Qu’est-ce qu’un chemin pour les pollinisateurs?

L’habitat des pollinisateurs ne cesse de diminuer et de se fragmenter, en partie en raison de l’expansion des collectivités humaines, des corridors de transport et du secteur privé.

90 % des plantes à fleurs du monde qui dépendent entièrement ou partiellement de la pollinisation animale.

Mais ça n’a pas à être le cas. En fait, la création d’habitats pour les pollinisateurs peut être un aspect largement complémentaire de ces paysages.

pollinator

En travaillant de concert, les propriétaires de terres privées et publiques peuvent créer des chemins pour les pollinisateurs — des corridors de plantes indigènes exempts de pesticides qui fournissent une source de nutrition et un habitat aux pollinisateurs afin de les aider à se disperser dans de nouveaux habitats en réponse au changement climatique.

Les chemins pour les pollinisateurs rétablissent et créent une grande variété d’habitats permanents de grande qualité riches en fleurs sauvages. Ils peuvent être créés en reliant plusieurs éléments : des pâturages de fleurs sur les terres agricoles, des boulevards bordés par des plantes bénéfiques pour les pollinisateurs dans les villes et les villages, des jardins dans les cours, et des lignes de transport électrique tapissées de fleurs sauvages indigènes. Il n’existe pas d’approche unique.

L’objectif est de relier des propriétés situées à une distance comprise dans le parcours de la plupart des pollinisateurs indigènes de la région. Par exemple, si les abeilles indigènes locales ont un parcours d’environ 750 mètres, une distance inférieure à ce parcours séparerait les propriétés et idéalement, des corridors d’habitat indigène les relieraient.

Definition :  Les chemin pour les pollinisateurses sont les corridors de plantes indigènes exempts de pesticides qui fournissent une source de nutrition et un habitat aux pollinisateurs afin de les aider à se disperser dans de nouveaux habitats.

La création de chemins pour les pollinisateurs exige beaucoup de coordination et de planification, mais leurs avantages sont nombreux. Non seulement ils renforcent le nombre de pollinisateurs et les services qu’ils offrent, mais ils fournissent aussi un habitat pour d’autres espèces fauniques et une occasion pour les gens de participer à la planification du territoire et d’interagir de manière significative avec la nature. Avec comme objectif de rétablir au moins 150 000 hectares d’habitats riches en fleurs au Royaume-Uni, l’initiative B-Lines de l’organisme Buglife offre un excellent exemple de tous ces bienfaits.

Les entreprises peuvent créer des chemins pour les pollinisateurs

Les pipelines de gaz naturel, les corridors de transmission d’électricité, les champs de panneaux solaires et les parcs éoliens occupent des millions d’hectares de terre à travers le pays. Pour des raisons de sécurité, beaucoup d’entreprises doivent maintenir la végétation en deçà d’une certaine hauteur dans leurs champs et leurs droits de passage — les longues bandes de terre sous les lignes électriques, au-dessus/en bordure des pipelines, et le long des routes. La plupart des plantes bénéfiques pour les pollinisateurs conviennent bien à ces restrictions, ce qui en fait d’excellentes options pour gérer la végétation sur les terres d’entreprises.

Right of way

Les entreprises peuvent favoriser les habitats pour les pollinisateurs sur leurs terres de différentes façons. The first is to restore the disturbed landscape with natural, native vegetation – preferably with flowers and shrubs that are in bloom from early spring through to fall to ensure continuous pollen and nectar sources. The second is to maintain vegetation in a way that minimizes harm to pollinators where possible. For example, cutting back on harmful herbicides, mowing only at the end of the summer once pollinators have finished using the plants, and removing invasive species. Finally, companies can enhance pollinator habitat by planting flowers and shrubs that provide pollinators with nesting and overwintering sites.

Les agriculteurs peuvent contribuer aux chemins pour les pollinisateurs

High-clearance sprayer working a canola field in Canada.

Les agriculteurs peuvent contribuer au rétablissement des populations de pollinisateurs de différentes façons. Ils peuvent créer et maintenir une plus grande diversité d’habitats naturels, par exemple en plantant des plantes à fleurs indigènes autour des terres cultivées. Le maintien des haies et des terres boisées contribue aussi à soutenir les pollinisateurs sauvages, puisque de nombreuses espèces se nidifient dans ces habitats.

Les agriculteurs peuvent réduire l’exposition des pollinisateurs aux produits chimiques nocifs en réduisant leur usage de pesticides, en optant pour des solutions de rechange en matière de lutte antiparasitaire et en prenant des mesures pour réduire les pertes de pesticide à l’épandage des terres cultivées vers d’autres zones. En utilisant des colonies d’abeilles mellifères pour la pollinisation, les agriculteurs peuvent faire pression pour un meilleur contrôle des agents pathogènes et pour une meilleure réglementation du commerce et de l’usage des pollinisateurs commerciaux.

En faisant tout cela, les agriculteurs peuvent protéger les pollinisateurs qui utilisent leurs champs, offrir des habitats aux chemins pour les pollinisateurs et accroître de manière générale le nombre de pollinisateurs dans leurs habitats.

Vous pouvez contribuer aux chemins pour les pollinisateurs

Parent and child gardening

Avez-vous une propriété? Une cour? Un balcon? Un jardin communautaire? Vous pouvez être une partie intégrante des chemins nationaux pour les pollinisateurs.

Faites une différence pour la faune du Canada en signant la pétition Bannir pour lavenir! Il nest pas trop tard!

Offrez un abreuvoir aux papillons

L’intérêt pour le jardinage pour les papillons connaît un essor — une bonne chose, puisqu’il représente une manière importante d’aider les papillons et autres pollinisateurs.

Mais saviez-vous que certains papillons tirent aussi leurs nutriments du sable humide, du compost et du fumier (un comportement appelé « mud-puddling » en anglais), ainsi que de la sève des arbres et de la matière organique humide comme les fruits en décomposition, les déjections animales et la charogne?

