Les strigiformes. Ce sont des oiseaux nocturnes solitaires et effrayants, chassant depuis leur perchoir élevé pour fondre silencieusement sur une proie sans méfiance.
Tous les strigiformes? Chaque règle a des exceptions.

Découvrez la chevêche des terriers. Plus petit qu’un pigeon, ce strigiforme vit dans les plaines dépourvues d’arbres ou les prairies légèrement ondulées du Canada. Malgré son nom, la chevêche des terriers ne creuse pas de terrier et, contrairement aux autres strigiformes, elle construit son nid dans des terriers abandonnés par de petits mammifères, comme les spermophiles, les blaireaux ou les chiens de prairie. Ce strigiforme sociable peut être vu debout sur des monticules de terre près de son terrier ou perché sur des poteaux de clôture à proximité, prêt à chasser des proies, que ce soit le jour ou la nuit. Cet oiseau consomme une variété de petites créatures, comme des insectes terricoles, de petits rongeurs, des grenouilles, des crapauds, des salamandres, des serpents, de petits oiseaux et des animaux morts. La chevêche des terriers est un oiseau migrateur qui ne réside au Canada que pendant les mois d’été. On la retrouve en général, d’avril à septembre, lorsque l’accès à son terrier n’est pas bloqué par la neige et qu’il y a de la nourriture à disposition. Le reste de l’année, les chevêches des terriers du Canada passent l’hiver principalement au Mexique et dans le sud-ouest des États-Unis. Les strigiformes hivernants ont tendance à être plus nocturnes, ils ne sont donc pas aussi visibles.
La chevêche des terriers se porte mal

Ce strigiforme étrange se porte mal. Il est d’ailleurs considéré comme une espèce en voie de disparition au Canada. À une époque, la chevêche des terriers était assez répandue dans les quatre provinces canadiennes de l’Ouest.
Aujourd’hui, elle figure parmi les oiseaux les plus menacés de ces régions.
Le déclin de la population a commencé dans les années 1980 et s’est accéléré durant les années 1990 pour atteindre un taux moyen de 22 pour cent par an. En 1977, environ 3 000 couples nicheurs de chevêches des terriers vivaient au Canada; en l’an 2000, le nombre de couples était tombé à moins de 1 000. Un autre 64 pour cent de la population a disparu entre 2005 et 2015.
La raison principale est liée au sort de son habitat, les prairies. Une grande partie de nos habitats de prairie indigènes a été convertie en terres cultivées (où les animaux fouisseurs indigènes sont souvent considérés comme des espèces nuisibles), et le reste a été fragmenté et dégradé. Au Canada, moins de 24 pour cent de l’habitat de prairie d’origine subsiste. La situation est préoccupante en raison de la diminution des populations de proies, des changements climatiques et des phénomènes météorologiques extrêmes, des collisions avec les véhicules, de la prédation et des effets liés au développement des énergies renouvelables. Cette tendance se poursuit, puisque le déclin des populations ne s’est pas arrêté.
Les Canadiens se mobilisent pour aider la chevêche des terriers
Que faisons-nous pour cette espèce? Étant donné son statut au Canada, la chevêche des terriers est protégée par la loi fédérale, et des efforts doivent légalement être déployés pour stabiliser et augmenter sa population. Plusieurs programmes dans les quatre provinces de l’Ouest canadien visent à préserver l’habitat de ce strigiforme, à étudier ses habitudes, à interdire l’utilisation de certains pesticides et à sensibiliser le public à ses besoins.
En Alberta et en Saskatchewan, plus de 700 propriétaires fonciers ont conservé environ 70 000 hectares d’habitat de nidification de la chevêche des terriers. Plusieurs autres méthodes pour aider l’espèce ont également été étudiées, notamment la restauration des prairies, l’arrêt de l’élimination des animaux fouisseurs, l’élevage en captivité ou l’élevage de poussins en captivité pour les réintroduire, le suivi de la population, le transfert d’individus provenant d’autres localités et l’installation de nids artificiels.
Il y a eu des victoires, notamment la réintroduction de l’espèce en Colombie-Britannique et au Manitoba, mais avec environ 270 individus au Canada, nous sommes encore très loin de notre objectif de maintenir un minimum de 3 000 couples nicheurs. Il faudra beaucoup plus d’efforts!
Vous pouvez aider cet étrange strigiforme de plusieurs façons :
- Apprenez-en plus sur les espèces, notamment en vous renseignant à leur sujet grâce à la fiche d’information de Faune et flore du pays, et faites passer le mot!
- Vous en apprendrez également davantage sur son habitat en visitant canadasgrasslands.ca/fr. De nombreux Canadiens n’ont jamais entendu parler de la chevêche des terriers ou connaissent très peu nos prairies. Plus ils en apprendront, plus ils s’y intéresseront.
- Si vous vivez dans les Prairies ou dans la vallée de l’Okanagan en Colombie-Britannique, vous pouvez vous engager activement auprès des organisations locales de conservation de la faune. De nombreuses régions ont des programmes liés à la chevêche des terriers où vous pouvez donner un coup de main.