Ma réponse à la question éternelle :

« Alors, qu’est-ce tu fais? »

Question fréquente, posée à l’occasion il y a quelques semaines par mon barbier durant une conservation sur tout et rien. Dans le but de ne pas trop m’éterniser, j’ai résumé en une phrase ce que je fais cet été : je cherche des tortues.

Il m’a regardé, a ri et m’a donné l’impression de ne pas me prendre au sérieux. Je ne peux pas lui en vouloir. C’est en effet un travail qui semble trop saugrenu pour être vrai et, parfois, c’est le cas.

Mais je vais vous expliquer ce que je fais un peu mieux qu’à mon barbier.

L’équipe consacrée aux tortues

Chris crossing a creek

Je suis un des quatre membres de l’équipe de la FCF consacrée aux tortues et dirigée par David Seburn, spécialiste des tortues d’eau douce. Notre travail porte sur la conservation des populations de tortues menacées du Canada.

Ce travail consiste à sensibiliser le public et à réduire les risques qui menacent les populations vulnérables par l’entremise :

  • de la collecte d’œufs et de leur incubation
  • d’enquêtes sur les chaussées et de l’identification des points névralgiques pour les mortalités
  • de la protection d’habitats grâce à des études des milieux humides

À la recherche de tortues

Looking for turtles in the wetland

Les études des terres humides se déroulent sur des terres de la Couronne ou les propriétés privées de propriétaires qui s’intéressent à la conservation des tortues. Lorsque nous arrivons à une terre humide, nous enfilons nos cuissardes, revêtons nos filets contre les moustiques, jetons nos jumelles autour de notre cou et partons à la recherche de tortues.

Nous nous concentrons surtout sur la tortue mouchetée en voie de disparition. Notre objectif est de protéger les précieux habitats dans lesquels elle se trouve. Pour ce faire, nous devons d’abord en trouver une, prendre une photo et enregistrer l’endroit où nous l’avons trouvée. La terre deviendra alors officiellement protégée en vertu de la Loi sur les espèces en voie de disparition.

Ça semble assez simple, non?

Et si je vous disais qu’« en voie de disparition » est synonyme de rare et de difficile à trouver. Et que les terres humides qui abritent des tortues sont aussi associées à des insectes qui aiment piquer les gens…beaucoup, beaucoup d’insectes qui aiment piquer les gens.

Certains jours, nous passons six heures dans de l’eau boueuse jusqu’à la taille entourés de légions de mouches noires et de moustiques, tous aussi avides de nous piquer. Le soleil plombe sur nos têtes, mais il n’y a aucune façon de nous rafraîchir, car si on se dévêtit, même un tout petit peu, on devient un véritable buffet pour les insectes.

Et c’est sans parler des tiques. Depuis le début du projet il y a quelques semaines, une des membres s’est déjà fait mordre par une tique à pattes noires, celle qui peut transmettre la maladie de Lyme. (Heureusement, ma collègue va bien. Rendez-vous tout de suite chez le médecin si vous vous êtes fait mordre par une tique.)

 

© David Seburn | CWF Staff
Une des deux tortues mouchetées que nous avons trouvées durant une sortie.

En dépit de tout ça, il arrive souvent que nous ne trouvions aucune tortue mouchetée. C’est du travail épuisant et parfois frustrant, surtout lorsque nous savons qu’elles sont présentes…nous ne pouvons tout simplement pas les trouver. Mais lorsque nous repérons une de ces incroyables créatures, le jeu en vaut la chandelle.

Le parcours n’est pas pire non plus

Tiptoe-ing through the cattails

Les endroits où nous nous rendons pour mener les études sont indéniablement magnifiques, anciens et remplis d’une diversité d’animaux et de végétation.

J’ai vu une communauté de grands hérons nichés, des porcs-épics grimpant des arbres, une meute de coyotes, une boule de serpents en accouplement, des tortues hargneuses d’apparence préhistorique de la taille d’une plaque d’égout et même de barrages de castors à étages multiples! Ces endroits sont magiques, variés et incroyablement importants, ce qui augmente l’importance de trouver des tortues mouchetées et de protéger ces environnements. Nous avons déjà perdu plus de 70 % des terres humides de l’Ontario.

De nombreuses personnes ont une notion romantique du travail sur le terrain, mais il peut être très stressant et désagréable. C’est difficile et salissant. Mais ce travail est essentiel à la conservation et quelqu’un doit le faire. Cet été, cette personne, c’est moi.

upload observations to inaturalist.ca
Observations téléchargées dans iNaturalist.ca

Vous aussi, vous pouvez aider! Si vous voyez une tortue mouchetée, signalez-le dans iNaturalist.ca. Vous pouvez en apprendre plus sur notre travail avec les tortues à Aidonslestortues.ca.

