Recette pour un pré indigène

Les prés et les prairies du sud du Canada commencent à fleurir.

À la Fédération canadienne de la faune, nous avons été occupés à créer des prés indigènes pour les pollinisateurs à trois endroits dans l’est de l’Ontario.

Les sites sont sur le bord de la route et sur des emprises. Il s’agit d’endroits à faible croissance idéaux pour fournir des habitats additionnels aux pollinisateurs. Nous voulions, avec nos partenaires HydroOne, le comté de Lanark et la Commission de la capitale nationale, partager avec vous la recette suivante pour créer un pré indigène.

Préparation

1. Choisissez un endroit

Les prés indigènes ont besoin de plein soleil. L’endroit peut être sec ou humide, mais nous avons découvert durant cette année très pluvieuse qu’il est plus facile de travailler dans un endroit qui est sec au plus tard à la fin du printemps! Les endroits ayant moins de plantes envahissantes (comme le panais sauvage et le roseau) sont aussi plus faciles à préparer.

2. Préparez le site

Avertissement : Cette étape peut prendre beaucoup de temps. Pour que les plantes indigènes aient une bonne chance de survivre, il est important de bien préparer les lits de semence et de s’assurer qu’ils soient débarrassés de mauvaises herbes.

Alexis Latemouille prépare le site pour le projet pilote près du ruisseau Green à Ottawa, site géré par la Commission de la capitale nationale.
Alexis Latemouille prépare le site pour le projet pilote près du ruisseau Green à Ottawa, site géré par la Commission de la capitale nationale.

Dans le cadre du projet, nous essayons diverses méthodes pour éliminer les mauvaises herbes :

  • Labourer
  • Cultiver de l’avoine pour faire de l’ombre aux mauvaises herbes
  • Vaporiser avec des herbicides
  • Cultiver des plantes saisonnières

Nous espérons connaître plus tard cette année les méthodes les plus efficaces pour éliminer les mauvaises herbes et permettre aux espèces indigènes de bien pousser. Nous continuerons de surveiller les résultats à long terme.

3. Commandez des semences indigènes

Ingrédients secs et ingrédients humides

Les « ingrédients » nécessaires à la création d’un bon pré diffèrent d’un endroit à l’autre. À nos sites plus humides, nous avons inclus des semences de plantes pour les pollinisateurs qui aiment avoir les « pieds mouillés », comme l’eupatoire maculée et l’eupatoire perfoliée. À nos sites plus secs, nous avons ajouté des plantes comme l’immortelle blanche et l’hélianthe scrofuleux.

Ingrédients courants

Nous avons inclus des graines d’asclépiade sauvage à tous les sites, car elle peut pousser dans toutes sortes de conditions. Il s’agit aussi de la plante hôte pour le papillon monarque et d’une excellente source de nectar pour d’autres insectes.

Proportion de graminées par rapport aux fleurs sauvages

Carolyn Callaghan recueille des graines d’asclépiade sauvage.
Carolyn Callaghan recueille des graines d’asclépiade sauvage.

Tous nos mélanges comportent environ 40 % de graminées indigènes (pour fournir des sites de nidification aux pollinisateurs) et 60 % de fleurs sauvages (pour fournir une variété de pollen et de nectar). Pour savoir où acheter vos semences, consultez la base de données électronique des fournisseurs de plantes indigènes de la FCF. Nous avions aussi recueilli de nombreuses espèces locales l’automne dernier. C’est une activité amusante qui nous a permis de créer un mélange pour chaque site d’environ 50 espèces. Pour en savoir plus, vous pouvez consulter l’excellente ressource téléchargeable gratuite de la Xerces Society sur la collecte de graines indigènes.

4. Pesez et mélangez

De grosses semences indigènes sont pesées, dont des semences de graminées et d’asclépiade.
De grosses semences indigènes sont pesées, dont des semences de graminées et d’asclépiade.

