Le jardinage peut être une façon amusante et enrichissante d’aider la faune, mais méfiez-vous des fleurs spectaculaires.

Les cultivars et hybrides plus luxuriants et colorés des plantes populaires peuvent représenter un double problème pour les pollinisateurs, tels que les abeilles indigènes. Voici deux raisons pour lesquelles ils peuvent poser problème à ces insectes importants.

1. Trop de pétales

mophead hydrangea
Pour certaines plantes, ce que nous considérons souvent comme une seule fleur est en réalité une tête florale composée de nombreuses petites fleurs. Des exemples de ces fleurs composites incluent les tournesols et les asters. Alors que les fleurs extérieures possèdent un pétale voyant, la plupart des autres fleurs sont discrètes. Certaines plantes, cependant, ont été cultivées pour remplacer les petites fleurs par des structures voyantes, ce qui donne une fleur d’apparence plus pleine, avec plusieurs couches de pétales, comme c’est le cas des hydrangées « tête de vadrouille ». Le problème, c’est qu’on cherche à satisfaire l’œil humain au détriment des fleurs fertiles. En effet, les fleurs flamboyantes ne produisent pas ou très peu de nectar et de pollen servant à nourrir les abeilles. Même si les fleurs ne sont pas totalement stériles, les pollinisateurs peuvent consommer plus d’énergie pour atteindre la nourriture, car chaque tête florale contient moins de nectar ou de pollen et comporte plus de pétales à contourner.

2. La confusion des couleurs


Les abeilles utilisent la lumière ultraviolette (UV) pour naviguer et butiner, car cette lumière reflète des informations sur la fleur, les guidant vers son nectar et son pollen. Lorsque les couleurs sont modifiées, les abeilles ont du mal à recevoir les signaux de la fleur, ce qui influence le comportement de butinage de ces pollinisateurs.

Heureusement, nous pouvons ouvrir la voie vers les fleurs indigènes que ces pollinisateurs affectionnent.

3. Servir les abeilles


Saviez-vous que le Canada compte plus de 900 espèces d’abeilles indigènes? Les bourdons sont sans doute les plus connus pour leur corps potelé et duveteux. D’autres abeilles, quant à elles, sont plus petites et d’une couleur métallique vive, comme le vert ou le noir bleu, ou encore elles peuvent être toutes minuscules, trompant ainsi beaucoup de gens qui les prennent pour des mouches! Pour les aider, il faut leur assurer un approvisionnement régulier en nourriture. Ainsi, quelle que soit la saison où elles sont actives, au printemps, en été ou en automne, elles n’auront pas à dépenser d’énergie supplémentaire pour se nourrir.

Dans la mesure du possible, il est préférable d’utiliser des espèces végétales indigènes de la région, car ces plantes ont évolué en harmonie avec les abeilles et d’autres espèces sauvages pour fournir leur nourriture idéale au moment opportun. De plus, la forme de leurs fleurs est particulièrement adaptée à la taille et à la structure du corps du pollinisateur. Assurez-vous également d’avoir des plantes en fleurs du début du printemps jusqu’à la fin de l’automne. Certaines abeilles sont généralistes et visiteront de nombreuses espèces de plantes différentes, tandis que d’autres sont des spécialistes. Il existe une différence dans ce domaine, car certaines abeilles ne visitent que les verges d’or, par exemple, tandis que d’autres peuvent s’aventurer sur les fleurs de plusieurs genres (une large catégorie d’espèces étroitement liées, comme les « asters »). Vous pouvez les attirer dans votre jardin en plantant des massifs de fleurs Ou des regroupements qu’elles apprécient. Les plantes indigènes à fleurs uniques offriront probablement quatre fois plus de bénéfices que les espèces exotiques. Vous pouvez ainsi garnir votre jardin avec diverses variétés de plantes indigènes qui fleurissent à différents moments pour ajouter de l’intérêt et de la texture.

Huit espèces de bourdons sont répertoriées comme espèces en péril au Canada, ainsi qu’une espèce d’abeille de la sueur. Les principales raisons du déclin des abeilles sont la perte d’habitat, les changements climatiques, l’utilisation de pesticides et la compétition avec des espèces non indigènes. Comme de nombreuses autres abeilles sauvages, les bourdons préfèrent nicher dans le sol, les crevasses ou les tas de débris. Cependant, certaines abeilles solitaires nichent dans des tiges. Pour les aider, vous pouvez laisser les tiges de plantes intactes en hiver (ce qui fournit également des graines pour les oiseaux) et à la fin de l’hiver ou au tout début du printemps, vous pouvez couper la tige à environ 30 à 60 centimètres. Tailler les plantes au bon moment aide certaines espèces d’abeilles à trouver des sites de nidification appropriés dans des tiges creuses ou tendres et spongieuses. Ces tiges sont également l’endroit où elles pondent leurs œufs, leur fournissent du pollen, puis scellent le nid, prêt pour l’éclosion de la prochaine génération d’abeilles pendant la saison de croissance. Si vous êtes préoccupé par l’apparence, vous pourriez envisager cette méthode pour les plantes situées à l’arrière des plates-bandes ou dans un coin reculé de votre jardin. La nouvelle croissance des plantes cachera bientôt les tiges, tandis que les abeilles solitaires à l’intérieur sont en sécurité pour émerger.

4. Bien connaître les abeilles


Contrairement aux croyances populaires, les abeilles domestiques ne sont pas indigènes au Canada. Elles ont été importées d’autres pays et peuvent visiter votre jardin de fleurs pour y trouver de la nourriture, en concurrence avec les abeilles indigènes. Les abeilles mellifères et les bourdons sont des espèces sociales qui ont un nid à protéger (pour les abeilles mellifères, nous appelons cela une ruche). Mais, si vous vous déplacez lentement et doucement dans la zone du nid, les abeilles sont moins susceptibles de vous considérer comme une menace et de ressentir le besoin de défendre leur nid. Cela est particulièrement vrai pour les bourdons, qui peuvent nicher dans des trous déjà existants pour se protéger contre les intempéries et les prédateurs. Les anciens terriers de rongeurs et les débris végétaux denses peuvent servir de nids, de même que les crevasses dans les troncs ou même des nichoirs à oiseaux abandonnés.

Il est à noter que les bourdons ne réutilisent pas le même emplacement d’année en année : s’ils font un nid une année, ils n’y reviendront pas l’année suivante. La majorité des abeilles solitaires sont peu enclines à piquer. Lorsqu’elles le font, leur piqûre est généralement peu douloureuse et ne représente pas le même danger qu’une piqûre d’abeille sociale. Si vous n’êtes pas certain des types d’abeilles présentes dans votre région, essayez de prendre des photos et de les publier sur iNaturalist.ca pour bien les identifier.

5. Aider les abeilles

Bee and Bergamot
Plus vous pouvez aider les abeilles indigènes, mieux c’est. Il est donc préférable de laisser les véritables espèces indigènes orner votre jardin plutôt que d’y planter de nouvelles variétés de fleurs spectaculaires. Certaines sont tout aussi spectaculaires et colorées que les plantes ornementales et offrent le meilleur habitat pour les pollinisateurs productifs. Il existe de nombreuses options, comme la monarde fistuleuse, la langue de daim, les lis, les ancolies, les verges d’or et les asters. Selon l’endroit où vous vivez au Canada, vous pouvez aider les abeilles sauvages et autres pollinisateurs en misant sur les plantes indigènes de votre région.

Pour en savoir plus, visitez le site Jardinage pour la faune.ca