Mon expérience en solo — Aventure de camping hivernal

Simon est un membre du groupe 7 du  Corps de conservation canadien.

La matinée des expériences en solo, nous devions indiquer notre niveau d’aise à passer la nuit seul dans un abri de neige personnel.

Puisqu’il devait faire plus chaud que les nuits précédentes où la température baissait à de ‑20 à 30 °C, je me sentais assez sûr d’être en mesure de résister au froid. Je me suis donc accordé un niveau d’aise de 8/10 et j’ai tenté d’obtenir une place avec vue sur le lac.

J’ai commencé à creuser mes fossés dans un endroit bien recouvert par les arbres. J’ai vu un pic-bois qui piochait les arbres avoisinants. Il était vraiment mignon; je me suis donc arrêté pour l’observer. Il s’est ensuite approché de très près et s’est mis à piocher mes raquettes. Ça m’a fait sourire et ça m’a donné de l’énergie pour poursuivre mon travail. Après avoir fini de creuser le fossé pour mon quinzee, je me sentais très confiant. L’expérience me plaisait beaucoup. Malheureusement, cette situation ne dura pas longtemps…

Puisque j’étais nerveux à l’idée de dormir dans un quinzee, j’avais prévu de me construire un second abri où je passerais la nuit. Toutefois, comme je peaufinais ma caverne pour créer plus d’espace, elle s’est soudainement écroulée. Je devais donc me résigner à dormir dans le quinzee.

Je devais travailler avec mes genoux dans la neige, ce qui ne me plaisait pas, car ça signifiait que mon pantalon serait humide ou mouillé. Mais c’était la meilleure solution, alors j’ai continué à creuser. Mais soudain, mon entrée s’est effondrée. J’ai vu que le quinzee était encore assez gros pour m’accommoder. J’ai donc creusé une nouvelle entrée et réussi à me rendre un peu plus creux. J’étais à peu près à un quart du quinzee lorsque je l’ai entendu s’enfoncer de 1 ou 2 centimètres.

Tout semblait correct et je me suis rendu à peu près au milieu du quinzee. C’est alors qu’à peu près un quart de mon quinzee s’est enfoncé. J’ai bondi instinctivement de la structure et, quelques secondes plus tard, tout s’est effondré. Mon quinzee était craqué au centre. Dans la frénésie, j’y ai laissé ma pelle. J’ai commencé à creuser avec mes mains gantées et, heureusement, je l’ai trouvée. Selon moi, c’était mon plus précieux bien et je ne pouvais pas me permettre de le perdre. À ce point-ci, je n’ai plus du tout confiance et j’ai peur de ne pas pouvoir passer la nuit dans la forêt.

 

sled sleeping outside in winter

J’ai essayé de construire un nouvel abri à l’aide de mon traîneau. Je l’ai fait assez long pour m’accommoder et j’ai placé mon traîneau sur le dessus. J’ai recueilli des branches de pin et je les ai utilisées pour couvrir l’entrée de ma caverne. J’y ai placé mon sac de couchage et m’y suis étendu. Je me sentais un peu à l’étroit à l’intérieur, mais je me suis dit que si je ne bougeais pas, ça devait aller.

Au fur et à mesure que le jour tombait, j’ai recueilli d’autres branches de pin et je me suis installé dans mon abri. J’étais trop inconfortable pour prendre des notes. J’ai donc joué avec mon cube Rubik. Après l’avoir complété une fois ou deux, j’ai décidé d’essayer de dormir. Je me suis réveillé et il faisait complètement noir. Je devais aller à la toilette…

J’ai tout essayé, mais je n’ai pas pu passer la nuit dehors. Je crois que cette expérience m’a appris beaucoup sur mon tempérament et sur comment je me comporte durant des situations difficiles.

 

Mes nouveaux amis de la Meute

David Freeman est un participant du groupe 6 du  Corps de conservation canadien.

Je n’ai jamais rencontré un groupe de gens aussi diversifiés, mais aussi semblables.

Comme membre du groupe 6 (ou de la Meute, comme nous nous appelions), j’ai vécu une des meilleures expériences de ma vie avec un de mes groupes de personnes préférées. En dépit de la courte période que nous avons passée ensemble, je me sens comme si je connais les autres membres de la Meute depuis toujours. J’imagine que c’est le fait d’avoir campé et vécu ensemble pendant un mois.

Les premiers jours du programme du Corps de conservation canadien ont été un peu maladroits, car nous apprenions à nous connaître. Nous étions chanceux d’avoir nos animateurs Grant et Tirian durant cette première semaine. Ils nous ont sans aucun doute aidés à nous sentir plus à l’aise plus rapidement que si nous étions seuls. Nous avons participé à beaucoup d’activités de promotion du travail d’équipe et acquis plusieurs habiletés que nous pourrions utiliser dans notre vie quotidienne et durant l’expédition nature de 10 jours que nous étions sur le point d’entreprendre.

