les fonds marins.
  • Nous y rejetons les eaux usées de nos maisons et de nos usines.
  • Nous y allons pour nous divertir, en bateau, à la plage, en plongée!

Nous utilisons tous les océans, où que nous vivions. Continuer la lecture de « Comment peut-on protéger les baleines dans un habitat aussi immense que l’océan? &rquo;

Le dilemme de la baleine noire de l’Atlantique Nord (et des chercheurs)

« Nous comptons plus de chercheurs qui étudient la baleine noire de l’Atlantique Nord que l’espèce elle-même ». Voilà comment la communauté des chercheurs vise à faire valoir la situation de la baleine noire et souligner son statut auprès des agents de conservation de la faune. La baleine noire de l’Atlantique Nord, une espèce en voie d’extinction, n’est plus chassée depuis les années 1920 et pourtant, sa population ne s’est toujours pas rétablie. On compte aujourd’hui environ 500 individus.

Bien que la chasse à la baleine noire ait maintenant cessé, l’augmentation des activités industrielles dans l’océan a entraîné la mort de la plupart des baleines noires, principalement en raison de collisions accidentelles avec des navires ou d’empêtrements dans des engins de pêche.

Revenons en arrière pour mieux comprendre les efforts de conservation de la baleine noire. Dans les années 1970 et 1980, des chercheurs ont découvert de larges bancs de baleines noires dans la baie de Fundy, découverte qui a eu pour conséquence de mettre en valeur les efforts de sensibilisation à la protection de l’animal et d’attirer des chercheurs de toutes les disciplines pour l’étudier et participer aux efforts de protection.

Au milieu des années 2000, on notait un grand nombre de naissances de baleineaux et de nouvelles mesures de protection ont été mises en place pour protéger les baleines noires contre les collisions accidentelles avec des navires. Les chercheurs ont célébré ces deux découvertes, puisqu’elles semblaient démontrer que la population de baleines noires augmentait.

Puis, en 2010, nous les avons perdues de vue. Des équipes d’étude dans le golfe du Maine et dans la baie de Fundy ont constaté une forte baisse du nombre de baleines noires présentes dans ces aires d’alimentation. La situation n’a pas changé depuis. Les baleines ont visiblement changé leurs habitudes, mais pourquoi? Et où sont-elles allées?

Carte des points d’observation des baleines noires de l’Atlantique Nord de la NOAA dans les Maritimes canadiennes montrant des observations confirmées de baleines noires en août 2016.
Carte des points d’observation des baleines noires de l’Atlantique Nord de la NOAA dans les Maritimes canadiennes montrant des observations confirmées de baleines noires en août 2016.

En été, les baleines noires descendent des eaux côtières nordiques pour se nourrir et on suppose donc qu’elles se rendent là où elles peuvent trouver de la nourriture. Les baleines noires se nourrissent de larges bancs de copépodes (zooplancton) qui se forment dans les chenaux et bassins profonds qui jalonnent notre plateau continental. Les scientifiques avancent l’hypothèse selon laquelle les baleines noires ont cessé de visiter ces zones en raison de la disparition des bancs de copépodes, un phénomène connu qui se produit à l’occasion.

D’autres études se sont penchées sur la « disparition » des baleines noires et, en 2015, des relevés aériens menés dans le cadre de recherches océanographiques ont permis de découvrir des endroits où les copépodes pouvaient se rassembler et les chercheurs ont trouvé une nouvelle aire d’alimentation dans le chenal Orphelin, où l’on comptait environ 50 baleines noires (voir le cercle jaune sur la photo!).

Les résultats préliminaires de l’étude pour l’été 2016 laissent entendre que la baleine noire serait revenue dans ses aires d’alimentation traditionnelles de la baie de Fundy, mais d’autres études menées dans les Maritimes démontrent que les baleines ont continué de fréquenter le chenal Orphelin. Ces nouvelles sont excellentes pour les chercheurs qui étudient la baleine noire, mais elles prouvent que nous avons encore beaucoup à apprendre sur cet animal et que nous devons tâcher de découvrir les endroits que fréquente la baleine noire pour mieux la protéger.

Sean Brillant, biologiste principal de la conservation, Fédération canadienne de la faune

Kim Davies, titulaire de bourse de recherche postdoctorale Liber Ero, département d’océanographie, Université Dalhousie

Pourquoi y a-t-il tant de mysticètes au Canada?