Photo: Sarah Coulber, CWF Caption: This swallowtail is feeding on washed up organic matter along a river
Ce porte-queue est en train de se nourrir de matières organiques qui se sont amassées sur les bords d’une rivière. Photo: Sarah Coulber, FCF.

Bien que certaines de ces sources d’alimentation ne soient pas très appétissantes ou faciles à reproduire pour nous, nous pouvons aider les papillons à obtenir leurs minéraux en créant une flaque de boue près des plantes à fleurs.

Flaques de boue dans un jardin

Photos : Sarah Coulber, FCF Placez votre flaque de boue dans un endroit ensoleillé et à l’abri.
Placez votre flaque de boue dans un endroit ensoleillé et à l’abri. Photos : Sarah Coulber, FCF.

Pour créer une flaque de boue, il peut suffire de laisser le sol dénudé dans une partie de votre jardin pour les papillons. Autrement dit, gardez une zone sans paillis. Le paillis naturel non teint comme la paille, l’écorce déchiquetée ou les feuilles est très bénéfique, puisqu’il empêche la pousse des mauvaises herbes, garde la température des racines plus constante, retient l’humidité et ajoute lentement des nutriments au jardin.

Ajoutez des plantes indigènes comme les asters, les asclépiades, l’eupatoire pourpre et l’échinacée à votre jardin pour les papillons. Photo : Shelley O'Connell, membre du club de photo, QC
Ajoutez des plantes indigènes comme les asters, les asclépiades, l’eupatoire pourpre et l’échinacée à votre jardin pour les papillons. Photo : Shelley O’Connell, membre du club de photo, QC

Mais si vous laissez le sol dénudé à la lisière de votre jardin, il attirera beaucoup plus facilement les papillons une fois qu’il sera humide après la pluie ou l’arrosage. Vous pouvez bien sûr laisser une partie du sol dénudé même si vous n’avez pas de jardin pour les papillons — tout jardin de fleurs ou potager fera l’affaire. Assurez-vous que le sol soit à niveau ou qu’il s’enfonce légèrement à un endroit au lieu de se terminer en pente — comme les pentes permettre à l’eau de s’écouler plus facilement, garder la zone humide exigerait plus de travail et d’eau.

Flaques de boue dans un récipient

Vous pouvez aussi déposer de la terre sablonneuse (non pas du sable stérile) dans un récipient comme une soucoupe pour pot de fleurs ou une vasque. Vous pouvez même utiliser un vieux bol de cuisine ou un plat de cuisson en verre si vous ajoutez assez d’eau pour l’humidifier. Surveillez les précipitations pour voir à quelle fréquence vous devrez humidifier le récipient, mais ne vous inquiétez pas; vous n’aurez pas à le garder humide en tout temps! Pendant les périodes très pluvieuses, vous devrez peut-être même vider l’excédent d’eau.

Si vous voulez soutenir d’autres insectes bénéfiques, ajoutez de petites pierres dans une section du récipient pour que les insectes puissent s’y percher pour s’abreuver.

Autres conseils

 

mudpuddling
Un porte-queue pataugeant dans la boue dans un jardin en Colombie-Britannique. Photo : Shannon Roberts, membre du club de photo, C.-B.

Vous pouvez encourager les papillons à trouver et à utiliser les flaques de boue en ajoutant du compost frais ou du fumier. Cela est particulièrement important si la flaque de boue fait partie de votre jardin et que la terre est pauvre en minéraux. Vos plantes en profiteront aussi.

Les papillons préfèrent généralement les endroits ensoleillés et à l’abri — un facteur à considérer pour l’emplacement d’un jardin pour les papillons et d’une flaque de boue.

This Question Mark Butterfly was feeding at a dirt-filled crack in the CWF parking lot
Ce polygone à queue violacée s’est arrêté pour une collation à une craquelure remplie de terre dans le stationnement de la FCF. Photo : Sarah Coulber, FCF.

N’oubliez pas : bien que la plupart des papillons adultes aient besoin de fleurs pour se nourrir de nectar, les chenilles, elles, ont besoin des feuilles des plantes pour se nourrir. Les plantes dont les chenilles se nourrissent sont appelées « plantes hôtes ». Identifiez les papillons de votre région et tentez de trouver leurs plantes hôtes (consultez notre document Gardening for Butterflies [en anglais]). Essayez ensuite de voir si ces arbres, arbustes ou plantes herbacées se trouvent sur votre terrain. Si ce n’est pas le cas, envisagez d’en ajouter!

Il est bien sûr utile de rehausser un habitat pour les papillons avec de la nourriture et de l’eau, mais il est impératif que la zone soit sécuritaire pour les papillons qui y vivent ou qui la visitent. Évitez les pesticides autant que possible pour garder les papillons (et autres pollinisateurs) de votre quartier en sécurité.

Apprendre en chemin

mudpuddling

Encouragez les enfants à observer et à remarquer quels papillons visitent vos fleurs et fréquentent votre flaque de boue. Est-ce que certains papillons (comme les porte-queue) visitent les deux, ou est-ce que certaines espèces (comme les polygones à queue violacée et les amiraux qui visitent rarement les fleurs) ne visitent que la flaque de boue? Certains papillons qui ne fréquentent normalement pas les flaques de boue, comme les monarques, peuvent visiter votre oasis boueuse si l’été est particulièrement sec et chaud.

Vous pouvez tenter une expérience avec votre flaque de boue en remplissant la moitié du récipient avec du sable (non stérilisé) et l’autre moitié avec du compost ou du fumier pour voir quel côté est le plus populaire!

Le rétablissement des pollinisateurs, une étape cruciale!

Les pollinisateurs, comme les abeilles, les papillons, les papillons nocturnes et les mouches, jouent des rôles essentiels dans les écosystèmes et dans la production de notre nourriture.

