{"id":9472,"date":"2021-05-11T18:31:36","date_gmt":"2021-05-11T18:31:36","guid":{"rendered":"https:\/\/blog.cwf-fcf.org\/?p=9472"},"modified":"2021-05-11T18:32:34","modified_gmt":"2021-05-11T18:32:34","slug":"reparer-certains-dommages","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.cwf-fcf.org\/index.php\/fr\/reparer-certains-dommages\/","title":{"rendered":"R\u00e9parer certains dommages"},"content":{"rendered":"<h2>Nous vivons \u00e0 \u00e9poque symbolique. C\u2019est particuli\u00e8rement vrai lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019esp\u00e8ces sauvages.<\/h2>\n<p>C\u2019est un coup dur que d\u2019entendre parler d\u2019un vieux pin Douglas qui tombe sous les coups d\u2019une tron\u00e7onneuse, d\u2019un harfang des neiges qui ne parvient pas \u00e0 pondre ou d\u2019un autre baleineau noir de l\u2019Atlantique Nord lac\u00e9r\u00e9 par un navire.<\/p>\n<p>Chaque \u00e9v\u00e9nement est tellement plus important qu\u2019un seul individu. C\u2019est un rappel que la main de l\u2019homme est partout et qu\u2019elle est rarement bienveillante.<\/p>\n<p>C\u2019est peut-\u00eatre pour cela qu\u2019il est si fascinant d\u2019entendre parler d\u2019exp\u00e9riences visant \u00e0 r\u00e9implanter des esp\u00e8ces l\u00e0 o\u00f9 elles se trouvaient avant que nous les ayons chass\u00e9es. Pour moi, cela signifie \u00e9tudier la r\u00e9introduction dans le parc national de Banff du bison des plaines, une sous-esp\u00e8ce du bison d\u2019Am\u00e9rique.<\/p>\n<p>C\u2019est comme un triple coup de circuit, m\u00e9taphoriquement parlant.<\/p>\n<p>Il y a la b\u00eate elle-m\u00eame. Le plus grand mammif\u00e8re terrestre d\u2019Am\u00e9rique du Nord, qui parcourait autrefois ce continent, au Toujours sceptique, notre chroniqueuse voit une lueur d\u2019espoir se profiler dans le retour des troupeaux de bisons de Banff Par Alanna Mitchell Illustration de Hawlii Pichette nombre d\u2019environ 30 millions d\u2019individus. Lorsque j\u2019\u00e9tais enfant, \u00e0 Regina, j\u2019avais l\u2019habitude d\u2019imaginer le bruit qu\u2019ils faisaient en traversant les Prairies en grands troupeaux, les sabots labourant la terre, la t\u00eate pugnace pench\u00e9e dans le vent. Je pouvais presque entendre leurs grognements de satisfaction lorsqu\u2019ils s\u2019arr\u00eataient pour se vautrer dans les mar\u00e9cages de la prairie pour se rafraichir et \u00e9loigner les insectes, pour ensuite se relever, d\u00e9goulinants de boue, et se r\u00e9galer de carex. Ils constituaient une force de la terre, la sculptant pour les autres cr\u00e9atures qui y vivaient \u2014 jusqu\u2019\u00e0 ce que nous les ayons presque men\u00e9s \u00e0 l\u2019extinction \u00e0 la fin du 19e si\u00e8cle. Le d\u00e9clin \u00e9tait si critique que le gouvernement f\u00e9d\u00e9ral a achet\u00e9 700 bisons \u00e0 un \u00e9leveur du Montana au d\u00e9but des ann\u00e9es 1900 pour r\u00e9tablir l\u2019esp\u00e8ce, et en a install\u00e9 une harde au parc national Elk Island, \u00e0 l\u2019est d\u2019Edmonton.<\/p>\n<p>Et il y a le lien s\u00e9culaire entre le bison et les peuples autochtones qui comptaient sur lui pour se nourrir et se r\u00e9chauffer, et qui avaient avec lui des liens spirituels et des liens de parent\u00e9. \u00c0 mesure que le bison disparaissait, que les prairies \u00e9taient colonis\u00e9es, que les familles autochtones \u00e9taient s\u00e9par\u00e9es par le gouvernement et coup\u00e9es de leurs territoires de chasse, ces liens devenaient encore plus pr\u00e9cieux.<\/p>\n<p>Puis il y a Banff. Premier parc national du Canada, il a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 en 1887 de concert avec les forces qui ont conduit le bison au bord de l\u2019extinction et les peuples autochtones chass\u00e9s de leurs terres. C\u2019est un site d\u2019une beaut\u00e9 d\u00e9chirante. Avec ses Rocheuses enneig\u00e9es embl\u00e9matiques, ses vall\u00e9es luxuriantes, ses lacs aux couleurs de joyaux et ses sources d\u2019eau chaude sacr\u00e9es, il occupe une place sp\u00e9ciale dans le coeur des Canadiens. J\u2019ai lu un jour \u2014 peut-\u00eatre s\u2019agit-il d\u2019une histoire apocryphe \u2014 que c\u2019\u00e9tait une destination de lune de miel plus pris\u00e9e des Canadiens que les puissantes chutes du Niagara.