Nous avons fait du camping d’hiver dans le parc Algonquin en Ontario. Quelle incroyable expérience! C’était un peu bizarre d’être plongé dans la nature pendant 10 jours sans pouvoir prendre de douche, mais j’ai survécu avec l’aide de mes nouveaux amis! Je n’avais pas fait beaucoup de randonnées en raquettes auparavant, alors quand nous sommes arrivés et que notre leader nous a dit que nous allions parcourir un trajet de 6 km en raquettes dans la broussaille, mon corps se sentait déjà fatigué.

Lorsque nous sommes arrivés au camp, j’étais si épuisé que je voulais simplement aller dormir, mais il fallait encore préparer le souper. Pour une raison quelconque, notre équipement ne voulait pas coopérer et la préparation du repas a pris beaucoup plus de temps que prévu. La deuxième journée a été plus facile – j’étais alors un peu plus habitué aux raquettes et la préparation du souper a pris moins de temps. Vers la fin de l’aventure, nous étions tous des experts en survie hivernale, ainsi qu’en déplacements en raquettes et en traîneau à chiens.

Notre dernière semaine ensemble, nous étions tous heureux de pouvoir prendre des douches! Malheureusement, cette joie était accompagnée d’un peu de tristesse à l’idée de devoir nous séparer sous peu. Par la fin de notre expérience de l’étape 1, nous étions comme des frères et des sœurs.

J’espère pouvoir bientôt revoir tous mes camarades de la Meute.

Le pouvoir de la meute : réflexions sur une aventure en pleine nature

Brock est un participant du groupe 6 du  Corps canadien de conservation.

Je me suis joint au programme du CCC pour reprendre contact avec la nature et pour me mettre à l’épreuve. L’étape 1 du programme ne m’a pas déçu!

Le fait de dormir dans une tente dans du -30 ˚C et de me réveiller dans un sac de couchage recouvert de glace m’a endurci, surtout lorsque mon poêle à bois est vide en plein milieu de la nuit. Je hâte de pouvoir raconter cette histoire un jour à mes petits-enfants jusqu’à ce qu’ils ne puissent plus l’entendre, alors que je déplore la « situation des enfants aujourd’hui ».

Toute blague appart, j’ai acquis des compétences importantes durant le mois de janvier, qu’il s’agisse de faire des nœuds de bâtir un abri, d’identifier des traces d’animaux sauvages ou de faire de la raquette. Je me sens maintenant plus à l’aise dans la nature et j’ai développé un grand amour du thé au cèdre.

Ce fut toute une expérience que de faire du traîneau à chiens pour la première fois dans le parc Algonquin en Ontario. Je ne l’oublierai jamais. Quelle sensation que d’entendre les seuls sons des chiens haletants et du craquement de la neige sur le lac gelé et autrement silencieux!

J’étais tellement heureux de constater que mes copilotes aimaient les chiens autant que moi et évitaient eux aussi de tomber du traîneau dans les virages en épingle à cheveux. J’ai pris quelques vidéos, mais j’ai vite rangé l’appareil, car j’ai compris que je ne pourrais jamais vraiment capturer cette expérience.

J’étais impressionné par la puissance des chiens. Des efforts considérables devaient être déployés pour les retenir et freiner. De retour au camp, j’ai aimé couper de gros blocs de viande à coups de hache pour le ragoût du soir. Et ça ne me dérangeait pas du tout de me faire réveiller par le hurlement collectif des chiens la nuit.

brock

J’étais vraiment satisfait de la hutte de neige que nous avons construite et qui pouvait abriter cinq personnes confortablement. Malheureusement, il faisait trop froid pour y passer la nuit selon la politique d’Outward Bound. Nous avons quand même dormi une nuit dans un abri que nous avons construit avec une bâche, réalisation entièrement satisfaisante.

À la fin de cette aventure, j’étais sûr que nous aurions pu vivre dans le grand froid plus longtemps s’il avait fallu. Je me sentais plus compétent, je faisais confiance à mes coéquipiers et j’ai fait l’expérience de l’importance du travail d’équipe des situations de survie.

brock

Mes mains ont pris quelques jours à complètement dégeler après l’expédition. Je goûtais plus que jamais au plaisir de jouer des jeux de société à l’intérieur.

Mais ce sont mes coéquipiers de la Meute qui ont gravé dans ma mémoire les plus beaux souvenirs. Dans de nombreuses situations, ce sont les gens qui t’entourent et non où tu te trouves qui importent. Mon expérience à ce jour avec le CCC en témoigne.