Si vous avez déjà mangé une pomme ou porté un t-shirt en coton confortable, vous pouvez remercier un pollinisateur d’avoir transporté le pollen d’une fleur à l’autre de ces plantes.

40%
Percentage of invertebrate pollinator species – particularly bees and butterflies – facing extinction.

Malgré les importants services qu’ils fournissent, les populations de beaucoup de pollinisateurs sauvages sont en déclin, largement dû à des changements dans leur habitat, aux pratiques agricoles intensives et à l’usage de pesticides, aux espèces envahissantes, à la maladie et au changement climatique.

Bumblebee
Bombus tenarius | Photo : Wendy Riley

Heureusement, beaucoup de mesures peuvent être adoptées pour ramener le nombre de pollinisateurs à ce qu’il a déjà été. Nous pouvons créer un habitat en plantant des plantes bénéfiques pour les pollinisateurs en bordure des routes, dans les parcs et dans les corridors de services publics.

Nous pouvons soutenir des pratiques agricoles durables, comme la rotation des cultures et la conservation des haies. Nous pouvons interdire l’usage des pesticides nocifs. Ces mesures favorisent le « rétablissement des pollinisateurs » et exigent l’attention du secteur privé, des individus et de tous les paliers de gouvernement.

« Il est impératif dinvestir dans les initiatives qui visent à renverser les effets des pesticides et de la perte dhabitat sur nos pollinisateurs. Ensemble, nous pouvons changer les choses. Cest pourquoi laménagement dun chemin pour les pollinisateurs à travers le Canada et la création dun programme national de surveillance sont des initiatives clés qui nous permettront denrayer ce déclin et de rétablir les populations. » ~Carolyn Callaghan, biologiste responsable de la conservation en matière de faune terrestre de la FCF

 

Qu’est-ce que les gouvernements du Canada peuvent faire?

Syrphid Fly | Photo: Allan McDonald
Syrphid Fly | Photo : Allan McDonald

Les gouvernements doivent de toute urgence exercer le leadership nécessaire au rétablissement du nombre et de la diversité des pollinisateurs.

Au moyen de la législation, de politiques, de stratégies et de plans, ils ont le pouvoir d’intégrer la protection et le rétablissement des pollinisateurs à notre société. Ici au Canada, beaucoup de gouvernements municipaux, régionaux et provinciaux prennent des mesures en ce sens.

Par exemple, les villes de Vancouver et de Montréal, ainsi que les provinces du Québec et de l’Ontario, ont toutes mis en place des mesures d’interdiction ou de réduction de l’usage des néonicotinoïdes nocifs. La ville de Calgary a lancé de nombreux projets bénéfiques pour les pollinisateurs, incluant un boulevard pour les abeilles et papillons composé de fleurs sauvages et d’une variété d’habitats de nidification. La ville de Toronto a lancé sa Pollinator Protection Strategy (stratégie de protection des pollinisateurs) qui, entre autres initiatives, fournit des subventions aux membres de la collectivité afin de créer un habitat pour les pollinisateurs. L’Ontario a adopté un Plan daction pour la santé des pollinisateurs qui engage le gouvernement provincial à surveiller la santé des populations d’abeilles sauvages et régies.

Monarch Butterfly | Photo: Brenda Doherty, CWF Photo Club
Monarch Butterfly | Photo: Brenda Doherty, CWF Photo Club

Alors que les gouvernements municipaux, régionaux et provinciaux mènent la charge pour le rétablissement des pollinisateurs à travers le pays, le gouvernement fédéral suit-il le rythme? En tant que signataire de la Convention sur la diversité biologique, le Canada s’est engagé à soutenir la mise en place de stratégies et de plans nationaux pour conserver la diversité des pollinisateurs. La première ébauche de la Convention, le Pollinator Initiative Plan of Action (plan d’action de l’initiative pour les pollinisateurs) pour 2018 à 2030, encourage les gouvernements à considérer quatre objectifs en s’attaquant à la protection et au rétablissement. Le Canada a pris des mesures pour l’atteinte de certains de ces objectifs, mais il lui reste beaucoup de chemin à faire pour d’autres.

Que pouvez-vous faire? Joignez-vous à nous : signifions au gouvernement que nous avons besoin d’un plan d’action national pour le rétablissement des pollinisateurs bannirpourlavenir.org

Éclosion d’un plan pour le rétablissement des populations de tortues

Les tortues sont en sérieuse difficulté

Les huit espèces de tortues d’eau douce du Canada sont inscrites sur la liste des espèces en péril, faisant d’elles un des groupes d’animaux sauvages les plus menacés au Canada. Les tortues font face à de nombreux défis, dont :

  • la perte d’habitat
  • la mortalité sur les chaussées
  • de hauts taux de prédation

En 2018, la Fédération canadienne de la faune s’est mise à recueillir et à incuber des œufs de tortues serpentines et de tortues mouchetées dans l’est de l’Ontario dans le but d’aider les populations de tortues. Les œufs sont recueillis avec soin des nids, incubés au siège social de la FCF, et les petites tortues sont ensuite remises en liberté dans une terre humide le plus près possible du nid initial.

L’an dernier, nous avons recueilli plus de 400 œufs, et 95 % des œufs fertilisés ont éclos, nous permettant de remettre en liberté près de 400 petites tortues. Cette année, l’équipe de la FCF consacrée aux tortues s’est procuré un second incubateur. Nous avons donc été en mesure de recueillir et d’incuber plus d’œufs. Après de nombreuses nuits de travail ardu, l’équipe a recueilli plus de 500 œufs de tortues serpentines et de tortues mouchetées.

Pourquoi l’incubation des œufs aide-t-elle les populations de tortues?

