Éclosion d’un plan pour le rétablissement des populations de tortues

Les tortues sont en sérieuse difficulté

Les huit espèces de tortues d’eau douce du Canada sont inscrites sur la liste des espèces en péril, faisant d’elles un des groupes d’animaux sauvages les plus menacés au Canada. Les tortues font face à de nombreux défis, dont :

  • la perte d’habitat
  • la mortalité sur les chaussées
  • de hauts taux de prédation

En 2018, la Fédération canadienne de la faune s’est mise à recueillir et à incuber des œufs de tortues serpentines et de tortues mouchetées dans l’est de l’Ontario dans le but d’aider les populations de tortues. Les œufs sont recueillis avec soin des nids, incubés au siège social de la FCF, et les petites tortues sont ensuite remises en liberté dans une terre humide le plus près possible du nid initial.

L’an dernier, nous avons recueilli plus de 400 œufs, et 95 % des œufs fertilisés ont éclos, nous permettant de remettre en liberté près de 400 petites tortues. Cette année, l’équipe de la FCF consacrée aux tortues s’est procuré un second incubateur. Nous avons donc été en mesure de recueillir et d’incuber plus d’œufs. Après de nombreuses nuits de travail ardu, l’équipe a recueilli plus de 500 œufs de tortues serpentines et de tortues mouchetées.

Pourquoi l’incubation des œufs aide-t-elle les populations de tortues?

CWF Freshwater Turtle Specialist Dave Seburn shows us the turtle eggs in the incubator.
Le spécialiste des tortues d’eau douce de la FCF Dave Seburn nous montre les œufs de tortues dans l’incubateur.
  • Dans de nombreuses régions, la prédation sur les nids, par des ratons laveurs, par exemple, est abondante. Les ratons laveurs se sont adaptés aux habitudes humaines et leurs populations ont augmenté. Il arrive fréquemment que les ratons laveurs détruisent près de 50 % des nids de tortues et, dans certaines régions, jusqu’à 80 %, ce qui constitue une perte importante de reproduction.
  • Si c’est un été frais et humide, les  œufs pourraient ne pas éclore avant l’automne. Dans le centre et l’est de l’Ontario, les œufs de tortues pourraient seulement éclore lorsque les températures atteignent la moyenne ou au-dessus de la moyenne.
  • Les prédateurs ne repéreront pas tous les nids le long des chaussées, mais ça ne signifie pas que ces nids sont hors de danger. L’entretien des chaussées peut inclure le nivellement des accotements, ce qui peut accidentellement déterrer les nids. Et, dans certaines régions, les accotements routiers sont vaporisés avec des pesticides qui tuent les plantes indésirables (mais qui peuvent aussi nuire aussi aux nids).
  • Les œufs qui n’éclosent pas ne sont pas nécessairement en sécurité. Les petites tortues émergent souvent à la fin de l’été ou au début de l’automne. Si le nid se trouve sur l’accotement d’une route, les bébés peuvent se retrouver en plein milieu de la chaussée et peuvent se faire écraser à peine sorti de l’œuf.
  • Les petites tortues qui évitent de se faire écraser doivent maintenant trouver une source d’eau. Certains nids sur le bord de la chaussée se trouvent à quelques mètres d’une source d’eau, ce qui facilite le déplacement des petites tortues. Or, nous avons trouvé des nids à plus de 100 mètres d’une source d’eau, distance énorme pour un bébé de la taille d’une pièce de deux dollars  – et c’est en supposant que la petite tortue se dirigera dans le bon sens!

La collecte et l’incubation des œufs visent à atténuer ces menaces et d’autres. Les œufs sont protégés de la prédation sur les nids par les ratons laveurs. La température et l’humidité sont contrôlées pour que les œufs éclosent à temps. Les bébés ne se feront pas écraser par une voiture et seront remis en liberté près d’une source d’eau.

snapping baby turtle

Malheureusement, la majorité des œufs de tortues ne donneront pas un bébé viable qui se rendra bel et bien jusqu’à une terre humide. En incubant les œufs et en remettant les bébés en liberté près d’une terre humide, nous contribuons à la reproduction des espèces de tortues. Les bébés doivent quand même faire face à plusieurs menaces une fois remis en liberté, mais ils ont au moins été épargnés des menaces les plus importantes en début de vie.

