Réduire la mortalité chez les tortues d’eau douce

Avez-vous déjà décrit votre emploi et reçu comme réaction : « D’accord, mais pourquoi donc? »

Mes amis ou ma famille m’ont assez souvent posé cette question à propos de mon travail au sein de l’équipe de conservation des tortues de la Fédération canadienne de la faune.

Je crois que cette question est attribuable en partie au manque de sensibilisation à la conservation des tortues. Les huit espèces de tortues d’eau douce du Canada figurent sur la liste des espèces en péril. En fait, elles comptent parmi les espèces animales les plus menacées au pays. Or, si vous demandez à quelqu’un d’énumérer des espèces en péril au Canada, il y a de bonnes chances que la personne ne mentionne pas les tortues d’eau douce.

Déterrement d’un nid | Marquage des œufs de tortues serpentines.
Déterrement d’un nid | Marquage des œufs de tortues serpentines.

Comment peut-on aider les tortues d’eau douce?

À quoi servent les enquêtes routières?

L’incubation des œufs visant à réduire la prédation sur les nids est un concept facile à saisir par la plupart des gens. Ils comprennent bien aussi que la recherche de tortue mouchetée vivante (notre espèce témoin) dans les zones humides contribue à protéger légalement son habitat.

Ce sont les enquêtes sur la mortalité routière que les gens ont habituellement de la difficulté à comprendre. À quoi servent ces sondages? C’est chose établie : la mortalité sur les routes est l’une des principales causes du déclin de la population des tortues dans cette zone et patrouiller dans les routes ne permettra de sauver qu’un faible pourcentage des tortues s’apprêtant à traverser.

En effectuant des sondages routiers, nous essayons de déterminer les tortues traversent la route habituellement (nous appelons ces endroits des points chauds) et s’ils changent d’une année à l’autre. L’information ainsi recueillie nous permet d’informer les municipalités des endroits qui nécessitent des mesures de prévention afin de sauver les tortues.

Panneaux routiers

« Alors vous marquez les endroits où des panneaux indiquant le passage de tortues doivent être installés? » C’est ce que l’on suppose la plupart du temps.

Bon, oui et non. Les panneaux sont une mesure préventive qui pourrait être prise. Nous avons étudié leur efficacité dans le cas des tortues au cours des deux dernières années et nous avons vu peu de changement en ce qui concerne le taux de mortalité sur les routes après leur installation.

Des études semblables ont été faites sur les panneaux pour d’autres types d’animaux. Malheureusement, les données indiquent qu’ils ne sont généralement pas très efficaces. Les conducteurs s’habituent rapidement aux panneaux d’avertissement et commencent à les ignorer peu après leur installation.

Quelles sont les mesures d’atténuation qui fonctionnent?

Les clôtures. Mais par n’importe laquelle.

La clôture doit comporter quatre caractéristiques importantes qui peuvent paraître évidentes, mais qui ne sont pas souvent prises en compte.

  1. Il doit être impossible de grimper sur la clôture

Oui, les tortues peuvent grimper. Oui, elles tenteront de le faire. Oui, cela semble ridicule.

  1. Il doit être impossible de creuser un tunnel sous la clôture

Bien que les tortues de l’Ontario soient, pour la plupart, adaptées à la vie dans l’eau, elles aiment curieusement creuser. Bien entendu, il est peu probable qu’elles puissent creuser plus de quelques pouces. Souvent, cela suffit pour se glisser sous une clôture qui n’est pas bien enfoncée dans le sol. De plus, elles sont des créatures très tenaces. Un peu de terre ne réussira pas à les dissuader.

  1. La clôture ne peut être évitée

Un grand nombre d’entre nous ont sûrement vu des photos d’une porte sans clôture portant le panneau « svp fermez la porte ». Son inutilité nous a bien fait rire. Mais les clôtures typiques posent le même problème – il est possible de les contourner.

Les tortues sont tenaces et elles ont, en plus, beaucoup de temps. Si elles ne peuvent pas passer par-dessus la clôture, elles la contourneront. Ceci ne veut pas nécessairement dire qu’il faut clôturer tout habitat où les tortues pourraient vivre. Cela veut seulement dire que la clôture doit être assez longue et que ses extrémités doivent s’éloigner de la route afin de forcer la tortue à faire demi-tour. Ceci nous amène au dernier point.

  1. Il doit y avoir une autre façon de traverser la route

Les tortues doivent, tout de même, se déplacer. Certaines espèces vivent dans des zones humides particulières à certaines périodes de l’année. Un moyen sans danger de traverser la route pourrait consister en un simple ponceau existant déjà à l’endroit en question ou une structure de passage construite sous la route spécialement conçue pour les animaux. Sans endroits sûrs où traverser, les tortues peuvent rester prisonnières à un endroit qui ne convient pas à leurs besoins changeants au cours de l’année.

Que pouvez-vous faire?

Dans un monde idéal, tous les tronçons de route désignés comme « zone dangereuse » seraient adaptés selon ces mesures d’atténuation. Il n’en est malheureusement pas le cas. Mais la FCF, en collaboration avec d’autres organisations qui partagent nos intérêts, y travaillons.

Entre-temps, vous pouvez prévenir la mortalité des tortues sur les routes en restant informé.

Découvrez comment vous pouvez aider les tortues sur le site de la Fédération canadienne de la faune.

Éclosion d’un plan pour le rétablissement des populations de tortues

Les tortues sont en sérieuse difficulté

Les huit espèces de tortues d’eau douce du Canada sont inscrites sur la liste des espèces en péril, faisant d’elles un des groupes d’animaux sauvages les plus menacés au Canada. Les tortues font face à de nombreux défis, dont :

  • la perte d’habitat
  • la mortalité sur les chaussées
  • de hauts taux de prédation

En 2018, la Fédération canadienne de la faune s’est mise à recueillir et à incuber des œufs de tortues serpentines et de tortues mouchetées dans l’est de l’Ontario dans le but d’aider les populations de tortues. Les œufs sont recueillis avec soin des nids, incubés au siège social de la FCF, et les petites tortues sont ensuite remises en liberté dans une terre humide le plus près possible du nid initial.