<\/p>\n<p>Ces forces m\u00e9taphoriques ont fusionn\u00e9 en f\u00e9vrier 2017. Des repr\u00e9sentants autochtones du parc national d\u2019Elk Island ont chant\u00e9 des b\u00e9n\u00e9dictions pour le bon voyage de 16 bisons vers le sud jusqu\u2019\u00e0 Banff \u2014 la prog\u00e9niture de ces animaux achet\u00e9s plus d\u2019un si\u00e8cle plus t\u00f4t au Montana. En mai de la m\u00eame ann\u00e9e, le troupeau \u00e9tait pass\u00e9 \u00e0 26 lorsque des veaux sont arriv\u00e9s dans un enclos de la vall\u00e9e Panther, les premiers bisons n\u00e9s \u00e0 Banff depuis plus d\u2019un si\u00e8cle. Aujourd\u2019hui, ils sont pr\u00e8s d\u2019une quarantaine, ils sont sortis de l\u2019enclos et se prom\u00e8nent librement dans l\u2019arri\u00e8re-pays de Banff.<\/p>\n<blockquote><p>EN MAI 2017, EST N\u00c9 \u00c0 BANFF LE PREMIER BISON EN PLUS D\u2019UN SI\u00c8CLE. IL Y A MAINTENANT PLUS D\u2019UNE QUARANTAINE DE BISONS \u00ab LOCAUX \u00bb QUI PARCOURENT LIBREMENT L\u2019ARRI\u00c8RE-PAYS.<\/p><\/blockquote>\n<p>Ils sont parmi l\u2019une des rares sous-populations sauvages du Canada, qui comptent chacune moins de 1000 t\u00eates. Bien que petit, le troupeau de Banff est consid\u00e9r\u00e9 comme un ajout important \u00e0 la population de bisons sauvages \u00e0 l\u2019 \u00e9chelle mondiale. Son importance pourrait s\u2019accroitre. \u00c0 terme, Banff pourrait accueillir jusqu\u2019\u00e0 1000 ruminants, devenant ainsi l\u2019un des plus grands troupeaux sauvages d\u2019Am\u00e9rique du Nord, selon un article publi\u00e9 dans la revue scientifique PLOS One.<\/p>\n<p>On retrouve maintenant \u00e0 Banff tous les grands carnivores qui \u00e9taient l\u00e0 avant que les Europ\u00e9ens ne colonisent le continent : loup, grizzly, ours noir et couguar. Maintenant que le bison est revenu, on y trouve tous les grands herbivores, \u00e0 l\u2019exception du caribou. Cette tapisserie de cr\u00e9atures, qui ont \u00e9volu\u00e9 pour coexister, est presque compl\u00e8te \u00e0 nouveau. Une fois de plus, le bison, ce superbe ing\u00e9nieur du paysage, fa\u00e7onne la terre. Banff se rapproche un peu plus de l\u2019\u00e9quilibre \u00e9cologique.<\/p>\n<p>Certains peuples autochtones se rendent en p\u00e8lerinage \u00e0 Banff pour t\u00e9moigner de la pr\u00e9sence du bison, notamment les cin\u00e9astes du collectif Napi et les Nakoda. Ils racontent des histoires sur la fa\u00e7on dont les anc\u00eatres autochtones et les bisons \u00e9taient li\u00e9s les uns aux autres, nous rappelant comment les choses fonctionnaient autrefois. \u00c9couter ces histoires est une fa\u00e7on pour les non-autochtones d\u2019honorer le pass\u00e9. C\u2019est un autre type d\u2019\u00e9quilibre.<\/p>\n<p>Pour moi, tout cela ressemble \u00e0 une gu\u00e9rison. Cela symbolise ce qui devient possible lorsque nous d\u00e9cidons, en tant que soci\u00e9t\u00e9, de r\u00e9parer les dommages.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft\" src=\"http:\/\/cwf-fcf.org\/assets\/images\/magazine-current-issue\/bio-biosphere-current-issue-magazine-cover.png\" alt=\"\" width=\"107\" height=\"135\" \/><\/p>\n<p><em>Tir\u00e9 du magazine <\/em>Biosph\u00e8re<em>. Pour d\u00e9couvrir le magazine, <a href=\"http:\/\/cwf-fcf.org\/fr\/nouvelles\/magazine\/\">cliquez ici<\/a>. Pour vous abonner \u00e0 la version imprim\u00e9e ou num\u00e9rique ou bien acheter le dernier num\u00e9ro, <a href=\"http:\/\/www.magzter.com\/CA\/Canadian-Wildlife-Federation\/Biosph%C3%A8re\/News\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">cliquez ici<\/a>.<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<div class=\"post-excerpt\">Nous vivons \u00e0 \u00e9poque symbolique. 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