On compte plus de 30 espèces de baleines, petites et grandes, dans les eaux canadiennes. Parmi elles, les 8 plus grandes sont des mysticètes (ou cétacés à fanons) où figurent la baleine bleue, la baleine à bosse et de nombreuses autres espèces très différentes dans leur apparence, leurs moyens de communication, leur alimentation et leur habitat.

Les mysticètesont un point en commun : leur bouche est garnie de fanons et non de dents. Ces animaux utilisent leurs fanons pour filtrer la nourriture dans l’eau. Certains cétacés à fanons se nourrissent principalement de petits poissons et de crevettes, tandis que d’autres préfèrent manger de minuscules crustacés qui flottent dans l’océan : le zooplancton. Les mysticètes sont particulièrement nombreux au Canada en raison de l’abondance de zooplancton dans les eaux tempérées de nos océans et des zones côtières de l’Arctique.

Une seule baleine peut manger environ 2 000 kilogrammes de nourriture en une seule journée, soit l’équivalent d’une voiture de taille moyenne. Les mysticètessont si gros et doivent consommer tant de nourriture qu’ils doivent trouver des bancs de zooplancton très denses. Pour les trouver, ils doivent parfois plonger jusqu’à 100 mètres de profondeur pour trouver les bancs plus denses qui se forment près du fond marin. D’autres cétacés tentent plutôt de regrouper des bancs de petits poissons ou de crevettes avant d’avaler le banc en entier d’un seul coup!

Une jeune baleine noire de l’Atlantique Nord, une espèce en voie de disparition, montre ses fanons en parcourant la surface de l’océan à la recherche de nourriture.
Certains cétacés à fanons se nourrissent de minuscule plancton, comme cette espèce, Calanus finmarchicus, un copépode de la taille d’un grain de riz que l’on retrouve en abondance dans l’océan.

De nombreuses baleines parcourent de grandes distances pour trouver leur nourriture de choix. Par exemple, la baleine noire de l’Atlantique Nord, une espèce en voie de disparition, quitte son aire de reproduction dans les eaux côtières de la Floride, où les chercheurs croient qu’elles jeûnent durant l’hiver, pour remonter le littoral est jusqu’au Canada pour se nourrir durant l’été. Les baleines bleues parcourent de plus grandes distances encore et peuvent même parfois traverser des bassins océaniques entiers! C’est beaucoup de chemin pour trouver de quoi manger!

Sean Brillant, biologiste de la conservation principal, Fédération canadienne de la faune

Kim Davies, boursière postdoctorale Liber Ero, Département d’océanographie, Université Dalhousie

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Bienvenue parmi nos travaux de recherche!

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Nous vous remercions de votre intérêt! Nous sommes très heureux que vous puissiez partager notre voyage à la recherche des grandes baleines du Canada. Nous nous appelons Kim et Sean. Nous sommes chercheurs et nous étudions où et pourquoi les plus grandes créatures de la Terre se retrouvent au large de nos côtes. Nous utilisons maintenant de nouvelles technologies, afin de partager avec vous ces recherches passionnantes à mesure qu’elles se produisent. Chaque semaine, nous publierons en direct de nouvelles entrées de blogue contenant des faits et des résultats intéressants extraits de nos travaux de recherche en cours. C’est parti!

Voici un fait étonnant : il n’est pas si facile de savoir où les baleines vivent.

La plupart des gens s’étonnent de cela, et demandent : « Pourquoi ne pouvons-nous pas simplement étiqueter ou baguer toutes les baleines, comme les cerfs et les ours? » Contrairement à la plupart des autres grands animaux, nous ne pouvons pas facilement fixer de dispositifs de suivi sur les baleines. En raison de leur grande taille, principalement, nous ne pouvons pas les manipuler (nous devons tranquilliser et gérer les plus grands animaux terrestres). Lorsque nous sommes en mesure de fixer des dispositifs de suivi aux baleines, ils ne restent actifs que pendant de courtes périodes – souvent parce que les baleines finissent par les faire tomber!

À vrai dire, nous ne savons pas où se trouvent la plupart des baleines au Canada. Heureusement, la plupart entreprennent des migrations annuelles régulières entre les différentes parties de l’océan, et bon nombre de ces endroits sont relativement connus. Mais, même dans ces circonstances, elles peuvent nous surprendre. Par exemple, bien que la plupart des 500 baleines noires de l’Atlantique Nord restantes viennent généralement passer l’été dans la baie de Fundy, depuis les trois dernières années, seuls quelques individus se sont montrés. Personne ne sait où tous les autres sont!