L’an dernier, nous avons recueilli plus de 400 œufs, et 95 % des œufs fertilisés ont éclos, nous permettant de remettre en liberté près de 400 petites tortues. Cette année, l’équipe de la FCF consacrée aux tortues s’est procuré un second incubateur. Nous avons donc été en mesure de recueillir et d’incuber plus d’œufs. Après de nombreuses nuits de travail ardu, l’équipe a recueilli plus de 500 œufs de tortues serpentines et de tortues mouchetées.

Pourquoi l’incubation des œufs aide-t-elle les populations de tortues?

CWF Freshwater Turtle Specialist Dave Seburn shows us the turtle eggs in the incubator.
Le spécialiste des tortues d’eau douce de la FCF Dave Seburn nous montre les œufs de tortues dans l’incubateur.
  • Dans de nombreuses régions, la prédation sur les nids, par des ratons laveurs, par exemple, est abondante. Les ratons laveurs se sont adaptés aux habitudes humaines et leurs populations ont augmenté. Il arrive fréquemment que les ratons laveurs détruisent près de 50 % des nids de tortues et, dans certaines régions, jusqu’à 80 %, ce qui constitue une perte importante de reproduction.
  • Si c’est un été frais et humide, les  œufs pourraient ne pas éclore avant l’automne. Dans le centre et l’est de l’Ontario, les œufs de tortues pourraient seulement éclore lorsque les températures atteignent la moyenne ou au-dessus de la moyenne.
  • Les prédateurs ne repéreront pas tous les nids le long des chaussées, mais ça ne signifie pas que ces nids sont hors de danger. L’entretien des chaussées peut inclure le nivellement des accotements, ce qui peut accidentellement déterrer les nids. Et, dans certaines régions, les accotements routiers sont vaporisés avec des pesticides qui tuent les plantes indésirables (mais qui peuvent aussi nuire aussi aux nids).
  • Les œufs qui n’éclosent pas ne sont pas nécessairement en sécurité. Les petites tortues émergent souvent à la fin de l’été ou au début de l’automne. Si le nid se trouve sur l’accotement d’une route, les bébés peuvent se retrouver en plein milieu de la chaussée et peuvent se faire écraser à peine sorti de l’œuf.
  • Les petites tortues qui évitent de se faire écraser doivent maintenant trouver une source d’eau. Certains nids sur le bord de la chaussée se trouvent à quelques mètres d’une source d’eau, ce qui facilite le déplacement des petites tortues. Or, nous avons trouvé des nids à plus de 100 mètres d’une source d’eau, distance énorme pour un bébé de la taille d’une pièce de deux dollars  – et c’est en supposant que la petite tortue se dirigera dans le bon sens!

La collecte et l’incubation des œufs visent à atténuer ces menaces et d’autres. Les œufs sont protégés de la prédation sur les nids par les ratons laveurs. La température et l’humidité sont contrôlées pour que les œufs éclosent à temps. Les bébés ne se feront pas écraser par une voiture et seront remis en liberté près d’une source d’eau.

snapping baby turtle

Malheureusement, la majorité des œufs de tortues ne donneront pas un bébé viable qui se rendra bel et bien jusqu’à une terre humide. En incubant les œufs et en remettant les bébés en liberté près d’une terre humide, nous contribuons à la reproduction des espèces de tortues. Les bébés doivent quand même faire face à plusieurs menaces une fois remis en liberté, mais ils ont au moins été épargnés des menaces les plus importantes en début de vie.

Apprenez-en plus sur le programme Aidonslestortues.ca

Ma réponse à la question éternelle :

« Alors, qu’est-ce tu fais? »

Question fréquente, posée à l’occasion il y a quelques semaines par mon barbier durant une conservation sur tout et rien. Dans le but de ne pas trop m’éterniser, j’ai résumé en une phrase ce que je fais cet été : je cherche des tortues.

Il m’a regardé, a ri et m’a donné l’impression de ne pas me prendre au sérieux. Je ne peux pas lui en vouloir. C’est en effet un travail qui semble trop saugrenu pour être vrai et, parfois, c’est le cas.

Mais je vais vous expliquer ce que je fais un peu mieux qu’à mon barbier.

L’équipe consacrée aux tortues

Chris crossing a creek

Je suis un des quatre membres de l’équipe de la FCF consacrée aux tortues et dirigée par David Seburn, spécialiste des tortues d’eau douce. Notre travail porte sur la conservation des populations de tortues menacées du Canada.

Ce travail consiste à sensibiliser le public et à réduire les risques qui menacent les populations vulnérables par l’entremise :

  • de la collecte d’œufs et de leur incubation
  • d’enquêtes sur les chaussées et de l’identification des points névralgiques pour les mortalités
  • de la protection d’habitats grâce à des études des milieux humides

À la recherche de tortues

Looking for turtles in the wetland

Les études des terres humides se déroulent sur des terres de la Couronne ou les propriétés privées de propriétaires qui s’intéressent à la conservation des tortues. Lorsque nous arrivons à une terre humide, nous enfilons nos cuissardes, revêtons nos filets contre les moustiques, jetons nos jumelles autour de notre cou et partons à la recherche de tortues.

Nous nous concentrons surtout sur la tortue mouchetée en voie de disparition. Notre objectif est de protéger les précieux habitats dans lesquels elle se trouve. Pour ce faire, nous devons d’abord en trouver une, prendre une photo et enregistrer l’endroit où nous l’avons trouvée. La terre deviendra alors officiellement protégée en vertu de la Loi sur les espèces en voie de disparition.

Ça semble assez simple, non?

Et si je vous disais qu’« en voie de disparition » est synonyme de rare et de difficile à trouver. Et que les terres humides qui abritent des tortues sont aussi associées à des insectes qui aiment piquer les gens…beaucoup, beaucoup d’insectes qui aiment piquer les gens.

Certains jours, nous passons six heures dans de l’eau boueuse jusqu’à la taille entourés de légions de mouches noires et de moustiques, tous aussi avides de nous piquer. Le soleil plombe sur nos têtes, mais il n’y a aucune façon de nous rafraîchir, car si on se dévêtit, même un tout petit peu, on devient un véritable buffet pour les insectes.

Et c’est sans parler des tiques. Depuis le début du projet il y a quelques semaines, une des membres s’est déjà fait mordre par une tique à pattes noires, celle qui peut transmettre la maladie de Lyme. (Heureusement, ma collègue va bien. Rendez-vous tout de suite chez le médecin si vous vous êtes fait mordre par une tique.)

 

© David Seburn | CWF Staff
Une des deux tortues mouchetées que nous avons trouvées durant une sortie.