Apprenez-en plus sur le programme Aidonslestortues.ca

Est-ce qu’une tortue a mordu à votre hameçon? Voici comment l’aider…

Beaucoup de gens aiment passer une journée sur le lac à pêcher.

C’est une excellente façon de profiter du grand air et peut-être de rapporter un poisson pour souper. Malheureusement, d’autres animaux comme les tortues peuvent être attirés par l’hameçon et se retrouver au bout de votre ligne.

Beaucoup de tortues d’eau douce sont des charognards, mais elles se nourrissent aussi de proies vivantes; elles peuvent donc se prendre aux hameçons de pêche avec appât ou leurre. Confrontés à une grosse tortue serpentine mécontente hameçonnée sur leur ligne, beaucoup de pêcheurs couperont simplement la ligne de pêche et l’hameçon restera accroché à la tortue. Certains hameçons restent coincés dans la gueule de la tortue, ce qui peut lui causer de la difficulté à se nourrir. D’autres hameçons sont avalés et se logent dans la gorge ou même dans l’estomac de l’animal, ce qui peut lui être fatal.

Combien de tortues se retrouvent prises dans des hameçons de pêche?

Nous ne le savons pas vraiment, mais quelques études suggèrent que le problème est sans doute répandu et relativement fréquent. Une étude menée au Tennessee a découvert que sur un site en particulier, plus de 30 % des tortues serpentines femelles adultes avaient avalé des hameçons de pêche. Bien sûr, le pourcentage de tortues hameçonnées varie d’un lac à l’autre en fonction du nombre de pêcheurs.

Quelles tortues ont le plus de probabilités de se faire hameçonner?

Spiny Softshell caught on a fishing hook © Scott Gillingwater
Tortue molle à épines prise avec un hameçon de pêche © Scott Gillingwater

Toutes les tortues qui se trouvent dans les eaux prisées pour la pêche peuvent potentiellement se faire hameçonner, mais les tortues serpentines sont l’espèce chez qui cela se produit le plus, probablement en raison de leur taille, de leur vaste répartition géographique et de leurs comportements alimentaires. La tortue géographique, la tortue peinte, la tortue molle à épines et la tortue des bois comptent parmi les autres espèces canadiennes connues pour se faire hameçonner.

Pourquoi l’hameçonnage des tortues est-il un problème?

Pour une tortue, se retrouver hameçonnée est un problème pour trois raisons.

  1. Premièrement, cela lui cause des souffrances inutiles, ce que nous devrions essayer de réduire ou d’éviter.
  2. Deuxièmement, toutes les huit espèces de tortues d’eau douce du Canada sont maintenant considérées comme des espèces en péril. Les tortues ont besoin de toute l’aide qu’elles peuvent obtenir.
  3. Dernièrement, considérant le taux de survie naturel élevé des tortues, même de petites augmentations du nombre de tortues mortes chaque année peuvent entraîner un déclin des populations. La recherche suggère que les morts causées par les hameçons de pêche sont à elles seules suffisantes pour entraîner un déclin de population des tortues dans certaines régions.

Que faire si une tortue se coince dans mon hameçon?

Un certain nombre de mesures peuvent être prises pour réduire l’effet des hameçons de pêche sur les tortues.

  • Utilisez des hameçons sans barbe lorsque vous pêchez dans des zones où les tortues sont nombreuses pour faciliter leur retrait en cas de prise accidentelle.
  • Essayez de retirer les hameçons coincés sur la végétation au lieu de couper simplement la ligne et d’abandonner l’hameçon.
  • Distribuez notre guide pour aider les tortues hameçonnées dans les zones de pêche prisées.

 

X-ray of Spiny Softshell showing a swallowed fishing hook w arrow © Scott Gillingwater
Radiographie d’une tortue molle à épines ayant avalé un hameçon (indiqué par une flèche) © Scott Gillingwater

Si une tortue mord à l’hameçon pendant que vous pêchez, voici quelques conseils pour l’aider.