Grâce à une combinaison d’humour léger et de respect mutuel, nous nous sommes rapidement intégrés comme groupe. Nous avons ri dans toutes les situations, avons appris de nos erreurs et relevé tous les défis qui nous étaient présentés.

Nous avons résolu un nœud humain en 22 secondes après plusieurs tentatives ratées. Nous avons parcouru près du double de la distance prévue en raquettes pour arriver à la noirceur à notre premier camp et à des changements inattendus. Nous avons joué des jeux ensemble, cuisiné, chanté et dansé ensemble et nous nous sommes souvent gentiment taquinés. Nous avons haché du bois et fait des feux ensemble… nous en avons aussi éteint au besoin.

Dans la majorité des groupes dont j’ai fait partie, à l’école ou dans les sports, il y a toujours des conflits de personnalités. Mais je peux dire qu’au sein de notre groupe, les désaccords étaient réglés sans tarder, avec maturité et respect.

Je suis heureux de dire que nous resterons en contact comme nous le pourrons des quatre coins du Canada. La meute est solide.

Une expérience rafraîchissante

Giuliana Lasparro est une participante du groupe 6 du Corps de conservation canadien.

Je suis tellement reconnaissante d’avoir pu vivre les expériences qui ont fait partie de mon aventure avec le CCC, comme allumer un feu et faire du yoga sur le lac. Je chérirai ces souvenirs toute ma vie.

Je me souviens d’avoir traversé un lac gelé en traîneau à chiens. J’avais les larmes aux yeux tellement l’environnement était beau et unique. Je me sentais tellement vivante à cet instant. Je voulais conserver cette sensation pour toujours! Ce fut facilement un des meilleurs moments de l’expédition.

Après avoir parcouru une de nos nombreuses randonnées, la Meute a décidé de jouir d’un moment de silence sur le lac gelé. Ce fut une expérience tellement rafraîchissante après ce long déplacement.

Lorsque nous sommes revenus de notre expédition et avons pu prendre une douche pour la première fois en 10 jours, ce fut, SANS BLAGUE, la meilleure douche de ma vie!

Les gens que j’ai rencontrés à l’étape 1 sont les meilleures personnes que j’ai rencontrées de toute ma vie! Chaque personne apportait quelque chose d’unique au groupe.

Nous avons tellement ri et souri. Il n’y a jamais eu de moments ennuyeux au sein de notre groupe. J’espère que nous pourrons nous revoir.

Les opinions exprimées sont celles des participants et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de la Fédération canadienne de la faune.

Tout mon amour

Lesley est une participante du groupe 6 du Corps de conservation canadien.

Je suis tombée en amour.

L’air frais – voix glaciale et analeptique d’une volonté indomptable.

Le ciel artisanal – chef d’œuvre constamment changeant d’une beauté infinie.

La neige féérique – ensorcellement indéfectible d’un éclat hypnotisant.

La forêt stoïque – vaste village d’une commune affinité.

Les chiens farfadets – fidèles bêtes d’une véritable gaieté.

Les gens animés – hommes et femmes résistants d’une admirable prouesse.

 

À quel point suis-je reconnaissante d’avoir connu de si belles facettes?

 

Chaque respiration me donnant vie.

Chaque point de vue me portant à réflexion.

Chaque flocon de neige m’inspirant fantaisie.

Chaque arbre m’insufflant la grandeur.

Chaque chien me rendant honneur.

Chaque personne me remplissant de grâce.

 

Tout mon amour pour les endroits que j’ai visités,

Tout mon amour pour les choses que j’ai vues,

Tout mon amour pour les êtres que j’ai rencontrés,

Tout mon amour pour chacun de vous.

Des mésanges menant à une chouette

Julien est un participant du groupe 6 du Corps de conservation canadien.

Un jour, pendant mon stage sur le terrain à l’étape 2, j’aidais l’équipe de la sécurité des visiteurs de la réserve du parc national du Canada Pacific Rim à mettre à jour les enseignes sur un sentier non officiel. Comme c’était souvent le cas, nous croisions en chemin du retour deux membres de l’équipe de l’intégrité écologique qui venait de mener une enquête sur les amphibiens. Nous étions en pleine conversation lorsque Jonas, une encyclopédie ambulante sur la faune, s’est écrié, jumelles en mains, qu’il venait d’apercevoir une chevêchette des Rocheuses.

« Où ça? »

« Oui! Je la vois. Bonjour ma belle! » Je suivis avec empressement mon collègue en scrutant les arbres en vain, me sentant un peu ridicule de ne pas pouvoir voir l’oiseau.

Jonas me tendit alors les jumelles en m’expliquant en détail l’emplacement de la branche sur laquelle se perchait la chouette à quelque 40 mètres de nous – pas un mince exploit.