Cette étape ressemble beaucoup à la cuisson. Puisque les semences indigènes sont chères, nous voulions utiliser exactement le bon montant à chaque site et rien de plus. Le montant de graines à utiliser a été pesé selon la superficie de chaque site.

Mélange de semences indigènes et de millet, une culture de protection.
Mélange de semences indigènes et de millet, une culture de protection.

Sur le terrain, nous avons mélangé les semences indigènes et une culture de protection (soit de l’avoine ou du millet). La culture de protection remplit deux fonctions. D’abord,  elle permet de mieux répandre les semences indigènes et de les répandre en couche plus mince. Ensuite, cette culture fournira de l’ombre aux jeunes plantes indigènes la première année, mais ne repoussera pas l’année suivante après le gel. Les semis indigènes seront alors en mesure de survivre seuls.

 

CWF and Hydro staff survey the pollinator project.

5. Rassemblez une équipe enthousiaste

Des membres du personnel de la FCF et des bénévoles (Samantha Reynolds, Emily Armstrong, Paul Wityk, Carolyn Callaghan, Kira Balson) qui ensemencent le site du projet pilote de HydroOne à Ottawa.
Des membres du personnel de la FCF et des bénévoles (Samantha Reynolds, Emily Armstrong, Paul Wityk, Carolyn Callaghan, Kira Balson) qui ensemencent le site du projet pilote de HydroOne à Ottawa.

C’est la partie amusante. Commandez du soleil et rassemblez une équipe. Bien que la tâche semblait ardue devant de si grands sites, ce fut étonnamment rapide. Grâce à nos huit employés et bénévoles, nous avons ensemencé un terrain de 1,5 hectare (3 acres) en quelques heures. Nous avons répandu notre mélange de graines en quadrillage dans les deux sens.

Notre objectif n’était pas d’entièrement recouvrir les sites de semence, mais de donner suffisamment d’espace à chaque plante pour qu’elle puisse fleurir et remplir le pré au courant des prochaines années. Nous avons ensemencé à la fin du printemps, mais l’automne est aussi un excellent moment pour ensemencer un pré indigène.

6. Ajoutez de la patience en grande quantité et attendez

Comme pour la cuisson, attendre le résultat est souvent la partie la plus difficile. Dans notre cas, il faut attendre des mois et même des années pour qu’apparaissent certaines espèces. Pour l’instant, nous avons terminé notre travail.

La nature s’occupera du reste.

 

monarch restoration sign

Nous sommes fiers d’annoncer qu’au cours du dernier mois, la Fédération canadienne de la faune et ses partenaires ont suivi cette recette et semé des acres d’habitat pour les pollinisateurs le long des routes et dans des corridors de services publics de l’est de l’Ontario. Un gros merci au personnel de HydroOne, du comté de Lanark et de la Commission de la capitale nationale qui a travaillé tellement fort pour que ce projet pilote se réalise et aussi à la Fondation Trillium de l’Ontario d’avoir financé le projet.

Gardez l’œil ouvert pour des nouveautés au courant de la saison!

POUR L’AMOUR DES BIBITTES

L’experte en résidence à la FCF nous explique comment les insectes pourraient être nos meilleurs alliés écologiques et pourquoi nous devons agir maintenant pour éviter un effondrement des populations mondiales d’insectes.

LA COLLECTION NATIONALE CANADIENNE D’INSECTES, d’arachnides et de nématodes est l’une des cinq plus grandes collections en son genre au monde. Établie en 1886 par James Fletcher, le premier entomologiste officiel du Dominion, elle regroupe aujourd’hui plus de 17 millions de spécimens. Alors que plus de 70 % d’entre eux proviennent du Canada, la collection inclut aussi des exemplaires de partout dans le monde. Plusieurs échantillons sont les seuls représentants connus de leur espèce. Vous pourriez penser qu’une telle collection serait hébergée dans une installation spéciale, conçue pour protéger les spécimens à perpétuité. Eh bien, détrompez-vous. L’une des plus grandes et importantes collections d’insectes dans le monde est distribuée dans quelques 1500 cabinets de métal, dont plusieurs sont éparpillés dans les halls d’un pavillon de la Ferme expéri-mentale centrale du gouvernement fédéral, à Ottawa.