  • Ramenez lentement et délicatement la ligne pour éviter que l’hameçon ne s’enfonce plus profondément dans la tortue.
  • Ne coupez jamais votre ligne pour relâcher la tortue hameçonnée. Un hameçon resté coincé dans une tortue pourrait entraîner sa mort.
  • Utilisez un filet ou attrapez la tortue par la partie arrière de sa carapace pour la sortir de l’eau; ne la soulevez pas avec la ligne de pêche ou par la queue pour éviter de la blesser davantage.
  • Faites attention. Les tortues peuvent mordre ou griffer pour se protéger. Faites particulièrement attention aux tortues serpentines et aux tortues molles à épines, puisqu’elles ont un long cou flexible et une morsure puissante.
  • Si l’hameçon est difficile à retirer, pris dans la gueule de l’animal ou avalé, des soins vétérinaires sont nécessaires.

Si vous êtes en Ontario, appelez l’Ontario Turtle Conservation Centre au 705 741-5000. Le centre fournira des soins vétérinaires sans frais et des bénévoles pour aider au transport partout en Ontario.

Téléchargez ce guide facile à suivre sur ce qu’il faut faire si une tortue mord à votre hameçon. Renseignez-vous sur ce que vous pouvez faire pour aider les tortues d’eau douce du Canada.

 

 

Voici les routes les plus dangereuses dans l’est de l’Ontario

Tortues et routes ne font pas bon ménage.

Lorsque les tortues quittent leurs milieux humides pour une expédition sur la terre ferme, elles doivent souvent traverser une route pour se rendre à destination. Cette destination peut être une autre zone humide simplement située de lautre côté de la route, ou un site de nidification où une femelle adulte pondra ses œufs. Quelle quen soit la raison, leur périple se termine souvent par une tortue morte sur la route.

Les tortues sont lentes, ce qui accroît le risque de se faire frapper par une voiture ou un camion en traversant la route. De plus, la réaction dune tortue au danger est souvent de rentrer la tête et les pattes et de rester immobile. Malheureusement, le fait de rester immobile sur une route achalandée fait de la tortue une cible facile.

Résultats de létude sur les routes

Excavating a nest | Marquage des œufs de tortues serpentines.

Au cours des deux dernières années, léquipe consacrée aux tortues de la FCF a mené des études sur les routes dans la grande région dOttawa pour déterminer où les tortues se font frapper sur les routes.

Tragiquement, nous avons découvert plus de 1 000 tortues mortes sur les routes.

Ce nombre de tortues tuées sur la route est sidérant et selon toute vraisemblance, non durable à long terme. Nous déployons tous les efforts pour faire installer des clôtures de protection pour la faune sur deux des sites où nous avons trouvé le plus de tortues sur les routes près dOttawa.

Nous avons trouvé plus de tortues sur certaines routes que sur dautres. Beaucoup de facteurs influencent le nombre de tortues trouvées sur une route donnée, comme la longueur de la route, son taux de circulation, le nombre de milieux humides qui se trouvent à proximité et la fréquence à laquelle la route est étudiée.

Les tortues peuvent se déplacer de mai à septembre, mais la plupart de leurs déplacements seffectuent en juin, lorsque les femelles adultes sont à la recherche de sites de nidification. Il est toujours préférable dêtre à laffût des tortues lorsquon conduit au printemps et en été.

Sil est possible de le faire, ralentir en approchant des zones humides peut augmenter les probabilités dapercevoir une tortue sur la route avant quil ne soit trop tard. Et bien quil soit préférable de rester à laffût des tortues sur toute route rurale, nous pouvons maintenant identifier les routes de la région dOttawa qui causent le plus de mortalité pour les tortues.

Donc si vous conduisez dans la région dOttawa au printemps ou en été, faites très attention sur les routes suivantes :

Hot Roads Do you regularly drive one of Eastern Ontario's 'hot roads?' This map is a compilation of CWF's 2018 data on turtle strikes.
Routes dangereuses : Est-ce que vous conduisez régulièrement sur une « route dangereuse » de l’est de l’Ontario? Cette carte est une compilation des données sur les tortues heurtées recueillies par la FCF en 2018
  • Route 7 (à l’ouest de Carleton Place)
  • Route 10 (au sud-ouest de Perth)
  • Route 15 (au sud de Carleton Place)
  • Dwyer Hill Road (dans l’ouest d’Ottawa)
  • Roger Stevens Drive (dans le sud d’Ottawa)
  • Wolf Grove Road (à l’ouest d’Almonte)

(Ces routes sont classées par ordre alphabétique. Nous navons pas tenté de les classer selon le nombre de tortues trouvées, puisque chaque route na pas fait lobjet du même niveau détude.)