Enfin, je l’aperçus! Superbe! Ce fut probablement la première fois que je voyais un hibou ou une chouette. Quel magnifique animal!

Impressionné, je demandai à Jonas comment il avait fait pour apercevoir le strigidé. Il s’avérait qu’il ne l’avait pas aperçu par hasard en marchant dans le sentier. Non, il l’avait entendu. Ou, plutôt, il avait entendu le tapage des mésanges agitées tentant de la faire fuir. C’est ainsi qu’il a eu l’instinct de regarder dans les arbres.

J’avais appris quelque chose.

Je lui ai alors demandé comment il savait toutes ces choses.

Sa réponse fut simple : en passant beaucoup dans la nature à observer et à écouter les signes.

Et vous, êtes-vous à l’écoute?

une chouette dans l'arbre

Aventure dans le parc Algonquin : une galerie de photos

Olivia Richardson est une participante du groupe 6 du Corps de conservation canadien.

Je suis très chanceuse de faire partie du programme du CCC.

Le premier mois a été un tourbillon d’aventure et d’émotions. Tout a commencé à l’aéroport de Toronto où nous nous sommes rencontrés pour la première fois. Nous avons alors formé de liens à l’improviste à l’épicerie (notre première tâche en groupe), pour ensuite passé cinq jours au camp Kandalore à suivre des formations en leadership et en premiers soins et à participer à des activités de promotion de l’esprit d’équipe.

Ce fut amusant et excitant. Dans le temps de le dire, on nous a embarqués tous les dix dans une fourgonnette pour nous amener dans l’arrière-pays pendant dix jours, où nous avons dû échanger les commodités modernes pour de l’équipement d’hiver.

Nous sommes maintenant propres, au chaud et de retour à la réalité. Nous sommes de nouveau au camp Kandalore pour suivre des formations additionnelles avant que les membres de l’équipe repartent chez eux se préparer à l’étape deux.

Nous nous sommes beaucoup attachés les uns aux autres et nous avons beaucoup grandi comme personnes et comme leaders.

Je suis très heureuse de me rendre au Zoo de Calgary pour la prochaine étape de mon #AventureCCC.

Les opinions exprimées sont celles des participants et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de la Fédération canadienne de la faune.

 

Mon souhait cette année

En octobre et en décembre, le personnel de Parcs Canada s’est rendu au zoo de Calgary pour faire le point sur la réintroduction du bison sauvage dans le parc national Banff.

Au milieu du XIXe siècle, environ 30 millions de bisons parcouraient librement l’Amérique du Nord, mais ils ont pratiquement disparu en raison de la chasse excessive. Dans les années 1850, le bison a disparu de Banff. En 2017, Parcs Canada a réintroduit un troupeau de 16 bisons provenant des plaines du parc national Elk Island dans le parc national Banff, dans un pâturage de mise en liberté progressive. Les bisons ont été transférés dans un pâturage clôturé de 18 hectares, au lieu d’être relâchés directement dans la nature.

Le but était de leur donner le temps de s’ajuster, de leur permettre de mettre bas à deux reprises et de les laisser se familiariser avec les conditions météorologiques, les pentes, les rivières et le fourrage de montagne. Comme ils venaient des prairies, ils n’avaient jamais vu de montagne ni de rivière auparavant. Le personnel de Parcs Canada pourrait également surveiller la population.

bison fr

Un facteur clé pour une réintroduction réussie de bisons sauvages est qu’ils mettent bas et créent de nouveaux souvenirs dans leur nouvel habitat. S’ils disposent de la nourriture et des abris nécessaires et qu’ils apprennent à survivre dans ce nouvel environnement, ils prospéreront.

Cela fait écho à mon travail en matière d’établissement des nouveaux arrivants à Toronto. Les immigrants et les réfugiés ont également besoin d’un environnement propice où ils peuvent créer des souvenirs et s’ancrer dans leur nouveau foyer. Certains se déplaceront entre le Canada et leur pays d’origine ou même d’une province à l’autre. Certains prendront plus de temps pour s’ajuster. Certains manquent peut-être de ressources comme de la nourriture, l’accès aux services ou le soutien scolaire. Ils peuvent être confrontés à des obstacles tels que parler une nouvelle langue, rencontrer des personnes de nouvelles cultures ou adopter de nouveaux aliments. Tout comme le cheminement de réintroduction du bison, ils se trouvent dans un nouvel environnement et tentent littéralement de « tâter le terrain ».