CWF Freshwater Turtle Specialist Dave Seburn shows us the turtle eggs in the incubator.
Le spécialiste des tortues d’eau douce de la FCF Dave Seburn nous montre les œufs de tortues dans l’incubateur.
  • Dans de nombreuses régions, la prédation sur les nids, par des ratons laveurs, par exemple, est abondante. Les ratons laveurs se sont adaptés aux habitudes humaines et leurs populations ont augmenté. Il arrive fréquemment que les ratons laveurs détruisent près de 50 % des nids de tortues et, dans certaines régions, jusqu’à 80 %, ce qui constitue une perte importante de reproduction.
  • Si c’est un été frais et humide, les  œufs pourraient ne pas éclore avant l’automne. Dans le centre et l’est de l’Ontario, les œufs de tortues pourraient seulement éclore lorsque les températures atteignent la moyenne ou au-dessus de la moyenne.
  • Les prédateurs ne repéreront pas tous les nids le long des chaussées, mais ça ne signifie pas que ces nids sont hors de danger. L’entretien des chaussées peut inclure le nivellement des accotements, ce qui peut accidentellement déterrer les nids. Et, dans certaines régions, les accotements routiers sont vaporisés avec des pesticides qui tuent les plantes indésirables (mais qui peuvent aussi nuire aussi aux nids).
  • Les œufs qui n’éclosent pas ne sont pas nécessairement en sécurité. Les petites tortues émergent souvent à la fin de l’été ou au début de l’automne. Si le nid se trouve sur l’accotement d’une route, les bébés peuvent se retrouver en plein milieu de la chaussée et peuvent se faire écraser à peine sorti de l’œuf.
  • Les petites tortues qui évitent de se faire écraser doivent maintenant trouver une source d’eau. Certains nids sur le bord de la chaussée se trouvent à quelques mètres d’une source d’eau, ce qui facilite le déplacement des petites tortues. Or, nous avons trouvé des nids à plus de 100 mètres d’une source d’eau, distance énorme pour un bébé de la taille d’une pièce de deux dollars  – et c’est en supposant que la petite tortue se dirigera dans le bon sens!

La collecte et l’incubation des œufs visent à atténuer ces menaces et d’autres. Les œufs sont protégés de la prédation sur les nids par les ratons laveurs. La température et l’humidité sont contrôlées pour que les œufs éclosent à temps. Les bébés ne se feront pas écraser par une voiture et seront remis en liberté près d’une source d’eau.

snapping baby turtle

Malheureusement, la majorité des œufs de tortues ne donneront pas un bébé viable qui se rendra bel et bien jusqu’à une terre humide. En incubant les œufs et en remettant les bébés en liberté près d’une terre humide, nous contribuons à la reproduction des espèces de tortues. Les bébés doivent quand même faire face à plusieurs menaces une fois remis en liberté, mais ils ont au moins été épargnés des menaces les plus importantes en début de vie.

Apprenez-en plus sur le programme Aidonslestortues.ca

Recette pour un pré indigène

Les prés et les prairies du sud du Canada commencent à fleurir.

À la Fédération canadienne de la faune, nous avons été occupés à créer des prés indigènes pour les pollinisateurs à trois endroits dans l’est de l’Ontario.

Les sites sont sur le bord de la route et sur des emprises. Il s’agit d’endroits à faible croissance idéaux pour fournir des habitats additionnels aux pollinisateurs. Nous voulions, avec nos partenaires HydroOne, le comté de Lanark et la Commission de la capitale nationale, partager avec vous la recette suivante pour créer un pré indigène.

Préparation

1. Choisissez un endroit

Les prés indigènes ont besoin de plein soleil. L’endroit peut être sec ou humide, mais nous avons découvert durant cette année très pluvieuse qu’il est plus facile de travailler dans un endroit qui est sec au plus tard à la fin du printemps! Les endroits ayant moins de plantes envahissantes (comme le panais sauvage et le roseau) sont aussi plus faciles à préparer.

2. Préparez le site

Avertissement : Cette étape peut prendre beaucoup de temps. Pour que les plantes indigènes aient une bonne chance de survivre, il est important de bien préparer les lits de semence et de s’assurer qu’ils soient débarrassés de mauvaises herbes.

Alexis Latemouille prépare le site pour le projet pilote près du ruisseau Green à Ottawa, site géré par la Commission de la capitale nationale.
Alexis Latemouille prépare le site pour le projet pilote près du ruisseau Green à Ottawa, site géré par la Commission de la capitale nationale.

Dans le cadre du projet, nous essayons diverses méthodes pour éliminer les mauvaises herbes :

  • Labourer
  • Cultiver de l’avoine pour faire de l’ombre aux mauvaises herbes
  • Vaporiser avec des herbicides
  • Cultiver des plantes saisonnières

Nous espérons connaître plus tard cette année les méthodes les plus efficaces pour éliminer les mauvaises herbes et permettre aux espèces indigènes de bien pousser. Nous continuerons de surveiller les résultats à long terme.

3. Commandez des semences indigènes

Ingrédients secs et ingrédients humides

Les « ingrédients » nécessaires à la création d’un bon pré diffèrent d’un endroit à l’autre. À nos sites plus humides, nous avons inclus des semences de plantes pour les pollinisateurs qui aiment avoir les « pieds mouillés », comme l’eupatoire maculée et l’eupatoire perfoliée. À nos sites plus secs, nous avons ajouté des plantes comme l’immortelle blanche et l’hélianthe scrofuleux.

Ingrédients courants

Nous avons inclus des graines d’asclépiade sauvage à tous les sites, car elle peut pousser dans toutes sortes de conditions. Il s’agit aussi de la plante hôte pour le papillon monarque et d’une excellente source de nectar pour d’autres insectes.

Proportion de graminées par rapport aux fleurs sauvages

Carolyn Callaghan recueille des graines d’asclépiade sauvage.
Carolyn Callaghan recueille des graines d’asclépiade sauvage.