Sans surprise, ces routes sont toutes relativement longues et achalandées. Nous avons aussi compté un certain nombre de tortues mortes sur différentes routes plus courtes, mais pas autant que sur celles-ci. Le monde est dangereux pour les tortues. Nous vous prions de rester à laffût des tortues qui tentent de traverser nos routes.

Si vous voulez en découvrir plus sur ce que vous pouvez faire pour les tortues, visitez le site AidonslesTortues.ca.

 

Pourquoi cette tortue a-t-elle traversé la route?

Pour se rendre dans une zone humide située de l’autre côté.

C’est le printemps et les tortues sont actives, se déplaçant souvent d’une zone humide à une autre. Les femelles, notamment, recherchent un lieu où pondre leurs œufs. Ces déplacements signifient souvent que les tortues doivent traverser des routes pour se rendre là où elles veulent aller.

Au cours des deux dernières années, l’équipe des tortues de la Fédération canadienne de la faune a découvert plus de 1000 tortues décédées sur les routes de l’est de l’Ontario. C’est une mortalité phénoménale. Nous savons que la mortalité routière est une grave menace pour les tortues et nous travaillons à l’installation de clôtures aux endroits les plus critiques pour empêcher les tortues d’aller sur les routes.

Que puis-je faire?

En attendant, nous pouvons tous faire notre part en surveillant la présence de tortues sur les routes, en particulier lorsque nous conduisons dans des régions rurales proches de lacs et de zones humides. L’équipe des tortues de la FCF a sauvé plus de 100 tortues sur les routes au cours des deux dernières années. Vous pouvez aider aussi.

Tout d’abord, si vous voyez une tortue essayer de traverser la route, assurez-vous que vous pouvez l’aider en toute sécurité. Si la circulation n’est pas trop dense et que cela semble sécuritaire, stationnez-vous sur l’accotement et allumez les feux de détresse de la voiture. Regardez des deux côtés avant d’aller sur la route pour sauver la tortue. Si des voitures arrivent, ne risquez pas votre vie.

À l’exception des chélydres serpentines, il est assez facile de ramasser la plupart des tortues. Attrapez la tortue des deux mains, de chaque côté de la carapace. Il se peut que la tortue n’apprécie pas ou ne comprenne pas que vous essayez de la protéger et elle risque alors de vous griffer ou de vous faire pipi dessus, aussi préparez-vous à cette éventualité. Si vous tenez fermement la tortue à deux mains, vous risquez moins de la laisser tomber si elle vous égratigne. C’est une bonne idée de garder une paire de gants de travail dans la voiture pour protéger vos mains lorsque vous déplacez des tortues ou dans l’éventualité d’autres aventures survenant sur la route.

Déplacez toujours la tortue dans la direction vers laquelle elle se dirige. Les tortues savent où elles veulent aller. Relâchez la tortue sur l’accotement et elle s’éloignera probablement rapidement de vous et de la route. Félicitations, vous venez de sauver une tortue.

Déplacer les chélydres serpentines, en particulier les plus grosses, est plus difficile. Les chélydres serpentines peuvent être rapides et elles peuvent mordre. Elles peuvent également pivoter rapidement ou même se précipiter en avant. Ne saisissez pas les côtés de la carapace d’une chélydre serpentine, car elle peut tourner la tête brusquement et vous mordre.

Une option pour déplacer une chélydre serpentine consiste à la tirer sur un tapis de sol d’automobile. Placez le tapis derrière la tortue, saisissez l’arrière de la carapace près des pattes arrière et faites glisser la tortue sur le tapis. Ne tirez pas la tortue par la queue, car vous pourriez la blesser. Une fois la tortue sur le tapis, faites glisser celui-ci hors de la route en gardant une main sur le dos de la tortue.

Une autre technique recommandée pour déplacer une chélydre serpentine consiste à la soulever à l’aide d’une pelle. Si vous avez une pelle dans la voiture, approchez-vous de la tortue par-derrière et glissez la pelle sous celle-ci. Ensuite, soulevez la chélydre serpentine et enlevez-la de la route. Ne soulevez pas trop la pelle, car la tortue pourrait tenter de se déplacer et tomber.