Pour immense que soit cette base de données, elle pourrait être appelée à devenir encore plus importante. C’est parce que beaucoup d’espèces conservées en archives disparaissent à une vitesse inquiétante. Les études de partout dans le monde confirment les pires peurs des entomologistes.

Sans les insectes, la plupart des aliments que nous consommons, dont les fruits, les légumes, les noix et les graines, disparaîtraient ou se trouveraient en quantités très limitées. L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (connue sous son acronyme anglais de FAO) estime que plus des trois quarts des récoltes alimentaires du monde (d’une valeur annuelle équivalente à 577 G$) dépendent de la pollinisation, principalement par les insectes.

Mais la menace ne porte pas seulement sur l’alimentation humaine : les insectes sont aussi le pilier des chaînes alimentaires terrestre et aquatique. De multiples espèces de poissons, d’oiseaux, d’amphibiens, de reptiles et de mammifères dépendent exclusivement des insectes. Sans eux, ces espèces cesseraient d’exister et les préda-teurs qui s’en nourrissent mourraient de faim à leur tour. La disparition des insectes pourrait perturber profondément les chaînes trophiques partout dans le monde. Les chercheurs sont déjà en train de mesurer des déclins accélérés chez certains insectivores, notamment plusieurs espèces d’oiseaux.

Dans le domaine de la santé, environ 7000 composés pharmaceutiques prescrits par les médecins occidentaux sont tirés des plantes. Des simples maux de tête à la malaria, des médicaments d’origine végétale sont au cœur de la pharmacopée moderne et dépendent donc aussi de la pollinisation.

Les insectes sont aussi des stars du recyclage. Ils jouent un rôle vital dans la décomposition des plantes et animaux morts et dans le recyclage des matières nutritives dans le sol, de même que dans l’aération de l’humus, quand ils creusent des tanières. La perte des insectes désorganiserait complètement l’agricul-ture parce que les plantes n’auraient plus accès aux apports nutritifs nécessaires. De même, l’accumulation d’animaux et de plantes en voie de putréfaction rendrait divers milieux inhabitables.

Les insectes jouent un rôle vital pour le fonctionnement de l’écosystème et pour notre existence même et, pourtant, les preuves sont incontournables qu’ils sont en déclin. Je vous présente les conclusions de trois études récentes. En 2017, une société d’entomologie allemande a trouvé que la masse totale des insectes volants dans 63 réserves naturelles du pays avait décru de 75 % au cours des trois dernières décennies. Dans cette recherche, connue comme l’étude Krefeld, les chercheurs ont constaté des déclins dans chaque habitat échantillonné et conclu que l’agriculture intensive, avec ses pesticides, ses herbi-cides et sa simplification du paysage, était le principal facteur de ce déclin.

LES CANADIENS DOIVENT S’EFFORCER DE CONTRER CES DÉCLINS AVANT QU’IL SOIT TROP TARD. TOUTES LES ORGANISATIONS GOUVERNEMENTALES TOUCHÉES PAR CES ENJEUX DOIVENT COLLABORER À UNE SOLUTION.

Une seconde étude longitudinale, portant sur les Caraïbes, est encore plus inquiétante. Publiée à la fin de 2018 et puisant dans des données récoltées dans la forêt pluviale Luquillo de Puerto Rico dans les années 1970, puis 40 ans plus tard au début des années 2010, l’écologiste des milieux tropicaux Brad Lister y révèle que, sur une période de 40 ans, on constate que la biomasse des insectes a diminué par un facteur de 10 à 60. Ce résultat renver-sant est d’autant plus troublant si l’on tient compte du fait que la région à l’étude n’est pas directement affectée par des pesticides, herbicides ou pertes d’habitats. Les données pointent plutôt du côté des changements climatiques : les tempéra-tures moyennes dans la forêt ont grimpé de deux degrés Celsius depuis les années 1970. Les entomologistes savent que les insectes tropicaux sont particulièrement sensibles aux changements de température.

