Personne n’aime aller à la clinique pour passer un examen médical.
Mon cholestérol est-il trop élevé? Ai-je pris trop de poids? Et cette tache sur ma peau, qu’est-ce que c’est au juste?
Mais pour les baleines noires de l’Atlantique Nord, il est possible de passer un bilan de santé sans même s’en rendre compte! Une étude publiée à l’automne 2025 dans la revue scientifique The ISME Journal révèle que les scientifiques peuvent surveiller l’état de santé de ces géants des mers en prélevant des échantillons de leur souffle sans intervention invasive, et ce, au moyen de boîtes de Petri transportées par des drones.
Dans une entrevue accordée à la CBC, Sean Brillant, biologiste principal des programmes de conservation des mammifères marins à la FCF, a qualifié cette étude d’« étonnante » et de « véritablement novatrice ». Il a ajouté que cette méthode de surveillance de la santé des baleines, fondée sur l’analyse du souffle expulsé par leurs évents, pourrait être particulièrement utile pour les individus qui subissent les conséquences d’un enchevêtrement dans des engins de pêche ou d’une collision avec un navire.
Comment ça fonctionne?
Depuis 2016, l’équipe de recherche de la Woods Hole Oceanographic Institution (WHOI) aux États-Unis a prélevé 103 échantillons auprès de mammifères marins, dont 85 provenaient de baleines noires de l’Atlantique Nord. Lorsqu’une baleine était repérée, l’équipe fixait une grande boîte de Petri sous un drone, puis le faisait voler au-dessus de l’animal afin de recueillir les gouttelettes expulsées par son évent au moment de l’expiration.
Le drone revenait ensuite vers les scientifiques à bord d’un bateau à proximité, et les échantillons étaient immédiatement récupérés pour être analysés. L’analyse des bactéries présentes dans les gouttelettes permettait notamment d’évaluer la corpulence et l’état d’embonpoint de l’animal, sa longueur, l’état de sa peau ainsi que la présence de poux de baleine.
Dans une entrevue accordée à Earth.com, la biologiste spécialiste des grandes baleines à la Woods Hole Oceanographic Institution et auteure principale de l’étude, Carolyn Miller, a expliqué qu’il s’agit d’une avancée majeure dans la mise au point de nouvelles méthodes de surveillance de la santé de la faune. Elle a ajouté que cette méthode était plus sûre et moins invasive, et que les baleines n’avaient probablement même pas remarqué la présence du drone.


Autres technologies au service de la conservation des baleines
L’utilisation de la technologie pour protéger les baleines n’a rien de nouveau dans le domaine de la conservation marine. En fait, la Fédération canadienne de la faune utilise depuis des années diverses technologies pour contribuer à la conservation de ces animaux en péril. Les données recueillies dans le cadre de nos recherches jouent d’ailleurs un rôle essentiel dans les efforts déployés pour les protéger.
- Découvrez le nouvel outil que nous avons contribué à mettre au point pour prédire les conséquences des collisions entre les navires et les baleines.
- Apprenez-en plus sur nos recherches concernant les collisions avec les navires dans le golfe du Saint-Laurent.
Voici quelques autres outils technologiques auxquels la FCF a recours pour contribuer à la conservation des mammifères marins.
Engins de pêche à la demande
Pêches et Océans Canada a mis en place des fermetures spatiotemporelles des zones de pêche parmi ses mesures pour réduire les risques d’enchevêtrement. Lorsqu’une baleine noire de l’Atlantique Nord est détectée, la pêche au moyen d’engins traditionnels est interdite dans une zone délimitée autour de l’animal afin de réduire les risques d’enchevêtrement dans les cordages.
Dans ce contexte, la FCF met à l’essai des engins de pêche à la demande qui pourraient permettre aux pêcheurs de poursuivre leurs activités en présence de baleines noires de l’Atlantique Nord, tout en permettant à ces dernières de se déplacer et de s’alimenter avec moins de risques de s’enchevêtrer dans les cordages.
Également appelés « engins sans filins » ou « bouées à déploiement par rappel », les engins de pêche à la demande reposent sur une technologie novatrice qui permet d’éliminer la présence permanente de filins de bouée dans la colonne d’eau en les maintenant au fond marin. Lorsque le pêcheur est prêt à remonter ses engins et à récupérer ses prises, il émet un signal acoustique qui déclenche le mécanisme de libération du filin de bouée. Il peut alors récupérer ses engins comme à l’habitude.
Puisque les filins de bouée ne demeurent pas en permanence dans la colonne d’eau, cette technologie pourrait permettre aux pêcheurs ayant reçu la formation nécessaire de poursuivre leurs activités dans des zones fermées aux engins traditionnels munis de filins de bouée, tout en contribuant à la conservation de la baleine noire de l’Atlantique Nord.
Pour en savoir plus, consultez le site InnovPeche.ca.