Regardez notre vidéo pour savoir comment saisir une chélydre serpentine à la main en toute sécurité pour la déplacer de la route.

Pour en savoir plus sur comment vous pouvez aider les tortues, visitez AidezLesTortues.ca

Aider les tortues d’eau douce en péril : du début à la fin

En juin de cette année, l’équipe consacrée aux tortues de la FCF a passé beaucoup de longues soirées à chercher des tortues en train de pondre des œufs.

Plus particulièrement, nous étions à la recherche de tortues serpentines et de tortues mouchetées en train de pondre leurs œufs. Notre objectif était de laisser les femelles pondre leurs œufs, que nous déterrerions et collecterions ensuite pour les incuber au siège de la FCF.

Pourquoi?

Hannah moving a Blanding's Turtle @ Mackenzie Barns
Hannah déplaçant une tortue mouchetée @ Mackenzie Barns

Toutes les huit tortues d’eau douce du Canada sont maintenant considérées comme des espèces en péril. Les tortues font face à de nombreuses menaces comme la perte d’habitat en milieu humide et la mortalité sur les routes. Dans beaucoup de secteurs, cinquante pour cent ou plus des nids de tortue seront détruits et mangés par des prédateurs comme les ratons laveurs. La prédation des nids est un processus naturel, mais donner un coup de main aux tortues en protégeant leurs nids peut être bénéfique pour leurs populations.

Du début à la fin

1. Collecte des œufs

Excavated Snapping Turtle eggs in the field
Excavated Snapping Turtle eggs in the field | Marquage des œufs de tortues serpentines.

Collecter des œufs de tortues n’est pas aussi simple qu’il le paraît. Après qu’une tortue femelle a pondu ses œufs, elle remplit de terre le trou qu’elle a creusé et il ne reste souvent aucun signe du nid. La façon la plus simple de trouver un nid de tortue est de trouver la femelle pendant les quelques heures où elle pond ses œufs. Cela peut comporter beaucoup de recherches en soirée, alors que les tortues sont plus susceptibles de pondre leurs œufs.

Nous devons faire très attention de ne pas surprendre la tortue, sinon elle pourrait remettre sa recherche d’un site de nidification à une autre soirée. Une fois que la femelle a fini sa nidification, nous creusons le nid et ramassons les œufs avec soin. Après beaucoup de nuits longues et tardives, l’équipe consacrée aux tortues a collecté plus de 400 œufs provenant de nids en bord de route!

2. Incubation des œufs

CWF Freshwater Turtle Specialist Dave Seburn shows us the turtle eggs in the incubator.
Le spécialiste des tortues d’eau douce de la FCF Dave Seburn nous montre les œufs de tortues dans l’incubateur

Les œufs ont été gardés dans un incubateur spécial pour les œufs de reptiles qui maintient la température constante. Des œufs de deux espèces de tortues en péril ont été collectés : la tortue mouchetée et la tortue serpentine. Les œufs de tortue mouchetée sont ovales, alors que ceux de la tortue serpentine sont ronds, comme de petites balles de ping-pong. Les tortues mouchetées pondent environ une douzaine d’œufs, alors que les tortues serpentines en pondent de 30 à 40..

Les œufs de chacun des nids ont été placés dans un contenant différent rempli de vermiculite humide, un mélange de terreau artificiel. Nos premiers œufs ont commencé à éclore au début du mois d’août, mais les œufs ont continué d’éclore au cours des quelques semaines suivantes. En excluant les œufs qui n’ont pas été fertilisés, environ 97 pour cent de nos œufs ont réussi à éclore.

3. Œufs éclos

Blanding’s Turtles at different stages of hatching
Tortues mouchetées à différentes étapes de l’éclosion

Lorsque les bébés tortues émergent de leur coquille, ils ont une vésicule ombilicale attachée à leur plastron. Elle contient des nutriments et nourrit le bébé tortue pendant ses premiers jours de vie. Nous avons gardé les bébés tortues jusqu’à ce que leur vésicule ombilicale soit absorbée, puis nous avons relâché chaque groupe de bébés tortues à proximité de l’endroit où nous avons trouvé les œufs, dans le milieu humide le plus près de chacun des nids. À la fin du mois d’août, nous avions relâché presque 400 bébés tortues dans la nature.