Habituellement, les bisons âgés et sages apprendront aux générations futures à vivre dans ces régions. Malheureusement pour le bison sauvage, il n’y en avait aucun dans la région de Banff. Les bisons ont donc appris des intendants de Parcs Canada. De même, pour les nouveaux arrivants au Canada, ils n’ont peut-être pas de famille ou d’amis pouvant les aider à s’intégrer dans ce nouveau pays. C’est là qu’un organisme à but non lucratif intervient et leur vient en aide. C’est là que je suis intervenu, d’une certaine manière, en tant que guide pour cheminer avec eux.

michael presentation

En novembre, j’ai pu rencontrer des élèves immigrants à Calgary. J’ai partagé ma propre expérience de participant au Corps de conservation canadien. Bien sûr, jouer aux jeux Éducation-Nature de la FCF et interagir avec eux était certainement un plus. Après la présentation, un élève de 11e année m’a dit qu’il souhaitait devenir membre du CCC dans quelques années. Il m’a dit qu’il voulait visiter de nouveaux endroits au pays et protéger nos ressources naturelles pour les générations futures.

La raison pour laquelle j’ai choisi de tendre la main aux jeunes immigrants est que, comme c’est le cas pour tous les jeunes, il est difficile de trouver des occasions de bénévolat et de s’impliquer. Je voulais qu’ils en apprennent plus sur une future occasion de bénévolat et qu’ils retiennent certains gestes qu’ils peuvent poser pour protéger les ressources naturelles de la terre. Parmi les exemples de gestes à poser figurent : ramasser les déchets, acheter moins de produits en plastique et utiliser l’application iNaturalist pour recueillir des données sur la nature à l’intention des scientifiques.

Je pense qu’aujourd’hui, la plupart des résidents de Calgary et des Canadiens peuvent comprendre l’histoire de faire ses bagages, de déménager dans un nouveau pays et de commencer une nouvelle vie.

J’espère cette année que davantage de jeunes participeront aux projets de bénévolat de l’étape 3 du CCC partout au pays. Cela est particulièrement vrai pour ceux qui n’ont pas eu l’occasion de faire l’expérience du plein air et d’en apprendre davantage sur la protection et la conservation de l’environnement en raison d’obstacles dans leur vie.

En ce qui concerne la faune, j’espère que la population de bisons sauvages apprendra à vivre confortablement dans son milieu d’origine, la région de Banff. À l’avenir, nous aurons tous grand plaisir, les Canadiens, les peuples autochtones et les visiteurs, à vivre et à partager l’émerveillement du pays des bisons.

Les opinions exprimées sont celles des participants et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de la Fédération canadienne de la faune.

La splendeur de la côte ouest

Angela Rehhorn est une participante du groupe 5 du Corps de conservation canadien.

Assise sur mon surf, le regard tourné vers le Japon sous un ciel aux diverses teintes orangées tandis que le soleil commence à se coucher, j’ai l’impression de vivre une scène de film.

Sunset, Surfer, and CCC on Long beach in Pacific Rim National Park Reserve @Angela Rehhorn
Photo : Angela Rehhorn

Bien que j’en aie toujours rêvé, je n’ai jamais vraiment cru que je le vivrais un jour. Je suis ébahie par cet endroit et par la beauté qui y règne.

En plus de surfer, de faire des randonnées et d’admirer les couchers de soleil, j’ai appris énormément dans le cadre de mon stage pratique du Corps de conservation canadien dans la réserve de parc national Pacific Rim.

Voici quelques faits saillants des deux premiers mois.

Études sur les plantes en voie de disparition

Measuring the fecundity of a Pink Sand Verbena plant. @Silvana Botros

Nous avons poursuivi l’étude sur l’abronie rose et avons compté les 1 690 plantes présentes sur la plage de Schooner. L’étude sur la fécondité a exigé plus de temps que prévu, car les plantes étaient plus nombreuses que nous le croyions. En effet, à plusieurs endroits, elles étaient regroupées en massif. Comme le GPS portatif ne pouvait pas distinguer leurs emplacements, nous avons utilisé un GPS cinématique en temps réel (RTK) pour cartographier chaque plante avec plus d’exactitude.

Using the RTK to map Pink Sand Verbena plants. @Silvana Botros
Photos: SB

Voici ce que nous avons fait :

  • D’abord, nous avons mis à niveau la base de l’instrument sur un emplacement connu d’armature.
  • Ensuite, nous avons transporté le récepteur mobile – essentiellement une très grande perche surmontée d’un instrument qui communique avec la base – vers un autre point de cheminement connu afin de déterminer dans quelle mesure l’emplacement était enregistré avec exactitude. Notre seuil était de deux centimètres.
  • Puis, nous avons approché le récepteur de chacune des plantes préalablement identifiées, entré le code de la plante et enregistré l’emplacement une fois le récepteur mis à niveau.
  • Enfin, ces données ont été téléversées dans les ordinateurs pour que nous puissions les utiliser en vue de cartographier les plantes dans le logiciel ArcGIS.