En dépit de tout ça, il arrive souvent que nous ne trouvions aucune tortue mouchetée. C’est du travail épuisant et parfois frustrant, surtout lorsque nous savons qu’elles sont présentes…nous ne pouvons tout simplement pas les trouver. Mais lorsque nous repérons une de ces incroyables créatures, le jeu en vaut la chandelle.

Le parcours n’est pas pire non plus

Tiptoe-ing through the cattails

Les endroits où nous nous rendons pour mener les études sont indéniablement magnifiques, anciens et remplis d’une diversité d’animaux et de végétation.

J’ai vu une communauté de grands hérons nichés, des porcs-épics grimpant des arbres, une meute de coyotes, une boule de serpents en accouplement, des tortues hargneuses d’apparence préhistorique de la taille d’une plaque d’égout et même de barrages de castors à étages multiples! Ces endroits sont magiques, variés et incroyablement importants, ce qui augmente l’importance de trouver des tortues mouchetées et de protéger ces environnements. Nous avons déjà perdu plus de 70 % des terres humides de l’Ontario.

De nombreuses personnes ont une notion romantique du travail sur le terrain, mais il peut être très stressant et désagréable. C’est difficile et salissant. Mais ce travail est essentiel à la conservation et quelqu’un doit le faire. Cet été, cette personne, c’est moi.

upload observations to inaturalist.ca
Observations téléchargées dans iNaturalist.ca

Vous aussi, vous pouvez aider! Si vous voyez une tortue mouchetée, signalez-le dans iNaturalist.ca. Vous pouvez en apprendre plus sur notre travail avec les tortues à Aidonslestortues.ca.

Est-ce qu’une tortue a mordu à votre hameçon? Voici comment l’aider…

Beaucoup de gens aiment passer une journée sur le lac à pêcher.

C’est une excellente façon de profiter du grand air et peut-être de rapporter un poisson pour souper. Malheureusement, d’autres animaux comme les tortues peuvent être attirés par l’hameçon et se retrouver au bout de votre ligne.

Beaucoup de tortues d’eau douce sont des charognards, mais elles se nourrissent aussi de proies vivantes; elles peuvent donc se prendre aux hameçons de pêche avec appât ou leurre. Confrontés à une grosse tortue serpentine mécontente hameçonnée sur leur ligne, beaucoup de pêcheurs couperont simplement la ligne de pêche et l’hameçon restera accroché à la tortue. Certains hameçons restent coincés dans la gueule de la tortue, ce qui peut lui causer de la difficulté à se nourrir. D’autres hameçons sont avalés et se logent dans la gorge ou même dans l’estomac de l’animal, ce qui peut lui être fatal.

Combien de tortues se retrouvent prises dans des hameçons de pêche?

Nous ne le savons pas vraiment, mais quelques études suggèrent que le problème est sans doute répandu et relativement fréquent. Une étude menée au Tennessee a découvert que sur un site en particulier, plus de 30 % des tortues serpentines femelles adultes avaient avalé des hameçons de pêche. Bien sûr, le pourcentage de tortues hameçonnées varie d’un lac à l’autre en fonction du nombre de pêcheurs.

Quelles tortues ont le plus de probabilités de se faire hameçonner?

Spiny Softshell caught on a fishing hook © Scott Gillingwater
Tortue molle à épines prise avec un hameçon de pêche © Scott Gillingwater

Toutes les tortues qui se trouvent dans les eaux prisées pour la pêche peuvent potentiellement se faire hameçonner, mais les tortues serpentines sont l’espèce chez qui cela se produit le plus, probablement en raison de leur taille, de leur vaste répartition géographique et de leurs comportements alimentaires. La tortue géographique, la tortue peinte, la tortue molle à épines et la tortue des bois comptent parmi les autres espèces canadiennes connues pour se faire hameçonner.

Pourquoi l’hameçonnage des tortues est-il un problème?

Pour une tortue, se retrouver hameçonnée est un problème pour trois raisons.

  1. Premièrement, cela lui cause des souffrances inutiles, ce que nous devrions essayer de réduire ou d’éviter.
  2. Deuxièmement, toutes les huit espèces de tortues d’eau douce du Canada sont maintenant considérées comme des espèces en péril. Les tortues ont besoin de toute l’aide qu’elles peuvent obtenir.
  3. Dernièrement, considérant le taux de survie naturel élevé des tortues, même de petites augmentations du nombre de tortues mortes chaque année peuvent entraîner un déclin des populations. La recherche suggère que les morts causées par les hameçons de pêche sont à elles seules suffisantes pour entraîner un déclin de population des tortues dans certaines régions.

Que faire si une tortue se coince dans mon hameçon?

Un certain nombre de mesures peuvent être prises pour réduire l’effet des hameçons de pêche sur les tortues.

  • Utilisez des hameçons sans barbe lorsque vous pêchez dans des zones où les tortues sont nombreuses pour faciliter leur retrait en cas de prise accidentelle.
  • Essayez de retirer les hameçons coincés sur la végétation au lieu de couper simplement la ligne et d’abandonner l’hameçon.
  • Distribuez notre guide pour aider les tortues hameçonnées dans les zones de pêche prisées.

 

X-ray of Spiny Softshell showing a swallowed fishing hook w arrow © Scott Gillingwater
Radiographie d’une tortue molle à épines ayant avalé un hameçon (indiqué par une flèche) © Scott Gillingwater

Si une tortue mord à l’hameçon pendant que vous pêchez, voici quelques conseils pour l’aider.

  • Ramenez lentement et délicatement la ligne pour éviter que l’hameçon ne s’enfonce plus profondément dans la tortue.
  • Ne coupez jamais votre ligne pour relâcher la tortue hameçonnée. Un hameçon resté coincé dans une tortue pourrait entraîner sa mort.
  • Utilisez un filet ou attrapez la tortue par la partie arrière de sa carapace pour la sortir de l’eau; ne la soulevez pas avec la ligne de pêche ou par la queue pour éviter de la blesser davantage.
  • Faites attention. Les tortues peuvent mordre ou griffer pour se protéger. Faites particulièrement attention aux tortues serpentines et aux tortues molles à épines, puisqu’elles ont un long cou flexible et une morsure puissante.
  • Si l’hameçon est difficile à retirer, pris dans la gueule de l’animal ou avalé, des soins vétérinaires sont nécessaires.

