Une tradition canadienne appréciée pendant les mois d’été est d’aller cueillir des fraises en famille ou entre amis.
C’est toujours agréable de se retrouver au milieu de rangées de fraisiers, en scrutant avec enthousiasme leurs feuilles pour y découvrir les délicieux trésors qu’elles cachent. (Il est encore plus agréable d’en croquer quelques-unes tout en remplissant votre panier!) Si vous avez déjà envisagé de les cultiver à la maison, mais que l’espace ou l’effort requis vous a un peu découragé, vous pourriez envisager d’aménager plutôt un coin de fraisiers sauvages. Bien que leurs baies soient plus petites, elles sont généralement sucrées et savoureuses, et elles constituent un excellent moyen de faire sortir les enfants, qui aiment explorer et découvrir les nouveautés du jardin. Dans une bonne année, on peut récolter de nombreuses poignées de fraises à partir d’une petite parcelle d’environ 61 par 61 cm.
Une rose sous n’importe quel autre nom

Le Canada compte trois espèces de fraisiers indigènes, dont toutes ont des fleurs blanches qui fleurissent généralement entre avril et juin. Ils font partie de la famille des roses et la fleur possède cinq pétales blancs disposés radialement autour du centre qui contient de nombreuses étamines, la partie de la fleur qui porte le pollen. Une fois pollinisées, elles forment des structures charnues rouges semblables à des fruits (communément appelées le fruit ou la baie) qui contiennent de nombreux petits akènes – communément, mais à tort appelés graines. Ces structures sont techniquement le fruit et contiennent la graine à l’intérieur! Les plants de fraises sauvages poussent près du sol, atteignant une hauteur de 15 à 25 cm. Ils ont des feuilles trifoliées, ce qui signifie qu’elles sont divisées en trois folioles, dans ce cas-ci, avec des bords dentelés. Les fraisiers sauvages se propagent en envoyant des filets qui poussent le long du sol et s’enracinent à une certaine distance de la plante mère, allant de 15 à 50 cm.
Attention au faux semblant non indigène, le fraisier des Indes (son nom reflétant son origine de l’Inde et d’autres pays asiatiques) Potentilla indica, autrefois appelée Duchesnea indica. Son autre nom commun est faux fraisier pour une bonne raison, car c’est également une plante basse avec des feuilles trifoliées aux bords ondulés ou dentelés, et ses fruits ressemblent exactement à une fraise sauvage surdimensionnée. Vous pouvez faire la différence grâce à ses fleurs qui sont jaunes et à la « baie » plus grande et plus ronde qui se forme au sommet d’une tige pointant vers le haut, contrairement aux fruits du fraisier sauvage qui pendent généralement vers le bas. Les fruits sont également comestibles, mais n’ont pas la même saveur sucrée qu’une fraise sauvage.
En ce qui concerne le nom scientifique du fraisier sauvage, Fragaria, il provient du mot latin « fragra » qui signifie odorant, décrivant une plante parfumée. Dans ce cas-ci, le fruit du fraisier possède une odeur distincte et agréable, surtout si on l’écrase. « Fraises » fait référence au fruit qui se forme près du sol. De nombreux pays d’Europe du Nord les appellent « baies de terre » et les gens placent traditionnellement de la paille autour des plantes pour élever le fruit du sol, le gardant plus propre et plus sec.
Avantages

Les fleurs du fraisier fournissent du nectar et du pollen à de nombreuses espèces d’abeilles, de mouches et de papillons. Les « baies » sont consommées par les oiseaux et les mammifères, allant des tamias aux ours, et les feuilles constituent une plante nourricière pour les larves de certaines espèces de papillons.
Toutes les parties des fraisiers sauvages sont comestibles et la plante dans son ensemble est nutritive, fournissant des minéraux ainsi que les vitamines A, B, C et E. Les fraisiers sauvages possèdent également des propriétés médicinales, agissant comme un stimulant et apportant un soutien aux organes tels que le foie et les reins, tout en soulageant des maladies telles que la goutte et l’arthrite. Ils ont également servi à soigner des ulcères, des blessures et des coups de soleil. Pour certains, ces petites plantes sont efficaces pour soigner les problèmes digestifs. En fait, les racines et les feuilles ont été utilisées dans la formule originale de l’« Extrait de fraises des champs Docteur Fowler », qui était vendue en magasin de 1901 jusqu’au milieu des années 80.
Découvrez les plantes ci-dessous pour voir quelles espèces sont indigènes dans votre coin, surtout si vous aimez les cultiver chez vous comme couvre-sol, dans la pelouse ou le long des sentiers (pour grignoter facilement!).
Fragaria chiloensis

Cette espèce (sous-espèces Lucida et Pacifica) se trouve le long de la côte de la Colombie-Britannique, dans les prairies, les dunes de sable et les falaises côtières. Elle pousse en plein soleil à mi-ombre et est quelque peu tolérante à la sécheresse compte tenu de son affinité avec les sols sableux. Ces feuilles sont généralement brillantes et vert foncé, et on considère que cette espèce se propage plus lentement que les autres espèces canadiennes. À ne pas confondre avec une autre sous-espèce de cette plante qui pousse en Amérique du Sud (d’où son nom scientifique « F. chiloensis ssp. chiloensis » et son nom commun fraisier du Chili), qui est l’une des plantes mère du fraisier cultivé :
Fragaria vesca

Comme son nom commun l’indique, cette espèce de fraisier pousse dans les bois, les fourrés, les lisières de forêt et les prairies, particulièrement là où il y a de l’ombre partielle. Il est répandu, atteignant la majeure partie du sud du Canada, de la Colombie-Britannique à Terre-Neuve-et-Labrador et jusqu’aux Territoires du Nord-Ouest. Une sous-espèce, Fragaria vesca subsp. Bracteata (fraisier des bois du Pacifique et de l’Ouest) se trouve en Colombie-Britannique et en Alberta. Le fruit est généralement allongé et les akènes dépassent un peu comme de petites bosses
Clematis Virginiana

Il existe quelques sous-espèces de cette plante et, collectivement, elles sont indigènes à toutes les provinces et tous les territoires. Vous pourriez en apercevoir une dans des zones perturbées, comme les abords des routes ainsi que dans les prairies, les champs et les espaces ouverts des bois. Elle se développe bien en plein soleil ainsi qu’à mi-ombre. Le fraisier de Virginie est l’autre plante mère du fraisier cultivé. Le fruit est généralement plus rond que celui du fraisier des bois et ses akènes de couleur claire sont enfoncés ou indentés sur la baie