Cet été, j’ai eu l’occasion de mener des recherches aux côtés de l’équipe des sciences de la protection marine de la Fédération canadienne de la faune dans le cadre de mon projet de maîtrise.
Mes recherches portaient essentiellement sur les baleines noires de l’Atlantique Nord et sur le risque d’enchevêtrement dans les engins fixes de pêche au homard, particulièrement dans la zone grise internationale de la baie de Fundy et du golfe du Maine. Cette région présente un intérêt particulier en matière de gestion, puisqu’elle relève à la fois de la compétence du Canada et des États-Unis, ce qui permet à la pêche au homard de se dérouler selon des réglementations et des saisons différentes. La zone grise représente un défi unique lorsqu’il s’agit de limiter les risques pour les baleines noires de l’Atlantique Nord. Contrairement aux autres zones de pêche au homard au Canada, qui font l’objet de fermetures pour protéger les baleines contre les enchevêtrements, aucune interdiction de pêche n’est en vigueur dans la zone grise lorsque ces baleines y sont observées.
Mes recherches visaient à analyser, dans le temps et dans l’espace, le recoupement entre la distribution des baleines noires de l’Atlantique Nord et les activités de pêche au homard au sein de la zone grise et autour de celle-ci. Il s’agit de l’une des premières études à croiser des ensembles de données des États-Unis et du Canada afin d’approfondir la compréhension du risque d’enchevêtrement dans cette zone. Le croisement des données des deux pays est d’autant plus essentiel que la zone grise chevauche une frontière internationale : n’étudier les activités de pêche que dans l’un des deux pays donnerait une vision incomplète des risques. Dans le cadre de mes recherches, j’ai exploité des ensembles de données sur la pêche et les baleines noires de l’Atlantique Nord, en combinant le langage de programmation R et les systèmes d’information géographique (SIG), afin de visualiser et d’analyser les tendances d’occurrence des baleines et des activités de pêche.
Le risque d’enchevêtrement a été évalué de 2020 à 2025, avec une zone d’étude plus large englobant la zone de gestion du homard 1, la zone A aux États-Unis et les zones de pêche du homard 34 à 38 au Canada. L’élargissement de la zone d’étude a permis d’approfondir la connaissance des routes migratoires saisonnières et des déplacements des baleines noires de l’Atlantique Nord, ainsi que d’évaluer plus précisément le chevauchement entre les activités de pêche et les zones fréquentées par ces cétacés.
Le chevauchement entre les activités de pêche et les baleines noires de l’Atlantique Nord dans la zone internationale s’avère plus important que prévu
Bien que les activités de pêche dans la zone grise restent relativement limitées par rapport aux zones avoisinantes, environ 221 000 lignes de fond (extrémités des engins de pêche auxquelles les appâts sont fixés) ont tout de même été recensées entre 2020 et 2025 du côté canadien. En 2024 seulement, 39 120 lignes de fond ont été recensées, alors que huit baleines noires de l’Atlantique Nord ont été observées dans la région. Ces résultats mettent en évidence le chevauchement potentiel entre les engins de pêche et les secteurs fréquentés par les baleines noires de l’Atlantique Nord, et soulignent l’importance de mieux évaluer les risques d’enchevêtrement dans cette zone, où les mesures de protection demeurent limitées.
Ce stage m’a permis d’acquérir des compétences durables que je pourrai mettre à profit tout au long de ma carrière. J’y ai notamment développé des compétences techniques en traitement de données halieutiques, en dépannage, en interprétation de données, en cartographie et en conduite de recherches. Au contact de l’équipe de conservation marine de la FCF, j’ai également consolidé mes aptitudes en communication, en organisation et en résolution de problèmes, tout en bénéficiant de l’expertise de ses membres.
Côtoyer des professionnels aux profils variés dans ce domaine a été particulièrement formateur. Rencontrer cette équipe et découvrir les travaux passionnants menés par la FCF a été l’un des points forts de mon été.
Je suis reconnaissante pour le temps passé au sein de la FCF et de l’équipe de conservation marine à Halifax, ainsi que pour l’opportunité qui m’a été offerte de contribuer à ces projets tout en développant mes compétences professionnelles. Cette expérience a renforcé mon engagement envers la conservation marine. J’ai hâte de développer mon projet de diplôme et de le finaliser cet automne.
Emma Hughes
Emma est candidate à la maîtrise en gestion des ressources maritimes à l’Université Dalhousie et prévoit de terminer ses études en décembre 2026. Elle est titulaire d’un baccalauréat ès sciences de l’Université Acadia, avec une concentration en biologie, ainsi que d’un certificat de deuxième cycle en technologie des océans du Collège communautaire de la Nouvelle-Écosse. Elle a travaillé avec la FCF en tant qu’étudiante-chercheuse au sein de l’équipe de conservation marine basée à Halifax.