Si vous êtes en Ontario, appelez l’Ontario Turtle Conservation Centre au 705 741-5000. Le centre fournira des soins vétérinaires sans frais et des bénévoles pour aider au transport partout en Ontario.

Téléchargez ce guide facile à suivre sur ce qu’il faut faire si une tortue mord à votre hameçon. Renseignez-vous sur ce que vous pouvez faire pour aider les tortues d’eau douce du Canada.

 

 

Voici les routes les plus dangereuses dans l’est de l’Ontario

Tortues et routes ne font pas bon ménage.

Lorsque les tortues quittent leurs milieux humides pour une expédition sur la terre ferme, elles doivent souvent traverser une route pour se rendre à destination. Cette destination peut être une autre zone humide simplement située de lautre côté de la route, ou un site de nidification où une femelle adulte pondra ses œufs. Quelle quen soit la raison, leur périple se termine souvent par une tortue morte sur la route.

Les tortues sont lentes, ce qui accroît le risque de se faire frapper par une voiture ou un camion en traversant la route. De plus, la réaction dune tortue au danger est souvent de rentrer la tête et les pattes et de rester immobile. Malheureusement, le fait de rester immobile sur une route achalandée fait de la tortue une cible facile.

Résultats de létude sur les routes

Excavating a nest | Marquage des œufs de tortues serpentines.

Au cours des deux dernières années, léquipe consacrée aux tortues de la FCF a mené des études sur les routes dans la grande région dOttawa pour déterminer où les tortues se font frapper sur les routes.

Tragiquement, nous avons découvert plus de 1 000 tortues mortes sur les routes.

Ce nombre de tortues tuées sur la route est sidérant et selon toute vraisemblance, non durable à long terme. Nous déployons tous les efforts pour faire installer des clôtures de protection pour la faune sur deux des sites où nous avons trouvé le plus de tortues sur les routes près dOttawa.

Nous avons trouvé plus de tortues sur certaines routes que sur dautres. Beaucoup de facteurs influencent le nombre de tortues trouvées sur une route donnée, comme la longueur de la route, son taux de circulation, le nombre de milieux humides qui se trouvent à proximité et la fréquence à laquelle la route est étudiée.

Les tortues peuvent se déplacer de mai à septembre, mais la plupart de leurs déplacements seffectuent en juin, lorsque les femelles adultes sont à la recherche de sites de nidification. Il est toujours préférable dêtre à laffût des tortues lorsquon conduit au printemps et en été.

Sil est possible de le faire, ralentir en approchant des zones humides peut augmenter les probabilités dapercevoir une tortue sur la route avant quil ne soit trop tard. Et bien quil soit préférable de rester à laffût des tortues sur toute route rurale, nous pouvons maintenant identifier les routes de la région dOttawa qui causent le plus de mortalité pour les tortues.

Donc si vous conduisez dans la région dOttawa au printemps ou en été, faites très attention sur les routes suivantes :

Hot Roads Do you regularly drive one of Eastern Ontario's 'hot roads?' This map is a compilation of CWF's 2018 data on turtle strikes.
Routes dangereuses : Est-ce que vous conduisez régulièrement sur une « route dangereuse » de l’est de l’Ontario? Cette carte est une compilation des données sur les tortues heurtées recueillies par la FCF en 2018
  • Route 7 (à l’ouest de Carleton Place)
  • Route 10 (au sud-ouest de Perth)
  • Route 15 (au sud de Carleton Place)
  • Dwyer Hill Road (dans l’ouest d’Ottawa)
  • Roger Stevens Drive (dans le sud d’Ottawa)
  • Wolf Grove Road (à l’ouest d’Almonte)

(Ces routes sont classées par ordre alphabétique. Nous navons pas tenté de les classer selon le nombre de tortues trouvées, puisque chaque route na pas fait lobjet du même niveau détude.)

Sans surprise, ces routes sont toutes relativement longues et achalandées. Nous avons aussi compté un certain nombre de tortues mortes sur différentes routes plus courtes, mais pas autant que sur celles-ci. Le monde est dangereux pour les tortues. Nous vous prions de rester à laffût des tortues qui tentent de traverser nos routes.

Si vous voulez en découvrir plus sur ce que vous pouvez faire pour les tortues, visitez le site AidonslesTortues.ca.

 

Pourquoi cette tortue a-t-elle traversé la route?

Pour se rendre dans une zone humide située de l’autre côté.

C’est le printemps et les tortues sont actives, se déplaçant souvent d’une zone humide à une autre. Les femelles, notamment, recherchent un lieu où pondre leurs œufs. Ces déplacements signifient souvent que les tortues doivent traverser des routes pour se rendre là où elles veulent aller.

Au cours des deux dernières années, l’équipe des tortues de la Fédération canadienne de la faune a découvert plus de 1000 tortues décédées sur les routes de l’est de l’Ontario. C’est une mortalité phénoménale. Nous savons que la mortalité routière est une grave menace pour les tortues et nous travaillons à l’installation de clôtures aux endroits les plus critiques pour empêcher les tortues d’aller sur les routes.

Que puis-je faire?

En attendant, nous pouvons tous faire notre part en surveillant la présence de tortues sur les routes, en particulier lorsque nous conduisons dans des régions rurales proches de lacs et de zones humides. L’équipe des tortues de la FCF a sauvé plus de 100 tortues sur les routes au cours des deux dernières années. Vous pouvez aider aussi.

Tout d’abord, si vous voyez une tortue essayer de traverser la route, assurez-vous que vous pouvez l’aider en toute sécurité. Si la circulation n’est pas trop dense et que cela semble sécuritaire, stationnez-vous sur l’accotement et allumez les feux de détresse de la voiture. Regardez des deux côtés avant d’aller sur la route pour sauver la tortue. Si des voitures arrivent, ne risquez pas votre vie.

À l’exception des chélydres serpentines, il est assez facile de ramasser la plupart des tortues. Attrapez la tortue des deux mains, de chaque côté de la carapace. Il se peut que la tortue n’apprécie pas ou ne comprenne pas que vous essayez de la protéger et elle risque alors de vous griffer ou de vous faire pipi dessus, aussi préparez-vous à cette éventualité. Si vous tenez fermement la tortue à deux mains, vous risquez moins de la laisser tomber si elle vous égratigne. C’est une bonne idée de garder une paire de gants de travail dans la voiture pour protéger vos mains lorsque vous déplacez des tortues ou dans l’éventualité d’autres aventures survenant sur la route.