La troisième étude, publiée en avril de cette année dans la revue Biological Conservation, est un survol global de quatre décennies d’études sur les insectes par deux entomologistes australiens. Cette recension de 73 études différentes révèle une diminution des insectes de 41 % et une chute dans la masse totale des insectes de 2,5 % par année. Les auteurs ont calculé que le taux d’extinction des espèces d’insectes est huit fois plus rapide que celui des vertébrés. La recherche a identifié comme principaux facteurs du déclin les pertes d’habitats, les pesticides, les engrais, les espèces et maladies introduites et les changements climatiques.

Ici, au Canada, on ne trouve pas d’étude comparable : les entomologistes se sont surtout consacrés à identifier et à classer les espèces d’insectes. Pourtant, des indices informels à caractère anecdotique montrent une tendance à la baisse des quantités d’insectes récoltés au cours des dernières décennies. Le ministère fédéral de l’Environnement et des Changements climatiques a un mandat relatif à la classification des espèces en péril, mais on parle plutôt ici de « trop peu, trop tard ».

Les Canadiens doivent s’efforcer de contrer ces déclins avant qu’il soit trop tard. Toutes les organisations gouvernementales touchées par ces enjeux doivent collaborer à une solution. Environnement et Change-ments climatiques Canada, Agriculture et Agro-alimentaire, Santé, Innovation, Sciences et Développement économique, Ressources naturelles et Transport, de même que leurs homologues provinciaux doivent tous venir en aide à nos populations d’insectes. Le temps est venu de concevoir des approches créatives pour contrer le déclin, en intégrant par exemple des habitats pour les insectes dans le design des bâtiments, des routes, des corridors de transport d’énergie, des chemins de fer et des fermes. Il est aussi temps d’établir un cadre de surveillance pour les insectes volants et aquatiques du Canada.

Comment pouvez-vous contribuer? Soutenez la campagne en cinq étapes de la FCF pour l’interdiction des néonicotinoïdes au Canada « Bannir pour l’avenir » . N’utilisez pas de pesticides ou d’herbicides toxiques dans votre jardin ou votre gazon, plantez un jardin accueillant pour les pollinisateurs, présentez des revendications à vos élus et achetez des producteurs locaux qui n’utilisent pas de produits chimiques toxiques et qui pro-curent des habitats pour la faune sur leurs terres. Finalement, passez le mot à votre réseau d’amis, à votre famille et à vos collègues et invitez-les à passer à l’action. Chaque geste compte.

 

Tiré du magazine Biosphère. Pour découvrir le magazine, cliquez ici. Pour vous abonner à la version imprimée ou numérique ou bien acheter le dernier numéro, cliquez ici.

 

Bannir pour l’avenir – un plan en 5 étapes

Imaginez …

…un monde dans lequel nos délicieux fruits et légumes n’existent plus parce que le nombre de pollinisateurs est trop faible pour une pollinisation efficace des plants.

… un monde démuni de la beauté des papillons et des abeilles qui voltigent de fleur en fleur…

À vrai dire, c’est inimaginable.

 « Depuis des années, les pesticides néonicotinoïdes empoisonnent nos pollinisateurs et nos insectes aquatiques. Des centaines d’études scientifiques ont prouvé l’effet nocif des néonicotinoïdes sur les pollinisateurs. Quand j’étais jeune, le DDT menaçait notre faune; je crains que l’histoire ne se répète. »

David Browne, Ph. D., Directeur de la science de la conservation, Fédération canadienne de la faune

À la Fédération canadienne de la faune, nous remuons ciel et terre pour lutter contre les effets néfastes de ces pesticides.