Tous nos mélanges comportent environ 40 % de graminées indigènes (pour fournir des sites de nidification aux pollinisateurs) et 60 % de fleurs sauvages (pour fournir une variété de pollen et de nectar). Pour savoir où acheter vos semences, consultez la base de données électronique des fournisseurs de plantes indigènes de la FCF. Nous avions aussi recueilli de nombreuses espèces locales l’automne dernier. C’est une activité amusante qui nous a permis de créer un mélange pour chaque site d’environ 50 espèces. Pour en savoir plus, vous pouvez consulter l’excellente ressource téléchargeable gratuite de la Xerces Society sur la collecte de graines indigènes.

4. Pesez et mélangez

De grosses semences indigènes sont pesées, dont des semences de graminées et d’asclépiade.
De grosses semences indigènes sont pesées, dont des semences de graminées et d’asclépiade.

Cette étape ressemble beaucoup à la cuisson. Puisque les semences indigènes sont chères, nous voulions utiliser exactement le bon montant à chaque site et rien de plus. Le montant de graines à utiliser a été pesé selon la superficie de chaque site.

Mélange de semences indigènes et de millet, une culture de protection.
Mélange de semences indigènes et de millet, une culture de protection.

Sur le terrain, nous avons mélangé les semences indigènes et une culture de protection (soit de l’avoine ou du millet). La culture de protection remplit deux fonctions. D’abord,  elle permet de mieux répandre les semences indigènes et de les répandre en couche plus mince. Ensuite, cette culture fournira de l’ombre aux jeunes plantes indigènes la première année, mais ne repoussera pas l’année suivante après le gel. Les semis indigènes seront alors en mesure de survivre seuls.

 

CWF and Hydro staff survey the pollinator project.

5. Rassemblez une équipe enthousiaste

Des membres du personnel de la FCF et des bénévoles (Samantha Reynolds, Emily Armstrong, Paul Wityk, Carolyn Callaghan, Kira Balson) qui ensemencent le site du projet pilote de HydroOne à Ottawa.
Des membres du personnel de la FCF et des bénévoles (Samantha Reynolds, Emily Armstrong, Paul Wityk, Carolyn Callaghan, Kira Balson) qui ensemencent le site du projet pilote de HydroOne à Ottawa.

C’est la partie amusante. Commandez du soleil et rassemblez une équipe. Bien que la tâche semblait ardue devant de si grands sites, ce fut étonnamment rapide. Grâce à nos huit employés et bénévoles, nous avons ensemencé un terrain de 1,5 hectare (3 acres) en quelques heures. Nous avons répandu notre mélange de graines en quadrillage dans les deux sens.

Notre objectif n’était pas d’entièrement recouvrir les sites de semence, mais de donner suffisamment d’espace à chaque plante pour qu’elle puisse fleurir et remplir le pré au courant des prochaines années. Nous avons ensemencé à la fin du printemps, mais l’automne est aussi un excellent moment pour ensemencer un pré indigène.

6. Ajoutez de la patience en grande quantité et attendez

Comme pour la cuisson, attendre le résultat est souvent la partie la plus difficile. Dans notre cas, il faut attendre des mois et même des années pour qu’apparaissent certaines espèces. Pour l’instant, nous avons terminé notre travail.

La nature s’occupera du reste.

 

monarch restoration sign

Nous sommes fiers d’annoncer qu’au cours du dernier mois, la Fédération canadienne de la faune et ses partenaires ont suivi cette recette et semé des acres d’habitat pour les pollinisateurs le long des routes et dans des corridors de services publics de l’est de l’Ontario. Un gros merci au personnel de HydroOne, du comté de Lanark et de la Commission de la capitale nationale qui a travaillé tellement fort pour que ce projet pilote se réalise et aussi à la Fondation Trillium de l’Ontario d’avoir financé le projet.

Gardez l’œil ouvert pour des nouveautés au courant de la saison!

Ma réponse à la question éternelle :

« Alors, qu’est-ce tu fais? »

Question fréquente, posée à l’occasion il y a quelques semaines par mon barbier durant une conservation sur tout et rien. Dans le but de ne pas trop m’éterniser, j’ai résumé en une phrase ce que je fais cet été : je cherche des tortues.

Il m’a regardé, a ri et m’a donné l’impression de ne pas me prendre au sérieux. Je ne peux pas lui en vouloir. C’est en effet un travail qui semble trop saugrenu pour être vrai et, parfois, c’est le cas.

Mais je vais vous expliquer ce que je fais un peu mieux qu’à mon barbier.

L’équipe consacrée aux tortues

Chris crossing a creek

Je suis un des quatre membres de l’équipe de la FCF consacrée aux tortues et dirigée par David Seburn, spécialiste des tortues d’eau douce. Notre travail porte sur la conservation des populations de tortues menacées du Canada.

Ce travail consiste à sensibiliser le public et à réduire les risques qui menacent les populations vulnérables par l’entremise :

  • de la collecte d’œufs et de leur incubation
  • d’enquêtes sur les chaussées et de l’identification des points névralgiques pour les mortalités
  • de la protection d’habitats grâce à des études des milieux humides

À la recherche de tortues

Looking for turtles in the wetland

Les études des terres humides se déroulent sur des terres de la Couronne ou les propriétés privées de propriétaires qui s’intéressent à la conservation des tortues. Lorsque nous arrivons à une terre humide, nous enfilons nos cuissardes, revêtons nos filets contre les moustiques, jetons nos jumelles autour de notre cou et partons à la recherche de tortues.

Nous nous concentrons surtout sur la tortue mouchetée en voie de disparition. Notre objectif est de protéger les précieux habitats dans lesquels elle se trouve. Pour ce faire, nous devons d’abord en trouver une, prendre une photo et enregistrer l’endroit où nous l’avons trouvée. La terre deviendra alors officiellement protégée en vertu de la Loi sur les espèces en voie de disparition.

Ça semble assez simple, non?

Et si je vous disais qu’« en voie de disparition » est synonyme de rare et de difficile à trouver. Et que les terres humides qui abritent des tortues sont aussi associées à des insectes qui aiment piquer les gens…beaucoup, beaucoup d’insectes qui aiment piquer les gens.