Déplacez toujours la tortue dans la direction vers laquelle elle se dirige. Les tortues savent où elles veulent aller. Relâchez la tortue sur l’accotement et elle s’éloignera probablement rapidement de vous et de la route. Félicitations, vous venez de sauver une tortue.

Déplacer les chélydres serpentines, en particulier les plus grosses, est plus difficile. Les chélydres serpentines peuvent être rapides et elles peuvent mordre. Elles peuvent également pivoter rapidement ou même se précipiter en avant. Ne saisissez pas les côtés de la carapace d’une chélydre serpentine, car elle peut tourner la tête brusquement et vous mordre.

Une option pour déplacer une chélydre serpentine consiste à la tirer sur un tapis de sol d’automobile. Placez le tapis derrière la tortue, saisissez l’arrière de la carapace près des pattes arrière et faites glisser la tortue sur le tapis. Ne tirez pas la tortue par la queue, car vous pourriez la blesser. Une fois la tortue sur le tapis, faites glisser celui-ci hors de la route en gardant une main sur le dos de la tortue.

Une autre technique recommandée pour déplacer une chélydre serpentine consiste à la soulever à l’aide d’une pelle. Si vous avez une pelle dans la voiture, approchez-vous de la tortue par-derrière et glissez la pelle sous celle-ci. Ensuite, soulevez la chélydre serpentine et enlevez-la de la route. Ne soulevez pas trop la pelle, car la tortue pourrait tenter de se déplacer et tomber.

Regardez notre vidéo pour savoir comment saisir une chélydre serpentine à la main en toute sécurité pour la déplacer de la route.

Pour en savoir plus sur comment vous pouvez aider les tortues, visitez AidezLesTortues.ca

Aider les tortues d’eau douce en péril : du début à la fin

En juin de cette année, l’équipe consacrée aux tortues de la FCF a passé beaucoup de longues soirées à chercher des tortues en train de pondre des œufs.

Plus particulièrement, nous étions à la recherche de tortues serpentines et de tortues mouchetées en train de pondre leurs œufs. Notre objectif était de laisser les femelles pondre leurs œufs, que nous déterrerions et collecterions ensuite pour les incuber au siège de la FCF.

Pourquoi?

Hannah moving a Blanding's Turtle @ Mackenzie Barns
Hannah déplaçant une tortue mouchetée @ Mackenzie Barns

Toutes les huit tortues d’eau douce du Canada sont maintenant considérées comme des espèces en péril. Les tortues font face à de nombreuses menaces comme la perte d’habitat en milieu humide et la mortalité sur les routes. Dans beaucoup de secteurs, cinquante pour cent ou plus des nids de tortue seront détruits et mangés par des prédateurs comme les ratons laveurs. La prédation des nids est un processus naturel, mais donner un coup de main aux tortues en protégeant leurs nids peut être bénéfique pour leurs populations.

Du début à la fin

1. Collecte des œufs

Excavated Snapping Turtle eggs in the field
Excavated Snapping Turtle eggs in the field | Marquage des œufs de tortues serpentines.

Collecter des œufs de tortues n’est pas aussi simple qu’il le paraît. Après qu’une tortue femelle a pondu ses œufs, elle remplit de terre le trou qu’elle a creusé et il ne reste souvent aucun signe du nid. La façon la plus simple de trouver un nid de tortue est de trouver la femelle pendant les quelques heures où elle pond ses œufs. Cela peut comporter beaucoup de recherches en soirée, alors que les tortues sont plus susceptibles de pondre leurs œufs.

Nous devons faire très attention de ne pas surprendre la tortue, sinon elle pourrait remettre sa recherche d’un site de nidification à une autre soirée. Une fois que la femelle a fini sa nidification, nous creusons le nid et ramassons les œufs avec soin. Après beaucoup de nuits longues et tardives, l’équipe consacrée aux tortues a collecté plus de 400 œufs provenant de nids en bord de route!

2. Incubation des œufs

CWF Freshwater Turtle Specialist Dave Seburn shows us the turtle eggs in the incubator.
Le spécialiste des tortues d’eau douce de la FCF Dave Seburn nous montre les œufs de tortues dans l’incubateur

Les œufs ont été gardés dans un incubateur spécial pour les œufs de reptiles qui maintient la température constante. Des œufs de deux espèces de tortues en péril ont été collectés : la tortue mouchetée et la tortue serpentine. Les œufs de tortue mouchetée sont ovales, alors que ceux de la tortue serpentine sont ronds, comme de petites balles de ping-pong. Les tortues mouchetées pondent environ une douzaine d’œufs, alors que les tortues serpentines en pondent de 30 à 40..

Les œufs de chacun des nids ont été placés dans un contenant différent rempli de vermiculite humide, un mélange de terreau artificiel. Nos premiers œufs ont commencé à éclore au début du mois d’août, mais les œufs ont continué d’éclore au cours des quelques semaines suivantes. En excluant les œufs qui n’ont pas été fertilisés, environ 97 pour cent de nos œufs ont réussi à éclore.

3. Œufs éclos

Blanding’s Turtles at different stages of hatching
Tortues mouchetées à différentes étapes de l’éclosion

Lorsque les bébés tortues émergent de leur coquille, ils ont une vésicule ombilicale attachée à leur plastron. Elle contient des nutriments et nourrit le bébé tortue pendant ses premiers jours de vie. Nous avons gardé les bébés tortues jusqu’à ce que leur vésicule ombilicale soit absorbée, puis nous avons relâché chaque groupe de bébés tortues à proximité de l’endroit où nous avons trouvé les œufs, dans le milieu humide le plus près de chacun des nids. À la fin du mois d’août, nous avions relâché presque 400 bébés tortues dans la nature.

4. Libération des bébés tortues

Ces bébés tortues ont quand même une vie difficile devant eux.

Comme les parents ne s’occupent pas des bébés tortues, ces derniers doivent se débrouiller seuls pour trouver de la nourriture, éviter les prédateurs et trouver un endroit sûr où hiberner pour l’hiver. Or, sans notre aide, au moins la moitié de ces œufs seraient simplement devenus de la nourriture pour les ratons laveurs. Il aurait aussi été possible que beaucoup des bébés tortues n’aient pas réussi à se rendre jusqu’à l’eau, puisque les œufs sont souvent pondus à 100 mètres ou plus d’un milieu humide.

