Chaque saison nous réserve de belles choses à admirer.
Au Canada, l’automne est généralement synonyme de feuilles aux teintes rouges, orangées et jaunes qui embellissent nos régions et les milieux naturels qui nous entourent.
C’est aussi le temps des récoltes!
On pense généralement aux fruits et aux légumes cultivés à la maison ou achetés dans les marchés locaux pour faire des conserves, les congeler, faire des tartes ou les intégrer au repas du jour. À cette période de l’année, les citrouilles et les autres courges sont très populaires, mais de nombreuses plantes indigènes méritent également notre attention. La récolte de plantes sauvages est généralement déconseillée afin de protéger les populations qui poussent à l’état sauvage. De plus, certaines espèces pouvant être récoltées sont protégées par la loi parce qu’elles sont en voie de disparition. Toutefois, il se peut que vous ou une personne de votre entourage ayez en abondance certaines des plantes ci-dessous sur une propriété privée et que celles-ci soient comestibles. (Remarque sur la sécurité : Que vous récoltiez des plantes sur votre propre propriété ou sur une autre propriété avec la permission de son propriétaire, assurez-vous de savoir si des traitements chimiques, des pesticides ou des herbicides y ont été utilisés, car ceux-ci pourraient rendre les plantes impropres à la consommation humaine.)
Cynorrhodons

Il existe de nombreuses espèces de rosiers indigènes au Canada. Après la pollinisation, les fleurs produisent des cynorhodons, des fruits qui renferment quelques graines. Les cynorhodons sont réputés pour leur teneur en vitamine C, mais ils regorgent également de nombreux autres nutriments. Ils sont prêts à être récoltés lorsqu’ils prennent une teinte orange foncé ou rouge, mais vous pouvez attendre qu’ils aient subi une légère gelée, qui les rendra plus sucrés. Les cynorhodons peuvent être utilisés pour préparer des gelées, des sirops, des tisanes, des desserts et bien plus encore. Vous pouvez les utiliser frais ou les faire sécher et les conserver pour plus tard. Il existe différentes méthodes pour les préparer, dont certaines consistent à conserver et à utiliser les graines, qui sont comestibles et contiennent de la vitamine E. Toutefois, comme celles-ci sont entourées de petits poils irritants, on les retire généralement.
Topinambours
Si les grandes fleurs des tournesols annuels sont très appréciées, le Canada compte également de nombreuses espèces de tournesols indigènes. Celles-ci sont plutôt vivaces, repoussant année après année, et leurs capitules sont plus petits. Le topinambour est l’une de ces espèces. Il produit un tubercule riche en amidon, semblable à une pomme de terre, que l’on trouve aussi bien dans les épiceries que dans les restaurants gastronomiques. On peut le servir dans des salades, des soupes et des ragoûts, le faire cuire au four avec sa peau ou même en faire une trempette. Les colonies de topinambours s’étendent rapidement; alors n’hésitez pas à déterrer une grande quantité de tubercules. Il est préférable d’attendre la fin de l’automne, après une légère gelée, qui contribuera à les rendre plus digestes. Si le sol ne gèle pas là où vous vivez, vous pouvez poursuivre la récolte jusqu’au printemps.
Noix