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En partenariat avec le laboratoire Particle, Fish and Whale Lab de l’Université Dalhousie, où Kim travaille, nous offrons maintenant la possibilité pour le public de découvrir et d’observer, au côté des scientifiques, où ces mammifères géants apparaissent dans les eaux atlantiques canadiennes. Le projet Whale, Habitat and Listening Experiment (WHaLE), géré par ce laboratoire, est fondé sur des machines qui se déplacent de manière autonome pour étudier des secteurs de notre océan en étant à l’écoute de sons révélateurs émis par diverses espèces de baleines.

Consultez (le site), où vous trouverez une carte indiquant où ces planeurs se trouvent et les espèces de baleines qu’ils détectent. Nous y fournissons également des informations relatives aux diverses espèces de grandes baleines qui se trouvent dans les eaux canadiennes, aux menaces auxquelles elles sont exposées, et même aux sons qu’elles produisent. Nous actualiserons la carte tous les mardis jusqu’à la fin de la saison (mi-novembre) des travaux sur le terrain de cette année, et nous alimenterons un blogue hebdomadaire pour présenter les trouvailles des robots et discuter de la vie de ces grandes baleines.

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Sean Brillant, biologiste de la conservation principal, Fédération canadienne de la faune

Kim Davies, boursière postdoctorale Liber Ero, Département d’océanographie, Université Dalhousie

Mise à jour : le Club nature sportive de la FCF

L’équire de la Féderation s’est agrandie avec l’arrivée de 22 formidables stagiaires d’été. Ces jeunes aident la FCF à promouvoir l’éducation en matière de conservation à la grandeur du Canada. Voyons un peu ce qu’ont fait Mikaela Capeling et Maddie Lincoln-Gouett dernièrement!

REJOIGNEZ LE CLUB NATURE SPORTIVE DE LA FCF pour recevoir un abonnement d’un an au magazine Biosphère ou Canadian Wildlife, le livret Les meilleures pratiques nautiques de la FCF et d’autres ressources fantastiques! Inscrivez-vous dès aujourd’hui sur le site Lessportscestdansmanature.ca.

Le programme « Nature sportive » de la FCF

Les loisirs peuvent être votre porte d’entrée vers la conservation avec la Fédération canadienne de la faune et ses amis. Nos interactions avec le monde naturel peuvent nous inspirer et nous être bénéfiques si nous sommes conscients de nos actions, et réceptifs à ce que nous entendons et voyons autour de nous.

L’été, les canadiens passent plus de temps à l’extérieur et sur nos océans. C’est également le temps de l’année où beaucoup d’animaux marins reviennent à nos océans, dont des baleines, des dauphins, des marsouins, des phoques, des otaries, des tortues de mer et des requins. Si vous avez déjà entendu parler cette année de situations d’urgence mettant en cause des animaux marins, ce n’est pas étonnant.

L’Alliance canadienne des réseaux d’urgences pour les mammifères marins (ACRUMM) suit les interventions des réseaux régionaux en réponse à ces situations. Si vous voyez cet été un animal marin mort ou en détresse, assurez-vous de le signaler à votre réseau régional d’intervention d’urgence! Vous pouvez obtenir d’autres conseils de l’ACRUM, ainsi que des coordonnées à partir de notre site Web : Urgencesmammiferesmarins.ca. Lorsque nous consignons bien les renseignements relatifs aux situations d’urgence, nos connaissances sur la conservation et nos interventions s’améliorent. Notre comportement collectif jouera un rôle
essentiel dans la survie du patrimoine sauvage canadien et des animaux marins.

Le programme « Nature sportive » de la FCF encourage les Canadiens à sortir et à profiter des cours d’eau, du littoral et des océans du Canada, par l’intermédiaire de formations, de ressources et d’occasions de participer et d’agir.
Une toute nouvelle version du manuel Nature sportive de la FCF destiné aux moniteurs d’activités de plein air est maintenant disponible, et le guide Les meilleures pratiques nautiques a également été mis à jour en 2016.

Allez en ligne pour en savoir plus sur nos ressources éducatives et nos ateliers de formation.

Le programme « Nature sportive » de la FCF

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