Ajouter plus de tortues aux populations sauvages est un bon départ, mais il y a aussi beaucoup d’autres menaces à contrer pour aider les tortues.

Découvrez d’autres façons d’aider les tortues.

Qu’avez-vous fait cet été? Voici quelques-unes des choses que nous avons accomplies….

En tant que plus grand organisme de conservation à but non lucratif soutenu par des donateurs au Canada, nous avons décidé de vous faire rapport de nos réalisations durant la saison estivale de travail sur le terrain cette année. Il y a eu des réussites et des échecs, mais tout notre travail nous a aidés à mieux comprendre les espèces en question afin de mieux conserver la faune du Canada.

À la rescousse de l’anguille d’Amérique

L’équipe de la Fédération canadienne de la faune consacrée aux sciences aquatiques a mené des recherches sur l’anguille d’Amérique dans la rivière des Outaouais au courant de l’été. L’anguille est confrontée à de nombreux défis, et ses populations sont en déclin depuis quelques années. Nos recherches cet été incluaient :

  • la détermination des routes migratoires en aval qu’adoptent les anguilles en passant la centrale hydroélectrique des chutes Chaudière. Pour ce faire, nous avons placé 40 récepteurs acoustiques dans l’eau en aval et en amont des chutes. Ainsi, nous avons pu cibler les anguilles qui se préparaient à migrer en aval pour retourner à leurs aires de reproduction dans la mer des Sargasses.
  • le recensement des individus pour déterminer combien il y a de cette espèce en péril dans la région. Nous avons utilisé deux méthodes :
    • des trappes en filet, qui nous ont permis d’attraper plus de 3 600 poissons et d’identifier 22 différentes espèces (malheureusement, nous n’avons trouvé qu’une seule anguille).
    • la pêche électrique en bateau la nuit, qui stupéfie temporairement les poissons. Ça peut sembler extrême, mais les poissons ne sont pas blessés, et il est essentiel que nous sachions combien il reste d’anguilles puisque cette espèce disparaît rapidement. Ces recherches nous ont fourni des idées sur les façons de protéger – et idéalement de rétablir – les populations d’anguilles.

Apprenez-en davantage sur les obstacles dans les rivières et sur leurs effets sur les espèces aquatiques.

Votre lac et vous

Les évaluations de la santé des rivages dans le cadre du programme Votre lac et vous nous ont tenus occupés cet été. Après l’été de 2018, nous aurons évalué 157 lacs et environ 37 830 propriétés riveraines! Grâce à nos sept partenaires régionaux répartis à l’échelle de trois provinces, la Fédération canadienne de la faune et son partenaire national Watersheds Canada ont été en mesure :

  • d’être actifs sur 18 lacs en Ontario, Alberta et Saskatchewan.
  • d’évaluer la santé des rivages d’environ 3 570 propriétés riveraines.

Au début de 2019, les propriétaires riverains en question recevront un rapport personnalisé qui décrira l’état de santé de leur rivage et recommandera des mesures d’amélioration.

Pour de plus amples renseignements sur le programme conjoint de la FCF et de Watersheds Canada Votre lac et vous, visitez LoveYourLake.ca

À l’aide des chauves-souris

L’équipe de la Fédération canadienne de la faune consacrée aux chauves-souris a travaillé fort ce printemps et cet été à promouvoir la conservation des chauves-souris. L’objectif du programme est d’assurer la survie des espèces de chauves-souris en péril du Canada. Une grande partie de notre saison s’est concentrée sur les chauves-souris qui habitent dans des structures anthropiques, comme les granges et les greniers.

La FCF est heureuse d’avoir pu s’associer avec des étudiants de l’Université Carleton et de l’Université d’Ottawa pour promouvoir la conservation des chauves-souris. Nos recherches cet été comprenaient :

  • l’élaboration et la diffusion de pratiques exemplaires de gestion et de procédures opérationnelles standards.
  • l’identification de gîtes de maternité qui abritent la petite chauve-souris brune en voie de disparition pour que nous puissions connaître les habitats qu’il faut protéger.
  • la collecte de données biophysiques sur les perchoirs afin d’orienter la création d’habitats idéaux et une stratégie de rétablissement.
  • l’évaluation de l’efficacité de différents abris pour chauves-souris pour déterminer la meilleure conception selon l’espèce et la région (urbaine par rapport à rurale, p. ex.).
  • la promotion de l’observation de chauves-souris au moyen de la science citoyenne et de la sensibilisation de collectivités à l’échelle du pays.

En passant le mot et en découvrant les meilleures façons d’aider ces espèces en péril, nous espérons réduire le montant de fois que leurs habitats sont détruits et, évidemment, réduire l’effet de la destruction des habitats sur ces mammifères. Grâce aux messages efficaces, à la sensibilisation et aux stratégies de gestion, nous espérons réduire la fréquence et les effets de la destruction des habitats et soutenir la santé, le rétablissement et la survie des chauves-souris en péril.

Apprenez-en davantage sur les chauves-souris du Canada à Aidezleschauvessouris.ca.

Au secours des tortues

L’équipe de la Fédération canadienne de la faune consacrée aux tortues a été très occupée cet été! Notre saison de travail sur le terrain incluait :

  • des enquêtes sur la tortue mouchetée en voie de disparition. Notre objectif était de trouver de nouveaux endroits qui comptaient l’espèce en déclin afin d’accroître l’étendue d’habitat protégé. Pour ce faire, nous avons obtenu la permission de nombreux propriétaires fonciers de mener des enquêtes dans les milieux humides sur leur terrain. Nous avons trouvé des tortues mouchetées dans dix milieux humides privés et gouvernementaux.
  • des enquêtes sur les chaussées où l’on retrouve souvent des tortues mortes. En identifiant ces endroits, nous sommes mieux armés pour militer en faveur de mesures d’atténuation sur les chaussées – comme les clôtures pour la faune – à ces endroits qui protégeraient les tortues et d’autres animaux sauvages. Cette année, nous avons trouvé plus de 500 tortues mortes sur les chaussées de la région d’Ottawa, dont plus de 60 tortues mouchetées.
  • la collecte d’œufs de tortues pondues dans des endroits à risque, comme sur l’accotement des chaussées. En recueillant et en incubant les œufs et en remettant les petits dans le milieu humide le plus près, nous avons pu compenser la perte de tortues sur les chaussées. Les œufs ont été incubés avec succès, et nous avons remis en liberté près de 400 tortues mouchetées et serpentines.