4. Libération des bébés tortues

Ces bébés tortues ont quand même une vie difficile devant eux.

Comme les parents ne s’occupent pas des bébés tortues, ces derniers doivent se débrouiller seuls pour trouver de la nourriture, éviter les prédateurs et trouver un endroit sûr où hiberner pour l’hiver. Or, sans notre aide, au moins la moitié de ces œufs seraient simplement devenus de la nourriture pour les ratons laveurs. Il aurait aussi été possible que beaucoup des bébés tortues n’aient pas réussi à se rendre jusqu’à l’eau, puisque les œufs sont souvent pondus à 100 mètres ou plus d’un milieu humide.

Ajouter plus de tortues aux populations sauvages est un bon départ, mais il y a aussi beaucoup d’autres menaces à contrer pour aider les tortues.

Découvrez d’autres façons d’aider les tortues.

Jouez avez votre téléphone pour le bien des terres humides

Vous pouvez contribuer à la préservation des terres humides.

C’est exact. Par souci de clarté, je répète : Vous pouvez contribuer à la préservation des terres humides.

De nombreuses régions méridionales du Canada ont perdu plus de la moitié de leurs terres humides selon David Seburn, spécialiste des tortues d’eau douce.

La perte d’habitat représente une menace permanente pour de nombreuses espèces. La disparition des terres humides menace tout particulièrement les espèces, étant donné que de vastes étendues ont déjà disparu. Or, tout le monde peut faire quelque chose pour conserver les terres humides restantes.

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Tortue mouchetée. © Dan McIntyre | Club de photo de la FCF

Rapport d’observation de la tortue mouchetée

La tortue mouchetée est inscrite comme espèce menacée en vertu de la Loi sur les espèces en voie de disparition de l’Ontario. Comment le signalement de l’observation d’une tortue peut-il protéger les terres humides? La Loi sur les espèces en voie de disparition assure la protection de l’habitat des espèces menacées et en voie de disparition.

Dans le cas de la tortue mouchetée, jusqu’à deux kilomètres de terres humides depuis un point d’observation peuvent être protégés en présence de plusieurs terres humides. Minimalement, la zone humide la plus proche du point d’observation est protégée. Si la protection de l’habitat ou la construction d’un chalet à proximité d’une terre humide n’interfère pas avec les activités quotidiennes qui s’y déroulent, il serait toutefois difficile de drainer la terre humide.

Toute observation valable peut mener à l’accroissement de la superficie des terres humides protégées. Il peut s’agir d’une photo d’une tortue mouchetée se prélassant sur un rondin ou d’une photo d’une tortue retrouvée sans vie sur une route. Pour être considérées comme valides par le ministère des Richesses naturelles et des Forêts de l’Ontario, les observations de la tortue mouchetée doivent être minutieusement recueillies. La photographie de la tortue doit être nette; il faut aussi préciser la date à laquelle elle a été prise ainsi que l’emplacement.

upload observations to inaturalist.ca
Téléversez vos observations vers iNaturalist.ca

Enregistrez vos observations sur le site iNaturalist.ca

Une façon simple de recueillir cette information tout en s’assurant qu’elle soit transmise au gouvernement est d’utiliser le site Web iNaturalist.ca. Participez à ce projet de science citoyenne grâce auquel tout un chacun est invité à enregistrer ses observations et à téléverser des photos de plantes et d’animaux.

Les observations peuvent être téléversées en utilisant une application mobile iNaturalist pour téléphone intelligent. À l’aide de l’application, prenez une photo d’une tortue mouchetée et téléversez-la immédiatement en inscrivant les détails de l’observation. Vous pouvez aussi utiliser un appareil photo numérique et faire un zoom avant pour un gros plan. Téléversez votre photo et enregistrez vos observations sur le site Web iNaturalist.

La bonne information en bonnes mains

Une fois qu’une observation est transmise à iNaturalist, elle se retrouve en bonnes mains. Le Centre d’information sur le patrimoine naturel, du ministère des Richesses naturelles et des Forêts de l’Ontario, fait le suivi des espèces rares. Le centre recueille toutes les observations soumises au site iNaturalist qui trouve une tortue mouchetée. Elles contribueront à la protection de l’habitat.