Notre solution?

Bannir pour l’avenir : un plan en 5 étapes pour écarter cette menace.

Étape 1 : Interdire l’usage des néonicotinoïdes

La Fédération canadienne de la faune appelle à une interdiction législative nationale de l’usage de toutes les formes de pesticides néonicotinoïdes en agriculture, en horticulture, dans la production de gazon et sur les terrains de golf. En vertu de l’interdiction, l’usage des néonicotinoïdes en cas d’urgence serait permis pour un nombre d’années limité, mais seulement dans les cas d’invasions de ravageurs graves et avec la prescription d’un agronome certifié.

Étape 2 : Offrir aux agriculteurs des solutions viables pour gérer les espèces nuisibles, et les inciter à y recourir

Faire connaître aux agriculteurs les techniques et technologies appropriées en matière de lutte contre les espèces nuisibles, et offrir des incitatifs à y recourir, notamment une assurance-récolte qui protège l’agriculteur en cas de mauvaise récolte, s’il choisit de s’abstenir des néonicotinoïdes.

Étape 3 : Rétablir les espèces perturbées

Rétablir les espèces touchées (abeilles, bombyles, autres insectes pollinisateurs, insectes aquatiques, etc.) ainsi que les espèces touchées indirectement par une disponibilité alimentaire réduite (ex. oiseaux, chauve-souris, poissons).

Étape 4 : Promouvoir la recherche et le développement technologiques en gestion des espèces nuisibles

Promouvoir l’élaboration d’agents chimiques ou biologiques à action ciblée et à faible incidence sur l’environnement – autrement dit, encourager le développement de produits conçus pour un usage dirigé et durable.

Étape 5 : Réformer les mesures gouvernementales de protection de l’approvisionnement alimentaire

Améliorer les méthodes d’évaluation des risques posés par les pesticides, et assurer la surveillance et la transparence dans la réglementation et l’octroi de permis relatifs aux pesticides afin que l’usage de pesticides hautement nocifs ne soit pas autorisé par le gouvernement fédéral. Mettre fin à l’octroi de permis d’utilisation de pesticides systémiques..

  • Le secteur industriel
    1. Élaborer des pesticides qui ciblent spécifiquement les espèces nuisibles et cesser la fabrication de pesticides systémiques destinés à un usage prophylactique.
  • Le consommateur
    1. Signez la pétition pour appuyer le plan de la FCF;
    2. Évitez d’acheter des insecticides néonicotinoïdes ainsi que des semences ou des plants traités par néonicotinoïdes;
    3. Évitez d’utiliser des produits ménagers ou de jardinage qui contiennent des néonicotinoïdes.

Fruit seller

Ce que vous pouvez faire

Signez la pétitionNous comptons transmettre une pétition de 100 000 signataires canadiens à la ministre de la Santé du Canada. Cette action s’inscrit dans la première étape de notre plan de restauration de l’environnement.

Une fin triste et un début heureux pour les chauves-souris d’Almonte

Nos chauves-souris sont en liberté!

Si vous n’avez pas suivi les périples, les voici : ces animaux hibernants se sont fait évincer du nichoir qu’ils occupaient depuis plus de 50 ans. Ce lieu leur servait d’hibernaculum pendant l’hiver. Leur expulsion a rendu leur survie particulièrement difficile. Cependant, grâce à l’aide de la communauté, des sympathisants de la FCF et du Sanctuaire pour animaux sauvages de la vallée de la Rideau (RVWS), les chauves-souris ont pu passer l’hiver dans des « frigos » spéciaux et ont pu être relâchées au printemps.

bat house installation
Il est important de savoir que les chauves-souris canadiennes, en particulier ces sérotines brunes, présentent un haut niveau de fidélité au site, ce qui fait qu’elles reviendront toujours à leur nichoir primaire.