Certains jours, nous passons six heures dans de l’eau boueuse jusqu’à la taille entourés de légions de mouches noires et de moustiques, tous aussi avides de nous piquer. Le soleil plombe sur nos têtes, mais il n’y a aucune façon de nous rafraîchir, car si on se dévêtit, même un tout petit peu, on devient un véritable buffet pour les insectes.

Et c’est sans parler des tiques. Depuis le début du projet il y a quelques semaines, une des membres s’est déjà fait mordre par une tique à pattes noires, celle qui peut transmettre la maladie de Lyme. (Heureusement, ma collègue va bien. Rendez-vous tout de suite chez le médecin si vous vous êtes fait mordre par une tique.)

 

© David Seburn | CWF Staff
Une des deux tortues mouchetées que nous avons trouvées durant une sortie.

En dépit de tout ça, il arrive souvent que nous ne trouvions aucune tortue mouchetée. C’est du travail épuisant et parfois frustrant, surtout lorsque nous savons qu’elles sont présentes…nous ne pouvons tout simplement pas les trouver. Mais lorsque nous repérons une de ces incroyables créatures, le jeu en vaut la chandelle.

Le parcours n’est pas pire non plus

Tiptoe-ing through the cattails

Les endroits où nous nous rendons pour mener les études sont indéniablement magnifiques, anciens et remplis d’une diversité d’animaux et de végétation.

J’ai vu une communauté de grands hérons nichés, des porcs-épics grimpant des arbres, une meute de coyotes, une boule de serpents en accouplement, des tortues hargneuses d’apparence préhistorique de la taille d’une plaque d’égout et même de barrages de castors à étages multiples! Ces endroits sont magiques, variés et incroyablement importants, ce qui augmente l’importance de trouver des tortues mouchetées et de protéger ces environnements. Nous avons déjà perdu plus de 70 % des terres humides de l’Ontario.

De nombreuses personnes ont une notion romantique du travail sur le terrain, mais il peut être très stressant et désagréable. C’est difficile et salissant. Mais ce travail est essentiel à la conservation et quelqu’un doit le faire. Cet été, cette personne, c’est moi.

upload observations to inaturalist.ca
Observations téléchargées dans iNaturalist.ca

Vous aussi, vous pouvez aider! Si vous voyez une tortue mouchetée, signalez-le dans iNaturalist.ca. Vous pouvez en apprendre plus sur notre travail avec les tortues à Aidonslestortues.ca.

16 façons de protéger votre jardin durant une sécheresse sans trop gaspiller d’eau

Je me souviens très bien de ma première sécheresse.

C’était en 2012 durant une vague de chaleur interminable en Ontario. C’était l’année où j’ai décidé pour la première fois de faire un potager. Il n’a pas survécu.

Le gazon fut le premier à rendre l’âme. Le soleil l’a complètement asséché. Le sol s’est alors mis à se fissurer. Il était tellement sec qu’il est devenu hydrophobe, c’est-à-dire qu’il repoussait toute tentative d’arrosage, un peu comme une éponge sèche. C’est par la suite qu’est mort (*pleurs*) mon potager. Il n’avait aucune chance de survie. J’avais un puits foré. Je devais donc arrêter d’arroser pour conserver l’eau.

Vint alors le tarissement des étangs et des marais dans ma région. Je n’avais jamais vu ça! Depuis cette sécheresse, j’ai appris certaines choses que je mettrais en œuvre si jamais je décide de me créer un autre potager. Espérons qu’il réussira mieux que mon dernier.

Voici ce qu’il faut faire et ne pas faire pour préserver la verdure durant une sécheresse sans utiliser trop d’eau :

  1. Donnez la priorité aux plantes établies. Les plantes existantes sont mieux enracinées et auront besoin de moins d’eau que les plantes que vous venez de mettre en terre.
  2. Donnez la priorité aux plantes indigènes et aux fleurs sauvages. Les plantes indigènes comme l’asclépiade, la dalée violette, le panicaut des tourbières, l’oponce fragile, la verveine veloutée et autres ont tendance à mieux résister à la sécheresse. Elles fournissent aussi une source essentielle de nourriture et un abri aux pollinisateurs et aux insectes et bestioles bénéfiques qui en ont besoin durant une sécheresse.
  3. Vérifiez vos plantes. Taillez les fleurs et les feuilles mortes pour aider les plantes à conserver leur énergie durant la sécheresse.
  4. Arrosez fréquemment et profondément. Évitez que le sol de votre jardin devienne hydrophobe en l’arrosant longuement et en profondeur, jusqu’à ce qu’il soit bien hydraté. Il semblerait contraire à l’intuition d’arroser lentement le sol durant une sécheresse, mais vous économiserez de l’eau à long terme en arrosant plus lentement et profondément et en utilisant une irrigation au goutte-à-goutte pour humidifier le sol le plus possible en gaspillant le moins d’eau possible.
  5. Ne soyez pas trop attaché à votre pelouse. Les pelouses sont décoratives. Envisagez de ne pas arroser votre pelouse. Elle pourrait devenir brune durant les chaleurs intenses, mais il s’agit habituellement d’un gazon en dormance plutôt que d’un gazon mort.
  6. Utilisez de la bonne terre. Ajoutez du compost tous les ans pour y procurer des nutriments et pour l’aider à demeurer humide.