Les écureuils et les geais bleus s’affairent à cacher des noix pour l’hiver, mais les humains en consomment eux aussi depuis longtemps. Les chênes indigènes produisent des glands comestibles, mais ils contiennent des tanins en quantité variable selon l’espèce et doivent être soigneusement préparés avant d’être transformés en farine ou en semoule, ou encore grillés pour être consommés comme collation. Le Canada compte deux espèces indigènes de noisetiers, dont les noisettes peuvent être utilisées dans des friandises, des desserts et même des soupes. Mais il faudra d’abord vous entendre avec les écureuils du quartier pour partager votre butin! Une fois que vous aurez quelques noisettes en votre possession, retirez la gaine et la coque pour accéder à la noix qui se trouve à l’intérieur. La noix de certains de nos caryers indigènes est comestible et polyvalente; on les utilise dans des desserts et d’autres confiseries, tout comme on utilise les pacanes, une noix similaire. Enfin, le Canada compte deux espèces indigènes de noyers : le noyer cendré et le noyer noir. Le noyer cendré est inscrit comme espèce en voie de disparition par le gouvernement fédéral, ainsi que par les administrations publiques de la plupart des provinces où il est présent. Il faut donc éviter d’en récolter les noix, une pratique qui est d’ailleurs illégale dans de nombreuses régions. On dit que les noix du noyer noir sont délicieuses et aussi polyvalentes que les noix vendues dans les commerces. Elles sont toutefois reconnues pour leur coque particulièrement difficile à ouvrir. Et attention : elles contiennent un colorant brun foncé qui risque fort de vous tacher les mains lorsque vous les manipulez!
Et il y a aussi quelques plantes introduites qui méritent d’être mentionnées.
Racines de pissenlit

Si certaines personnes commencent à apprécier les pissenlits pour leur utilité pour les pollinisateurs (bien qu’il soit important de préciser qu’ils n’ont pas la même valeur nutritive que nos plantes indigènes qui fleurissent à la même période), il existe une autre raison de ne pas les détester, voire de les laisser pousser sur nos pelouses. Les pissenlits regorgent de vitamines et de minéraux bénéfiques pour le foie, les yeux et la santé en général. De nos jours, on trouve même en épicerie des feuilles de pissenlit destinées aux salades. Mais les racines sont elles aussi bonnes pour la santé et, tout comme les feuilles, elles jouent un rôle important dans la détoxification de l’organisme. Il est préférable de récolter les racines à l’automne ou au début du printemps, lorsque les réserves d’énergie de la plante sont à leur maximum. Vous pouvez les laver, les hacher et les ajouter aux soupes et aux ragoûts, ou encore les faire sécher pour préparer une tisane plus tard. Il suffit alors de faire mijoter doucement les racines hachées dans l’eau pendant environ 30 minutes, puis de filtrer le liquide avant de le boire.
Racines de bardane

On trouve trois espèces de bardanes au Canada (genre Arctium), et elles sont toutes envahissantes. Cette plante est également la bête noire de nombreux jardiniers, agriculteurs, propriétaires d’animaux de compagnie et parents en raison de ses capitules épineux qui s’accrochent à tout, un peu comme du Velcro. On raconte d’ailleurs qu’ils auraient inspiré l’inventeur du Velcro!
Ils présentent toutefois un danger pour les animaux sauvages, notamment les petits oiseaux et les chauves-souris, qui peuvent s’empêtrer dans les chardons et en mourir. Si vous avez de la bardane sur votre propriété, il y a de fortes chances que vous avez déjà commencé à l’éliminer. Tant qu’à l’arracher, pourquoi ne pas en utiliser les racines? Sa racine pivotante riche en amidon est couramment vendue dans les épiceries et utilisée dans les soupes et les ragoûts de nombreuses régions du monde, notamment au Japon, où elle est appelée « gobo ». Elle contribue également à purifier l’organisme et peut être utilisée de la même façon que la racine de pissenlit décrite ci-dessus.
La bardane est une plante bisannuelle, ce qui signifie qu’elle ne vit que deux ans. Une fois arrivée à maturité, elle est difficile à déterrer. Il est donc préférable d’arracher les jeunes plants à l’automne de leur première année ou au printemps de leur deuxième année. À ce stade, la partie aérienne de la plante est plus petite et la racine n’est pas encore ramifiée, ce qui facilite son extraction. Si vous souhaitez cueillir des plantes qui ne sont pas sur votre terrain, assurez-vous d’avoir la permission de marcher et de creuser dans les endroits où vous comptez faire votre récolte, et privilégiez les plantes situées loin des routes.
Pour en savoir plus, visitez JardinagePourLaFaune.ca.