Salut! Je suis Annie, votre biologiste et coordinatrice du répertoire « la faune et flore du pays ».
Je ne vais pas vous mentir, c’est probablement le meilleur travail du monde! Un des avantages, c’est que je participe au choix des espèces sauvages dont on parle! On essaie de présenter une grande variété d’êtres vivants de partout au Canada.
Alors, quand mon équipe et moi avons réalisé que ça faisait si longtemps que nous n’avions pas filmé dans la forêt pluviale côtière de Colombie-Britannique, j’étais aux anges! J’ai un faible pour toutes sortes d’espèces sauvages… même celles qui ne bougent pas!
Les plantes sont essentielles à nos écosystèmes : elles produisent de l’oxygène, constituent une source de nourriture importante et offrent un abri à d’innombrables créatures. Mais la vie n’est pas toujours facile : certaines plantes peuvent paraître ennuyeuses ou toutes identiques. Pourtant, en y regardant de plus près, on découvre une incroyable diversité ! Elles peuvent être duveteuses, piquantes, collantes… Certaines mangent des insectes, d’autres ressemblent à des rochers, et d’autres encore deviennent les plus grands êtres vivants de la planète ! Quoi qu’il en soit, quand on pense à la faune canadienne, il est important de prendre les plantes en considération !

Dans la forêt pluviale côtière, la végétation est abondante… mais une espèce se distingue : le thuya géant! Et quand je dis « se distingue », je pèse mes mots! Certains spécimens peuvent atteindre 70 mètres de hauteur! Leurs troncs peuvent dépasser quatre mètres de diamètre, faisant de cette espèce l’un des arbres les plus massifs du Canada en volume.
Mais qu’est-ce qui explique une telle taille? Pour s’épanouir pleinement, cet arbre a besoin d’ eau en abondance, d’ombre et d’un sol riche en matière organique. La forêt pluviale est donc un lieu idéal. Le thuya géant est également parfaitement adapté à cet écosystème nordique. Ses aiguilles ne tombent pas en hiver (c’est un conifère à feuilles persistantes!), ce qui lui permet de pousser beaucoup plus longtemps (et avec une luminosité moindre) que les arbres à feuilles caduques. Mais soyons réalistes : l’hiver là-bas n’est pas le plus rigoureux du Canada, et le climat tempéré permet au thuya géant de pousser beaucoup plus vite que ses congénères de la forêt boréale! Pour couronner le tout, de nombreux thuya géants très anciens présentent des signes de dommages naturels, comme des cimes brisées ou des troncs creux, et pourtant ils continuent de croître pendant des siècles. Ils peuvent atteindre plus de mille ans!
Compte tenu de tout ce que cet arbre apporte à l’habitat de la forêt pluviale côtière, notamment la stabilisation et la fertilisation des sols pour d’autres espèces végétales, l’abri qu’il offre à des animaux aussi différents que la limace banane et le pygargue à tête blanche (voir nos vidéos mettant en lumière ces espèces!) et même le soutien d’un réseau de champignons microscopiques communicants dans ses racines (appelés mycorhizes), il n’est pas surprenant qu’il soit d’une importahttps://www.hww.ca/wildlife/invertebrates/banana-slug/?src=blognce capitale pour les peuples autochtones de cette région.

Le thuya géant est même surnommé « l’Arbre de Vie » par certains peuples. Depuis des millénaires, il fournit des matériaux essentiels à la construction d’habitations, au transport, à la confection de vêtements, d’outils et d’objets cérémoniels, constituant ainsi un pilier de la vie quotidienne et de l’identité culturelle. Son abondance, sa facilité de travail et sa durabilité en ont fait l’une des ressources naturelles les plus importantes des milieux côtiers. Il revêt également une profonde signification spirituelle. On le retrouve dans les récits fondateurs, les cérémonies et les enseignements qui mettent l’accent sur l’équilibre, le respect et la responsabilité envers l’environnement. Dans de nombreuses cultures, le thuya géant est associé à la protection et à la purification, et ses matériaux sont utilisés lors de rituels de purification. L’arbre est souvent considéré comme un être vivant, ce qui souligne l’importance de ne prendre que ce dont on a besoin et de rendre grâce.
Lors de notre visite dans la forêt pluviale côtière, il était évident que nous devions parler de cette plante extraordinaire et partager son histoire naturelle avec tous les Canadiens! C’est pourquoi nous avons créé une nouvelle série de vidéos! Elles seront disponibles sur notre site Web et nos réseaux sociaux le 7 novembre 2026. Et ne manquez pas de nous retrouver à la télévision!
Pour plus d’informations, visitez-nous sur ffdp.ca !