Comme ce n’est pas mon champ d’expertise, cette expérience s’est avérée une précieuse occasion d’apprentissage. J’ai téléversé les cartes de base, ajouté des ensembles de données, corrigé les données aberrantes, joint des tableaux de données et manipulé les données et les cartes afin de présenter un portrait utile. En cartographiant les plantes de Schooner, nous avons été en mesure de comparer l’emplacement des plantes en fonction de leur nombre et de leur reproduction, ce qui pourrait nous permettre de déterminer leurs préférences relatives à l’habitat et leurs caractéristiques.

Par exemple, bien que la dune en soi comptait probablement le plus grand nombre de plantes, celles sur la plage se seraient reproduites davantage. Ainsi, nous pouvons examiner les possibilités et en apprendre plus sur la plante en vue de mieux la conserver.

Heading towards Schooner Cove Pacific Rim National Park Reserve. @Angela Rehhorn
Photo: Angela Rehhorn

Les résultats de l’étude de Schooner en poche, nous sommes partis à la recherche d’abronies roses sur la plage de Wickaninnish, où les dunes sont bien plus grandes. Le paysage est si vaste que je m’y suis sentie toute petite. Malgré les températures plus fraîches, nos journées consistaient à marcher le long de la plage, à observer les surfeurs, à admirer les vagues et à suivre des pistes de loups.

Analyse de la zostère marine

Notre autre projet principal dans le parc avait pour but d’analyser des vidéos de zostère marine filmées au moyen d’une caméra sous-marine remorquée. Il s’agissait d’une initiative jumelée entre la réserve de parc national Pacific Rim et le Hakai Institute.

Les vidéos provenaient du parc, des îles Gulf et de Gwaii Haanas. Nous cherchions principalement à connaître la présence et la densité de la zostère marine sur une échelle de un à quatre. Nous enregistrions également le substrat afin de savoir s’il était végétalisé, de connaître le type et la densité des algues (rares ou denses), et de déterminer si des cicatrices étaient présentes sur la zostère marine, ce qui serait un indicateur de maladie débilitante. Ces informations ont été transmises au Hakai Institute, où elles sont analysées et utilisées afin d’établir des cartes précises de l’emplacement et de la densité des lits de zostère marine.

Il est important de surveiller et de préserver l’écosystème de la zostère marine pour diverses raisons. Il s’agit de l’habitat et de la source de nutriments principale de nombreuses espèces larvaires et en stade précoce d’existence. Ce projet nous a donné l’occasion d’apprendre et de nous exercer à identifier les espèces d’algues et d’autres formes de vie marine, comme les poisons, les étoiles de mer, les crabes et les pennatules. C’était également une bonne raison de rester à l’intérieur lorsque la tristement célèbre pluie de la côte ouest s’est manifestée.

Des visiteurs en sécurité

Un autre aspect intéressant auquel j’ai été exposée est le détournement des sources de nourriture. Il arrive souvent qu’un animal mort s’échoue sur la page ou est retrouvé près d’un endroit ou d’un sentier fréquenté. Bien que ce soit un élément naturel de tout écosystème, cela représente toujours une préoccupation en ce qui concerne la sécurité des visiteurs du parc national.

En effet, ces carcasses attirent des prédateurs comme les loups, les ours et les couguars. Il est bien entendu important qu’ils aient accès à cette source de nourriture naturelle. Cependant, afin d’assurer la sécurité des visiteurs et de prévenir les interactions avec la faune, les carcasses sont parfois déplacées vers des endroits plus discrets et moins empruntés.

Détournement de phoques et de requins

Un phoque commun mort ayant été aperçu sur la plage de Wickaninnish, nous nous y sommes dirigés pour constater la situation et possiblement sortir la carcasse de la plage. Lorsque nous nous sommes approchés de l’animal, il nous est apparu évident que les loups nous avaient devancés. Les nombreuses empreintes nous ont permis de constater qu’ils avaient traîné la carcasse du milieu vers le haut de la plage, ce qui nous a facilité la tâche. Nous avons mesuré le phoque, puis, à l’aide d’une corde, nous l’avons déplacé vers les buissons situés de l’autre côté des dunes de sable afin d’éviter que les loups n’aillent trop près des êtres humains. Le parc doit limiter les interactions entre les personnes et la faune afin de conserver le caractère sauvage de la faune. Si les animaux deviennent trop habitués à la présence humaine, ils pourraient s’y accoutumer, c’est-à-dire perdre leur crainte naturelle, ce qui mettrait en danger à la fois les humains et la faune.