Certes, il est difficile de déterminer si une observation en particulier se traduira par la protection de l’habitat de la tortue mouchetée. Il est possible qu’une autre personne ait déjà soumis une observation à partir de cet endroit, mais bien souvent une observation donne lieu à un nouvel habitat protégé. Même si votre observation n’aboutit pas à la protection d’un nouvel habitat, elle peut s’avérer précieuse, ne serait-ce que pour confirmer la présence continue de l’espèce dans une zone donnée ou pour renseigner sur ses périodes d’activité. Si les observations effectuées en zone rurale sont toujours extrêmement utiles, celles dans les zones peuplées le sont tout autant, car elles peuvent même aboutir à la protection d’un nouvel habitat.

© Brandon Holden
Notre équipe de conservation des tortues recueille des données sur une tortue mouchetée trouvée le long de la route.

L’an dernier, lors de nos études sur les tortues, nous avons augmenté la protection des terres humides grâce aux observations de la tortue mouchetée dans la ville d’Ottawa. Toute observation est importante. Cela vaut la peine d’enregistrer sur iNaturalist toute observation sur la tortue mouchetée.

Qui sait! Peut-être la prochaine observation protégera une terre humide et toutes les espèces qui y vivent!

Quoi faire? Pour le savoir, rendez-vous à la page Web Aidez les tortues.

Comment aider (en toute sécurité) une tortue à traverser la route

Tandis que vous roulez sur une route de campagne, vous apercevez soudainement une tortue sur la route. Que faire? Poursuivez votre lecture pour savoir comment aider une tortue à traverser la route.

La plupart des espèces de tortues d’eau douce du Canada vivent dans des lacs ou des milieux humides, comme des marais ou des marécages. Si elles y restaient, elles seraient relativement en sécurité. Malheureusement, les tortues quittent fréquemment ces lieux sûrs pour pondre leurs œufs ou se déplacer d’un milieu humide à l’autre.

La mortalité sur les routes représente une menace importante pour la majorité des tortues d’eau douce. Les tortues traversent les routes à la vitesse d’une… tortue! Même si une tortue perçoit qu’une voiture s’approche, il y a peu de chances qu’elle soit capable de quitter la route assez rapidement pour éviter d’être frappée.

C’est ici que vous pouvez venir à sa rescousse! Vous pouvez empêcher une tortue d’être happée par une voiture en l’aidant à traverser la route. Voici quelques astuces pour déplacer une tortue.

1re étape : La sécurité avant tout!

Tout d’abord, assurez-vous qu’il est sécuritaire d’aider la tortue. Regardez des deux côtés avant de mettre le pied sur la route. Si des voitures se dirigent vers vous, ne risquez pas votre vie.

2e étape : Prenez la situation (et la tortue) en main

Il est assez facile de soulever une tortue, sauf si vous avez affaire à une tortue serpentine (nous y reviendrons). À l’aide de vos deux mains, attrapez la tortue par les deux côtés de sa carapace. Il est possible que la tortue n’apprécie pas cette manœuvre ou qu’elle ne comprenne pas qu’elle est en train d’échapper aux dangers de la route. Préparez-vous à la possibilité qu’elle vous griffe ou qu’elle urine sur vous. En la tenant fermement avec vos deux mains, vous êtes moins susceptible de l’échapper si elle décide d’utiliser ses griffes.

move a turtle across the road
Déplacez toujours la tortue dans la direction où elle se dirigeait

3e étape : Déplacez-vous dans la bonne direction

Déplacez toujours la tortue dans la direction où elle se dirigeait, car elle sait où elle veut aller. Déposez la tortue sur l’accotement en gravier. Il est probable qu’elle s’éloigne rapidement de vous et de la route.

Félicitations, vous venez de sauver une tortue!

Snapping Turtle

Les tortues serpentines sont un cas à part

Il est plus difficile de déplacer une tortue serpentine, particulièrement si elle est grosse. Les tortues serpentines sont rapides et il leur arrive de mordre. Elles peuvent également se retourner rapidement ou se jeter sur vous. Ne prenez pas la tortue serpentine par les côtés de sa carapace, car elle pourrait tourner la tête et vous mordre.