Apprenez-en davantage sur notre travail de protection des tortues à Aidonslestortues.ca.

Un soutien pour les oiseaux

Cette année, le biologiste de la Fédération canadienne de la faune, Nathan Clements, a passé 10 jours à traverser la région de la baie de la Reine-Maude dans le Nunavut. Son travail incluait :

  • le bagage d’oies rieuses et de bernaches de Hutchins afin de suivre ces oies arctiques et subarctiques dans leur migration à l’échelle du continent. Plus de 2 500 oies ont été baguées, ce qui est légèrement au-dessus de la cible du Plan conjoint des oies de l’Arctique.

L’organisme responsable, le Plan conjoint des oies de l’Arctique, travaille en collaboration avec ders partenaires pour fournir une approche coordonnée et rentable à l’obtention de renseignements prioritaires pour la gestion des oies qui nichent dans le Nord. La Fédération canadienne de la faune est un partenaire du Plan, ainsi que le Service canadien de la faune, le Fish & Wildlife Service des États-Unis, les organismes de protection de la faune des États et provinces des quatre voies migratoires et d’autres organisations non gouvernementales. L’approche collaborative est particulièrement utile pour mener des recherches dans l’Arctique où la logistique est plus coûteuse et où un rendement maximal des ressources est souhaitable.

Des mesures pour sauver le saumon

La Fédération canadienne de la faune, l’Université Carleton, les Premières Nations de Carcross-Tagish et la Société d’énergie du Yukon étudient la migration du saumon quinnat dans les régions les plus éloignées de leur montaison près de Whitehorse. Ces poissons arrivent de la mer de Béring, à près de 3000 kilomètres. Ils sont confrontés à de nombreux défis durant leur migration de frai. Selon les dossiers historiques, leurs populations sont en déclin depuis des décennies. Nous menons donc des recherches pour comprendre pourquoi et comment nous pouvons les aider. Le saumon quinnat est le roi du saumon du Pacifique. Il s’agit d’une population remarquable de cette espèce. Nous tentons de minimiser les effets de nos recherches sur les individus et sommes honorés de travailler avec la collectivité locale envers leur conservation.

Au courant des deux derniers étés, nous avons :

  • implanté des transmetteurs acoustiques dans des poissons
  • suivi leurs déplacements au fur et à mesure qu’ils s’approchaient de la centrale hydroélectrique de Whitehorse, traversaient la plus longue échelle à poissons au monde et poursuivaient leur parcours jusqu’à leur frayère.
  • marqué autant de poissons que possible. Nous avons à ce jour marqué 138 poissons. Nous saurons comment ils se sont débrouillés d’ici la mi-septembre, une fois que leur montaison est terminée et que nous avons récupéré les données de nos appareils de télémesure acoustique.

Apprenez-en davantage sur ce travail.

La FCF veut secourir les pollinisateurs

Pour mieux comprendre le rôle des habitats naturels pour les pollinisateurs sauvages, la Fédération canadienne de la faune a lancé une étude de trois ans dans le comté de Norfolk en Ontario. L’objectif du projet est d’examiner le lien entre la diversité et l’abondance des insectes pollinisateurs et trois types d’habitats : les forêts, les haies et les lisières herbeuses.

Une multitude d’espèces bénéfiques, comme les abeilles et les syrphides, doivent être conservées sur les terres fortement cultivées si les fermiers veulent bénéficier des services écosystémiques comme la pollinisation. Nous croyons que les habitats naturels, comme les forêts et les haies, jouent un rôle important de conservation au sein de terres à exploitation agricole intensive.

Durant notre première saison sur le terrain en cet été de 2018, nous avons :

  • recueilli des insectes pollinisateurs au moyen de pièges spécialisés dans 11 fermes du comté Norfolk dans le sud de l’Ontario. Chaque piège recueillait des milliers d’insectes, qu’on devait par la suite trier et identifier manuellement.
  • comparé les résultats des insectes identifiés manuellement à ceux des insectes identifiés au moyen d’un code à barres génétique. Si les codes à barres génétiques fournissent des résultats semblables à l’identification manuelle, nous aurons une méthode rapide et efficace de déterminer l’abondance et la diversité des pollinisateurs dans différents types d’habitats sur des terres agricoles. Nous espérons ainsi pouvoir fournir des conseils aux fermiers sur les types d’habitats naturels qui sont bénéfiques pour l’agriculture et la faune.

Les résultats de la recherche seront remis aux fermiers et aux gouvernements afin d’encourager l’adoption de pratiques, programmes et politiques agricoles durables.

Projet pour venir en aide aux baleines

En utilisant nos connaissances sur la biologie des baleines et les principes de base sur les effets des collisions, nous élaborons un modèle informatique qui peut prédire si une collision entre une baleine et un navire blessera gravement la baleine. Le modèle informatique tiendra compte de caractéristiques particulières de la baleine noire (p.ex., l’épaisseur de la graisse) et des petits navires (p.ex., son poids). Ce nouvel outil de prévision des effets des collisions avec les navires permettra aux responsables de la réglementation d’explorer comment le risque de blessures aux baleines noires à la suite d’une collision avec un navire changent selon la taille, la vitesse et la conception des navires.

Ce travail a comme objectif d’orienter des recommandations sur l’atténuation des risques. Pour ce faire, nous avons besoin de données scientifiques fiables et exactes. Nous aurons l’occasion d’améliorer la précision de ce travail et de proposer des mesures d’atténuation des risques au fur et à mesure que nous établissons les facteurs dont il faut tenir compte durant les collisions.

Apprenez-en davantage sur les interventions de secours des animaux marins au Canada en consultant le site Web de l’Alliance canadienne des réseaux d’urgence pour les mammifères marins.

Il nous en reste encore beaucoup à faire!

Grâce au soutien financier de nos donateurs dévoués, la Fédération canadienne de la faune a été en mesure de faire de grandes avancées dans le domaine de la conservation au Canada. Mais, en raison de la perte d’habitats et du changement climatique, la faune du Canada a besoin de votre aide plus que jamais.

Nous vous remercions de vous soucier de la faune du Canada et de bien vouloir soutenir notre travail.