Un autre cas intéressant de détournement de source de nourriture s’est produit lorsqu’un loup a été aperçu en train de tirer un requin (encore vivant) hors de l’eau près de la plage de Schooner. En raison de l’achalandage des visiteurs à proximité, le requin a été déplacé dans un endroit où les loups pourraient tout de même le trouver et s’en nourrir s’ils le souhaitaient. Il a fallu transporter le requin assez loin du lieu initial. Dans ce type de situation, il est important de laisser une piste olfactive que les animaux peuvent suivre.

Collaboration avec l’équipe CORE consacrée aux loups

Arlene's drawing of a symmetrical wolf track along with real wolf tracks. Photo: Angela Rehhorn
Photo: Angela Rehhorn

Nous avons également eu la chance de nous joindre à l’équipe CORE consacrée aux loups en déployant des caméras de chasse afin de suivre l’activité des loups. Nous nous sommes d’abord dirigés vers la plage de Wick. Rapidement, nous avons commencé à voir et à suivre des empreintes laissées par des loups. Il nous a été possible de suivre leur piste jusqu’à l’endroit où nous devions placer la caméra. Certaines traces étaient très fraîches, remontant semble-t-il à moins d’une heure. J’ai été avertie que même s’il est amusant de suivre des pistes, il arrive parfois qu’on tombe sur les loups.

C’était aussi l’occasion parfaite d’apprendre quelques trucs et astuces pour distinguer les traces de loup de celles des chiens. Étant donné l’achalandage sur les plages du parc, il est parfois difficile de savoir si une empreinte appartient à un gros chien ou à un loup. Arlene et Sarah, qui travaillent au parc, ont expliqué que les loups ont des empreintes plus symétriques et qu’ils marchent généralement selon un axe plus droit et plus défini que les chiens. Leurs deux doigts du milieu sont généralement très près l’un de l’autre, tandis que les deux doigts extérieurs sont symétriques. L’empreinte du chien, quant à elle, est moins compacte et présente une courbe semblable à celle formée par nos propres mains – comme une distribution binomiale.

De plus, les chiens ont tendance à suivre une piste plus irrégulière puisqu’ils n’ont pas les mêmes objectifs que les loups lorsqu’ils marchent. Après avoir effectué l’entretien des caméras (commutateurs, cartes SD, paramètres appropriés, enregistrement des emplacements et des angles), nous avons continué à suivre les traces de loups dans l’autre direction, qui se rendaient très près du stationnement.

J’ai trouvé intéressant de voir à quel point la piste d’une meute était rectiligne sur les dunes de sable. Comme des empreintes définies s’y dirigeaient et s’en éloignaient, c’était un bon endroit pour y placer la caméra de chasse. L’écosystème des dunes doit être protégé puisque celles-ci sont fréquemment empruntées par divers animaux, comme les loups, les ours, les chevreuils, etc.

Écosystèmes dynamiques

Sand dune on Wickaninnish Beach Pacific Rim National Park Reserve. Photo: Angela Rehhorn
Photo: Angela Rehhorn

Dans le cadre de mon expérience, j’ai aussi pu observer une plateforme en bois de charpente nouvellement exposée qui était probablement utilisée par l’armée pendant la Seconde Guerre mondiale. Wickaninnish est tapissée d’écriteaux qui avertissent les visiteurs que la plage a déjà servi de base d’entraînement militaire et qu’il existe une possibilité d’y trouver des explosifs. La région a été soigneusement passée au détecteur de métal et on a retiré et fait détoner toutes les charges repérées. C’est un autre bon exemple qui démontre à quel point les dunes de sable sont des écosystèmes dynamiques qui se déplacent constamment. Le vent et les vagues poussent le sable vers de nouveaux endroits, ce qui a permis d’exposer une plateforme qui n’était pas visible auparavant.

Devant la splendeur de la côte ouest

Finishing the day with a sunset beach fire. Photo: Angela Rehhorn
Photo: Angela Rehhorn

Mon deuxième mois passé à Ucluelet s’est avéré tout aussi riche en événements que le premier. Nous avons trouvé du temps pour rendre visite à deux autres membres du CCC sur le lieu de leur stage pratique, le site historique national de Fort Rodd Hill à Victoria, et j’ai pu prendre des nouvelles d’une tante que je n’avais pas vue depuis plusieurs années et d’une bonne amie de Dalhousie. C’est bien vrai que le monde est petit. Comme les autres membres du CCC ont eux aussi eu l’occasion de venir nous voir à Ucluelet, nous les avons emmenés à un feu sur la plage, les avons invités à faire du surf et leur avons fait visiter l’endroit. Ma vie me semble irréelle tandis que je me prélasse devant la splendeur de la côte ouest. J’attends avec impatience de voir ce que me réserve le dernier mois de mon stage. Pour l’instant, je me prépare à retourner sur la plage. À vos surfs!

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Les opinions exprimées sont celles des participants et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de la Fédération canadienne de la faune.