Nicher au sol : pas toujours facile pour cet oiseau chanteur des prairies
Pour bien des gens, la façon la plus facile de décrire le joyeux chant du goglu des prés, c’est de dire qu’il somme comme le robot R2-D2 de La guerre des étoiles! Mais malgré cette comparaison amusante, les populations de goglus des prés ont connu un grave déclin ces dernières décennies. Au cours des années 80 et 90, elles ont chuté considérablement. Le déclin s’est ralenti depuis, mais il existe toujours aujourd’hui. La plus récente évaluation (2022) du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) le classifie d’espèce préoccupante, ce qui veut dire que si on ne prend pas des mesures pour rétablir cette espèce, elle pourrait devenir menacée ou en voie de disparition. Il est donc très juste de nous demander si pourrons entendre pour longtemps encore ce chant digne de la science-fiction; allons-nous pouvoir sauver cette espèce?
Le petit nid dans la prairie

Le goglu des prés est un oiseau chanteur des prairies migrateur. Tous les hivers, il parcourt 20 000 kilomètres pour se rendre à ses lieux d’hivernage en Amérique du Sud. Il s’agit d’un des plus longs voyages de tous les oiseaux chanteurs. Historiquement, lorsque le goglu des prés arrivait à son domicile au printemps, il y trouvait des prés et des prairies à herbes hautes. Avec le temps, son habitat a été remplacé par des terres agricoles, comme des pâturages et des prairies de fauche. Le goglu s’en est assez bien tiré de ce point de vue – sa diète consiste en des graines d’avoine, du riz, du grain et des insectes. Toutes ces options sont excellentes pour nourrir ses petits et lui fournir le carburant nécessaire à son long voyage.
Le goglu des prés est un oiseau chanteur unique en ce sens qu’il aime faire son nid sur le sol. Les femelles trouvent un endroit spécial dans les herbages, pâturages et prairies de fauche pour construire leur nid, et, à la fin du printemps ou au début de l’été, elles pondent de trois à sept œufs allant du bleu gris au marron. Elles les couvent pour les garder au chaud de 11 à 14 jours, jusqu’à l’éclosion. Lorsque les oisillons percent leur coquille, ils sont légèrement recouverts de duvet jaune et ne peuvent ni voir, ni s’envoler. Ils doivent donc se cacher dans les hautes herbes jusqu’à ce qu’apparaissent leurs plumes de vol.
Labeur et châtiment

Malheureusement, les pratiques agricoles ont créé plusieurs problèmes pour les jeunes goglus et ont causé la chute des populations. Lorsque les agriculteurs et agricultrices récoltent leurs cultures trop tôt, de nombreux nids et œufs de goglus sont détruits et les oisillons et les femelles sont tués. Vous pouvez vous imaginer à quel point c’est dévastateur pour cette espèce. Ce qui est malheureux, c’est que le goglu a simplement besoin d’un peu plus de temps pour nicher et permettre aux oisillons d’apprendre à voler. Après la reproduction, les goglus déménagent. Ils se dirigent vers des voies d’eau comme les marais ou la côte pour muer et se préparer à leur long voyage vers le sud.
La Fédération canadienne de la faune recommande aux agriculteurs et agricultrices d’attendre jusqu’au 15 juillet pour commencer leurs récoltes. Lorsque les herbes et le foin sont coupés après le 15 juillet, les jeunes goglus sont alors capables de s’envoler et ne seront pas tués par la tondeuse. Une autre option : tondre une seule section à la fois et laisser certaines sections non coupées. Si on voit un goglu sur son terrain, on peut observer où il passe son temps et couper une autre section, donnant ainsi la chance à l’oiseau de survivre.