Une marée rouge mortelle pour les tortues

Depuis le mois d’octobre, des centaines de tortues marines malades ou décédées ont échoué sur les plages du sud-ouest de la Floride.

La cause? Un phénomène naturel annuel appelé marée rouge.

red tide california
Une marée rouge près de La Jolla, en Californie.

Qu’est-ce que les marées rouges?

Les marées rouges sont le résultat de la croissance excessive de l’algue Karenia brevis. Comme leur nom l’indique, elles donnent souvent à la mer une couleur rouillée.

Mais pourquoi les marées rouges sont-elles aussi mortelles? Les algues rouges produisent une substance chimique toxique pour les organismes marins, qui peut être fatale lorsque les algues sont présentes en quantité suffisante.

Cette année, la prolifération d’algues saisonnière a été pire que d’ordinaire. La plupart des épisodes de prolifération commencent à la fin de l’automne et se dissipent au mois d’avril. Malheureusement, la marée rouge actuelle perdure fortement au cœur de l’été et il est probable que le problème persiste pendant des mois encore.

CROW (Clinic for the Rehabilitation of Wildlife)
CROW (Clinic for the Rehabilitation of Wildlife), Floride

Des tortues marines en péril mortellement atteintes

Deux espèces de tortues marines en péril sont particulièrement touchées par cette marée rouge : les tortues caouannes et les lépidochelydes de Kemp. Un grand nombre de tortues trouvées sur les plages sont des adultes, ce qui contribue à ce que cette prolifération soit si dévastatrice. Il faut entre 25 et 30 ans pour que les tortues atteignent l’âge adulte, et elles pondent alors des milliers d’œufs pendant des décennies. Parmi ces 1000 œufs, un seul environ deviendra une tortue d’âge adulte. Ainsi, la mort de tant d’adultes est susceptible de retarder pendant des décennies le rétablissement de ces tortues marines protégées.

Les marées rouges ne sont pas les seuls types de prolifération d’algues présentant un danger pour la faune. Bien que l’on n’observe pas de marée rouge en eau douce, vous avez peut-être déjà remarqué de l’eau écumeuse, mousseuse ou décolorée dans un étang ou un lac près de chez vous. Ces manifestations inesthétiques résultent également de la prolifération d’algues.

Freshwater algal bloom
La prolifération d’algues d’eau douce peut s’accompagner de toxines, mais peut aussi conduire à une anoxie.

Prolifération d’algues d’eau douce

La prolifération d’algues d’eau douce peut produire des toxines, mais peut également conduire à une anoxie (appauvrissement de la concentration d’oxygène dans l’eau) lorsque les algues meurent et se décomposent, tuant les poissons. Ces proliférations peuvent aussi être nocives pour les humains, et peuvent irriter la peau et les yeux des nageurs, ou même les rendre malades.

Facteurs liés aux activités humaines

Certains facteurs liés aux activités humaines sont probablement partiellement responsables de la gravité de la marée rouge de cette année.

  1. Les changements climatiques ont entraîné l’augmentation des températures des océans dans le monde entier, favorisant la croissance des algues.
  2. La pollution par les nutriments résulte en grande partie d’activités humaines comme l’agriculture, où les engrais peuvent contaminer l’eau par ruissellement. La pollution par les nutriments augmente la concentration d’azote et de phosphore dans l’eau et fournit aux algues des aliments leur permettant de se développer de manière incontrôlée.

Prévention par les humains

Heureusement, nous pouvons tous contribuer à prévenir la pollution par les nutriments :

  • Évitez d’utiliser des engrais et des pesticides sur votre pelouse ou dans votre jardin.
  • Si vous avez une fosse septique, assurez-vous qu’elle est correctement entretenue, pour que les fuites d’eaux usées ne contaminent pas les plans d’eau des environs.
  • Utilisez des détergents, des produits de nettoyage et des produits de soins personnels sans phosphates.
  • Construisez une zone tampon le long des rivages de votre propriété à l’aide de végétation indigène pour intercepter les contaminants.

Apprenez-en plus sur nos tortues sur le site AidonsLesTortues.ca.

Une meilleure chance pour les tortues

Les bébés tortues éclosent!

Cet été, notre équipe de conservation fait des travaux sur le terrain qui portent sur les pollinisateurs, les anguilles, les chauves-souris et les tortues. Un élément additionnel cette année a été la collecte d’œufs des bébés tortues de deux de nos espèces de tortues en péril (la tortue mouchetée et la tortue serpentine) pondus sur le bord de la chaussée.

Le bord des chaussées peut sembler un bon endroit pour les tortues, car elles cherchent des endroits ouverts avec du sable ou de la terre pour enterrer leurs œufs. Malheureusement, les œufs qui y sont pondus sont à risque de se faire détruire. Notre équipe consacrée aux tortues est donc sortie toutes les heures du jour et de la nuit pour patiemment recueillir les œufs une fois que les femelles les avaient pondus et étaient reparties. (Ne tentez pas de faire cet exercice vous-même. Il vous faut un permis et beaucoup d’expertise!)

Maintenant, plusieurs semaines plus tard, les bébés tortues éclosent rapidement. Une fois que tous les œufs auront éclos, nous remettrons les petits tous ensemble à l’endroit où les œufs ont été pondus, mais à distance sécuritaire de la route!

Le personnel et les stagiaires de la FCF sont émerveillés par ces petites créatures et sont fiers d’aider cette espèce en péril, même si c’est indirectement. Aidez vos élèves à bien connaître les tortues en visitant nos pages en ligne sur les tortues.

Le rôle de la Fédération canadienne de la faune dans la conservation des tortues d’eau douce

La Fédération canadienne de la faune continue de collaborer avec ses partenaires régionaux, des groupes communautaires, des associations vouées à la protection des lacs et des particuliers afin de réduire les menaces pour les tortues. Nous continuons de réaliser des études sur le terrain afin de consigner les lieux où se trouvent des tortues menacées et leur habitat.

Nous avons également entrepris une analyse des chaussées où les tortues sont le plus susceptibles de se faire happer par un véhicule. Finalement, nous continuons de travailler avec nos partenaires en vue d’équiper les tortues d’émetteurs radio permettant de surveiller leurs déplacements, leur utilisation de l’habitat et leur choix de sites de nidification et d’hibernation.

Apprenez-en davantage : Aidonslestortues.ca