spreading mulch in a garden

  1. Ajoutez du paillis. Ajoutez du paillis aux parties exposées du jardin pour réduire l’évaporation. Le paillis contribue aussi à maintenir les racines à la bonne température durant l’été. Les plantes peuvent alors mieux s’adapter aux sécheresses. De plus, le paillis prévient l’érosion et la prolifération de mauvaises herbes.
  2. Aidez les pollinisateurs. Ajoutez un petit bol d’eau entouré de pierres dans un endroit ombragé du jardin pour permettre aux pollinisateurs et aux insectes bénéfiques de se reposer tout en s’abreuvant.
  3. Ne mettez pas d’engrais dans votre jardin durant une sécheresse. L’engrais encourage votre jardin à pousser, ce qui exige de l’eau.
  4. Utilisez de l’eau de pluie. Installez des barils de pluie pour capturer l’eau qui pourrait s’écouler des gouttières et utilisez-la pour arroser votre jardin.
  5. Réutilisez l’eau usée (eau grise). Vous rincez des raisins  ou des pommes de terre? Vous laissez couler l’eau quelques minutes avant de prendre une douche? Utilisez des bassins pour recueillir cette eau afin d’arroser votre jardin. Ou encore, installez un système d’eau grise pour réutiliser l’eau dont vous vous servez pour faire la vaisselle ou le lavage. Une solution gagnante!

irrigation

  1. Arrosez tôt le matin. Ainsi, vous réduirez l’évaporation et éviterez que le soleil brûle les gouttelettes d’eau sur les feuilles. L’arrosage le matin permet aussi aux plantes de sécher avant la nuit, ce qui aide à prévenir l’infestation par des organismes nuisibles qui aiment les environnements humides (limaces, champignon, etc.)
  2. Retirez les mauvaises herbes. C’est particulièrement important durant une sécheresse, car les mauvaises herbes peuvent capturer de la précieuse humidité du sol.
  3. Ne plantez pas de nouvelles plantes durant une sécheresse, car ces plantes nécessitent plus d’eau.
  4. Dirigez l’eau vers les endroits qui en ont le plus besoin. Pour les plantes ayant besoin plus d’eau, placez une bouteille d’eau dont la base a été retirée près de la plante et arrosez par le goulot de la bouteille. Cette technique permet de diriger l’eau vers les racines de la plante.
  5. Préparez-vous pour l’année suivante. On ne peut prédire le temps qu’il fera durant les étés à venir, mais on peut se préparer pour une sécheresse en ajoutant du compost l’automne, en cultivant des fleurs sauvages, des plantes et des arbustes, résistants aux sécheresses.

 En avons-nous oublié? Faites-nous part de vos méthodes de jardinage éprouvées.

 

Êtes-vous ouvert à la possibilité de cohabiter avec des chauves-souris?

Entendez-vous des petits cris aigus? Apercevez-vous des chauves-souris tournant autour de votre toit?

Il est possible que vous partagiez votre demeure avec des chauves-souris. Bien que cette idée puisse vous effrayer, ne mettez pas tout de suite votre maison à vendre. Il est plus facile que vous pourriez le  croire de cohabiter avec des chauves-souris.

Pourquoi sont-elles là?

En un mot, pour nicher. Au printemps, les femelles se cherchent des endroits pour nicher et élever leurs petits. Les bébés naissent entre les mois de juin et d’août. Donc, si vous avez des chauves-souris dans le grenier en ce moment, il y a de fortes chances qu’il y ait aussi des petits. Il semblerait que les chauves-souris retournent tous les ans au même endroit pour mettre bas.

Je veux qu’elles partent!

Alors qu’arrive-t-il si vous expulsez les chauves-souris durant l’été? Vous n’aimerez pas la réponse. Lorsque vous expulsez des femelles durant l’été, vous laissez vraisemblablement mourir les bébés sans défense. Si vous voulez vraiment expulser une chauve-souris, le meilleur temps pour le faire est en septembre ou octobre. Peu importe ce que vous faites, ne les expulsez pas entre les mois de mai et août ou durant l’hiver.

Y a-t-il une autre façon?

Oui. Apprendre à cohabiter avec elle. Il est tellement important de prendre du recul et vraiment y penser. De nombreuses chauves-souris du Canada sont en péril. La pipistrelle de l’Est, le vespertilion nordique et la petite chauve-souris brune sont tous inscrits comme espèces en voie de disparition par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. La chauve-souris blonde et la chauve-souris rousse sont menacées.  Et le vespertilion à queue frangée, l’oreillard maculé, l’oreillard de Townsend, le vespertilion pygmée de l’ouest, le vespertilion de Yuma et le molossidé sont des espèces préoccupantes.

Ces chauves-souris sont en péril pour diverses raisons, mais une des plus importantes est la perte d’habitat. Elles n’ont simplement plus assez d’endroits pour élire domicile. Et lorsqu’on sait que leur survie dépend moins des taux de natalité que des taux de survie et qu’elles ont seulement un ou deux bébés par année, il est essentiel de leur fournir des endroits où pourront survivre ces petits.

Mais comment pourrais-je vivre avec une… ou plusieurs (aïe!) chauves-souris?

Heureusement, votre nouvelle coloc ne partagera pas votre salle de toilette. En fait, vous ne la verrez presque jamais. Les chauves-souris préfèrent vivre dans les greniers. Vous pouvez donc adapter votre demeure pour leur fournir un perchoir sécuritaire. Les blocages, cloisons et points d’entrée et de sortie ne sont que quelques rénovations que vous pouvez faire pour reléguer les chauves-souris à une section particulière du grenier.

Cela étant dit, il faut prendre quelques précautions pour faire en sorte que cet arrangement est sécuritaire. Habituellement, le plus grand problème est le guano de chauves-souris. Placez une toile de protection dans votre grenier pour le recueillir et lavez la toile une ou deux fois par année pour veiller à ce que les excréments ne nuisent pas à votre santé.

Apprenez-en plus sur comment vous pouvez aider les chauves-souris à Aidonsleschauves-souris.ca.

 

8 faits intéressants sur la guêpe qui vous feront l’aimer!

La guêpe n’a pas la meilleure réputation.

