Célébrons la Journée mondiale des sols

soil hand seedling water

« En fait, toute vie dépend du sol… Il ne peut y avoir de vie sans sol ni de sol sans vie; ils ont évolué ensemble. »
— Charles E. Kellogg,

 

Ces mots de Charles Kellogg sont aussi pertinents aujourd’hui qu’en 1938, l’année où il les a prononcés. Demandez à n’importe quel fermier ce qui est le plus indispensable à l’agriculture et la plupart vous répondront la santé des sols.

farmer field snow soil

Pourquoi en est-il ainsi? Entre autres choses, les sols sains favorisent la durabilité de la production alimentaire – pour les humains ainsi que pour toute espèce terrestre. Même les prédateurs ont besoin de sols en santé – parce ces derniers produisent des aliments sains pour leur proie. Les sols sains aident aussi à contrôler l’érosion et à réduire l’impact des sécheresses et des inondations. Ils nettoient et emmagasinent l’eau douce. Ces fonctions sont essentielles au maintien de la vie sur Terre. Or, la plupart d’entre nous se préoccupent très peu des sols. C’est probablement parce que ce qui se passe sous la terre n’est pas visible à l’œil nu. Il n’y a pas de mégafaune souterraine; seuls des milliards d’organismes d’une microflore qui vaquent à leurs occupations quotidiennes qui consistent à préserver toute vie terrestre sur le globe.

En tant que biodiversité, aucune autre structure sur la Terre n’est plus diversifiée que celle des sols. Un seul gramme de terre peut subvenir aux besoins de jusqu’à 100 milliards de cellules bactériennes et d’environ 500 000 espèces. Et il ne s’agit que de bactéries. La diversité de champignons des sols est immense; les micromycètes représentent jusqu’à 90 % de la biomasse totale des sols des forêts et 50 pour cent de celle des sols agricoles. Parmi les autres microflores, l’on compte les actinomycètes, les champignons et les protozoaires. Les espèces animales de plus grande taille comprennent les mites, collemboles, vers de terre, nématodes, fourmis, termites, de nombreux insectes et les plus gros organismes comme les mammifères fouisseurs.

Si les rôles importants que jouent les sols ne suffisent pas pour augmenter leur importance à vos yeux, que dire du fait qu’ils aident à régler le climat et ont la capacité d’atténuer les changements climatiques? Les organismes du sol contrôlent la dynamique des matières organiques et la séquestration du carbone des sols. Le carbone organique des sols s’empare du carbone de l’atmosphère et des plantes, puis l’enfouit sous la terre.

Les activités des humains ont dégradé le carbone organique du sol. L’on estime qu’un tiers des sols de la planète sont aujourd’hui moins riches et ceci cause l’émission de 100 gigatonnes de carbone dans l’atmosphère.

Le Canada n’est pas à l’abri de la dégradation du carbone des sols. Agriculture et Agroalimentaire Canada surveille de près le carbone organique des sols. La situation s’est améliorée dans les Prairies canadiennes au cours des dernières décennies, mais elle s’est aggravée dans l’Est du pays. Veuillez consulter le site web pour voir une carte interactive du taux de carbone dans les terres agricoles du Canada.

Alors, que peut-on faire pour rétablir la santé des sols à un niveau optimal? Les pratiques agricoles comme la rotation et couverture des cultures ainsi que l’abandon des pratiques destructives du drainage des zones humides et de la récolte des tourbières sont très importantes. La protection des pâturages naturels est aussi primordiale. Les prairies sont des génératrices de séquestration de carbone, emmagasinant deux fois plus de carbone que toute autre exploitation agricole.

Les sols en santé sont si importants pour maintenir la vie sur la Terre que les Nations Unies ont proclamé le 5 décembre Journée mondiale des sols. Cette date nous donne l’occasion de célébrer les sols sains et de nous résoudre à appuyer la restauration de la santé des sols dans tous les pays du monde entier – dans l’intérêt de la biodiversité, la salubrité des aliments et l’atténuation des changements climatiques.

 

Carolyn Callaghan

Auteur : Carolyn Callaghan

Carolyn Callaghan est biologiste principale en conservation à la Fédération canadienne de la faune. Elle détient un doctorat en zoologie de l’Université de Guelph en Ontario (Canada). Sa thèse portait sur l’écologie de l’utilisation de l’habitat des loups dans la zone centrale des Rocheuses canadiennes, la survie de cette espèce et sa persistance. Mme Callaghan a également mené des recherches sur la biodiversité des terres agricoles, sur la conservation des oiseaux migrateurs, sur le caribou de la population boréale et sur les politiques agricoles et environnementales.

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