L’une des façons de déplacer une tortue serpentine est la méthode de la brouette. Attrapez la partie de la carapace située près des pattes arrière, soulevez la partie antérieure de la tortue et faites-la avancer. La tortue marchera sur ses pattes avant ou, si elle ne le fait pas, vous pouvez la faire glisser sur le sol. La route pavée n’endommagera pas l’épaisse peau de la tortue.

Une autre option est de faire mordre la tortue dans un long bâton et de la traîner hors de la route. Si vous avez une pelle avec vous, utilisez-la pour soulever une tortue serpentine et l’aider à traverser la route. Ne soulevez pas la pelle trop haut, car la tortue pourrait essayer de bouger et tomber.

Pour en savoir plus sur ce que vous pouvez faire pour aider, visitez aidezlestortues.ca.

Un problème salé pour la faune

La conduite hivernale est difficile dans de nombreuses régions du Canada. La neige et la pluie verglaçante peuvent rendre les routes glissantes et la conduite dangereuse. Le sel de voirie est utilisé depuis longtemps pour faire fondre la glace et dégager les routes, afin de sécuriser la conduite. Au Canada, notre utilisation annuelle de sel de voirie est généralement supérieure à deux millions de tonnes métriques. Une telle quantité de sel affecte nos cours d’eau et nos espèces sauvages.

Les routes peuvent ainsi attirer de grands mammifères comme les orignaux, qui viennent y satisfaire leurs besoins en sel. Des orignaux ont même été vus lécher le sel des voitures. Mais pendant que les orignaux se repaissent de sel, ils risquent d’être frappés par des véhicules. De plus, les orignaux sont souvent actifs la nuit, de sorte que les conducteurs qui abordent des courbes obscures sont susceptibles de ne pas les voir avant qu’il ne soit trop tard. Et de telles collisions sont souvent fatales pour le conducteur comme pour l’orignal. De nombreux oiseaux sont également attirés par le sel des routes, et sont accidentellement frappés par les voitures.

Le sel de voirie peut aussi avoir des effets directs sur les espèces sauvages. Une fois répandu sur les routes, le sel se dissout rapidement et ruisselle dans les plans d’eau. Il peut en résulter une augmentation des concentrations de sel dans les étangs, particulièrement au printemps, avec la fonte des neiges. Certaines études ont révélé un moindre taux d’éclosion des œufs de certaines salamandres et grenouilles dans les étangs situés le long des routes.

L’augmentation des concentrations de sel dans les cours d’eau peut également limiter la croissance des poissons. Une étude a révélé que les truites arc-en-ciel nouvellement écloses dans l’eau salée pesaient 25 % de moins que leurs congénères élevées en eau douce. Ce retard de croissance pourrait avoir des effets à long terme sur les populations de poissons.

Il existe également des preuves que les concentrations de sel des plans d’eau situés à proximité des routes augmentent avec le temps. Une étude récente a examiné l’évolution des concentrations de sel de centaines de lacs de l’est de l’Amérique du Nord. Presque tous les lacs situés à proximité d’une route principale ont vu leurs concentrations de sel augmenter au fil du temps. Bien que les concentrations de sel de la plupart des lacs demeurent faibles à l’heure actuelle, si cette tendance se poursuit, elle pourrait nuire à de nombreuses espèces aquatiques.

Le gouvernement du Canada a tenté de réduire l’utilisation du sel de voirie par l’adoption d’un code volontaire de bonnes pratiques incitant les municipalités à réduire leurs activités de salage. Près des trois quarts des municipalités ont adopté ce code et ont réduit leur consommation de sel annuelle.

Chacun d’entre nous peut jouer un rôle pour réduire notre dépendance au sel. Le sel répandu sur les trottoirs et les allées se retrouve également dans les égouts pluviaux et, en fin de course, dans les lacs et les rivières. Compte tenu du nombre d’allées existantes au Canada, cela peut représenter beaucoup de sel. Il est possible de réduire la quantité de sel utilisée en limitant son application à certaines zones clés, plutôt qu’en l’étalant sur l’ensemble de l’allée. Il existe également des alternatives au sel. Essayez de répandre du sable ou des cendres issues de votre cheminée ou de votre poêle à bois. Le sable comme les cendres améliorent la traction sur les surfaces glacées.

Nous désirons tous pouvoir marcher et conduire en sécurité cet hiver, mais nous pouvons essayer d’y parvenir avec un moindre impact pour la nature.