Pas de place

Malheureusement, la direction de l’église n’était pas d’accord avec notre idée d’offrir un autre nichoir aux bêtes sur les lieux. Ceci a rendu la tâche encore plus difficile, alors que nous tentions d’atténuer les effets néfastes causés par l’évincement des chauves-souris. Dans l’idéal, nous aurions installé des nichoirs pour chauves-souris sur le terrain de l’église. Au lieu de cela, nous avons dû trouver un autre emplacement adéquat à proximité de l’église.

Avec l’aide de Shaun McLaughlin, maire de Mississippi Mills, et de Calvin Murphy, directeur municipal des loisirs, la Fédération canadienne de la faune a pu dénicher un habitat qui convienne aux chauves-souris : le club de curling Almonte, immédiatement à côté de l’église.

Enfin à la maison!

releasing bats into new CWF bat houseCe printemps, mes collègues et moi sommes rendus à Mississippi Mills, en Ontario, pour libérer les chauves-souris rescapées qui avaient passé l’hiver avec Linda Laurus et le Sanctuaire pour animaux sauvages de la vallée de la Rideau.

Les chauves-souris ont été relâchées dans leur nouveau nichoir et tout s’est bien déroulé. Les bêtes nocturnes étaient amicales, bavardaient tout le temps, et semblaient très heureuses d’être de retour au bercail. Les sérotines brunes participent maintenant à l’équilibre de l’écosystème en s’alimentant d’insectes volants nocturnes.

En plus des nichoirs installés au club de curling Almonte, la Mississippi River Parkway Commission a également décidé d’installer un grand condo à grandes chauves-souris dans le parc Metcalfe Geoheritage. Cette zone offre un habitat d’alimentation important pour les chauves-souris locales. De plus, cette installation servira de lieu d’engagement et d’éducation pour la communauté.

Le pesticide de la nature

Il est très important de comprendre le rôle que jouent les chauves-souris dans l’environnement. Elles servent de pesticide naturel : elles économisent d’ailleurs des millions de dollars à l’industrie agricole chaque année, car elles s’alimentent d’insectes nuisibles. Il est aussi primordial de bien comprendre le rôle que nous pouvons jouer dans la protection de ces animaux.

Cette installation offre l’occasion d’organiser des sessions informatives et de sensibiliser la communauté au sort de nos chauves-souris, et à leur mode de niche. C’est ainsi que tout un chacun pourra développer des techniques pour veiller sur les espèces en voie de disparition et pourra identifier les espèces qui nichent sur leur propriété.

https://youtu.be/X1msH03Bk9Y

Elles ont vraiment besoin de nous

La majorité des espèces de chauves-souris de l’Ontario sont en voie de disparition et les autres le sont presque également. La croissance de leur population est trop lente pour contrer les éléments perturbateurs actuels et à venir. Nous devons agir. Ces nichoirs aménagés représentent une étape importante qui pointe dans la bonne direction.

Il est bien évident que la Fédération canadienne de la faune n’aurait pas pu sauver ces chauves-souris sans l’aide du RVWS, de nos donateurs, des personnes facilitatrices travaillant à la municipalité de Mississippi Mills et de la communauté locale. Cette aventure témoigne de la grandeur et de la bienveillance d’une communauté pleine de ressource qui sait prêter main forte quand les temps sont durs. Des initiatives comme celle-ci changent la donne pour les espèces qui ont besoin d’un coup de main. Les résultats que nous avons tous atteints ont une incidence directe et durable dans la nature qui nous entoure.

Des remerciements tous particuliers à : Linda Laurus (directrice du Sanctuaire pour animaux sauvages de la vallée de la Rideau), Jefferson Drost (Homes4Wildlife), Pascal Meunier (chef des pompiers de Mississippi Mills), Shaun McLaughlin (maire de Mississippi Mills), Calvin Murphy (gestionnaire municipal des loisirs), Scott Newton (corporation Mississippi River Power).