En effet, on ne l’accueille pas chaleureusement à nos BBQ et pique-niques extérieurs. Comme vous vous en doutez, des études indiquent que la guêpe est beaucoup moins aimée que sa cousine l’abeille. Nos sentiments négatifs envers la guêpe sont vraisemblablement dus à notre manque de connaissances par rapport aux avantages importants qu’offre cet insecte au fonctionnement, à la santé et à la viabilité de la planète.

Cette bestiole travaillante est en réalité un des organismes les plus économiques et écologiques pour l’humanité. Elle pollinise les récoltes et les fleurs. Elle est aussi incroyablement efficace à gérer les populations d’insectes nuisibles.

Wask on flower @ Martin Tampier | CWF Photo Club
@ Martin Tampier | Club de photographie de la FCF

La prochaine fois que vous avez un mouvement de recul à la vue d’une guêpe bourdonnante pendant vos festivités estivales, plutôt que de sortir la tapette à mouches, pensez aux faits intéressants suivants :

  1. On retrouve des guêpes partout, sauf en Antarctique.
  2. Les guêpes se reconnaissent entre elles grâce à leurs motifs faciaux uniques.
  3. Il existe 30 000 espèces identifiées de guêpes.
  4. Les guêpes peuvent fabriquer leur propre papier pour bâtir leur nid en machant et recrachant des morceaux d’écorce.
  5. Les guêpes sociales utilisent leur dard comme moyen de défense, tandis que les guêpes solitaires utilisent leur dard et venin pour chasser.
  6. Seule la femelle a un dard et ce dard est en réalité un organe modifié de ponte d’œufs.
  7. Les guêpes sont de toutes les couleurs : rouges, orange, vertes, bleues et, bien sûr, jaunes et noires.
  8. Il est prouvé que les guêpes sont capables d’utiliser la logique pour tirer des conclusions à partir de deux éléments d’information distincts. Il s’agirait vraisemblablement de la première hypothèse que les invertébrés sont en mesure d’arriver à des déductions logiques.

Apprenez-en plus sur comment la Fédération canadienne de la faune aide nos pollinisateurs à Bannirpourlavenir.org.

 

Est-ce qu’une tortue a mordu à votre hameçon? Voici comment l’aider…

Beaucoup de gens aiment passer une journée sur le lac à pêcher.

C’est une excellente façon de profiter du grand air et peut-être de rapporter un poisson pour souper. Malheureusement, d’autres animaux comme les tortues peuvent être attirés par l’hameçon et se retrouver au bout de votre ligne.

Beaucoup de tortues d’eau douce sont des charognards, mais elles se nourrissent aussi de proies vivantes; elles peuvent donc se prendre aux hameçons de pêche avec appât ou leurre. Confrontés à une grosse tortue serpentine mécontente hameçonnée sur leur ligne, beaucoup de pêcheurs couperont simplement la ligne de pêche et l’hameçon restera accroché à la tortue. Certains hameçons restent coincés dans la gueule de la tortue, ce qui peut lui causer de la difficulté à se nourrir. D’autres hameçons sont avalés et se logent dans la gorge ou même dans l’estomac de l’animal, ce qui peut lui être fatal.

Combien de tortues se retrouvent prises dans des hameçons de pêche?

Nous ne le savons pas vraiment, mais quelques études suggèrent que le problème est sans doute répandu et relativement fréquent. Une étude menée au Tennessee a découvert que sur un site en particulier, plus de 30 % des tortues serpentines femelles adultes avaient avalé des hameçons de pêche. Bien sûr, le pourcentage de tortues hameçonnées varie d’un lac à l’autre en fonction du nombre de pêcheurs.

Quelles tortues ont le plus de probabilités de se faire hameçonner?

Spiny Softshell caught on a fishing hook © Scott Gillingwater
Tortue molle à épines prise avec un hameçon de pêche © Scott Gillingwater

Toutes les tortues qui se trouvent dans les eaux prisées pour la pêche peuvent potentiellement se faire hameçonner, mais les tortues serpentines sont l’espèce chez qui cela se produit le plus, probablement en raison de leur taille, de leur vaste répartition géographique et de leurs comportements alimentaires. La tortue géographique, la tortue peinte, la tortue molle à épines et la tortue des bois comptent parmi les autres espèces canadiennes connues pour se faire hameçonner.

Pourquoi l’hameçonnage des tortues est-il un problème?

Pour une tortue, se retrouver hameçonnée est un problème pour trois raisons.

  1. Premièrement, cela lui cause des souffrances inutiles, ce que nous devrions essayer de réduire ou d’éviter.
  2. Deuxièmement, toutes les huit espèces de tortues d’eau douce du Canada sont maintenant considérées comme des espèces en péril. Les tortues ont besoin de toute l’aide qu’elles peuvent obtenir.
  3. Dernièrement, considérant le taux de survie naturel élevé des tortues, même de petites augmentations du nombre de tortues mortes chaque année peuvent entraîner un déclin des populations. La recherche suggère que les morts causées par les hameçons de pêche sont à elles seules suffisantes pour entraîner un déclin de population des tortues dans certaines régions.

Que faire si une tortue se coince dans mon hameçon?

Un certain nombre de mesures peuvent être prises pour réduire l’effet des hameçons de pêche sur les tortues.

  • Utilisez des hameçons sans barbe lorsque vous pêchez dans des zones où les tortues sont nombreuses pour faciliter leur retrait en cas de prise accidentelle.
  • Essayez de retirer les hameçons coincés sur la végétation au lieu de couper simplement la ligne et d’abandonner l’hameçon.
  • Distribuez notre guide pour aider les tortues hameçonnées dans les zones de pêche prisées.

 

X-ray of Spiny Softshell showing a swallowed fishing hook w arrow © Scott Gillingwater
Radiographie d’une tortue molle à épines ayant avalé un hameçon (indiqué par une flèche) © Scott Gillingwater

Si une tortue mord à l’hameçon pendant que vous pêchez, voici quelques conseils pour l’aider.

  • Ramenez lentement et délicatement la ligne pour éviter que l’hameçon ne s’enfonce plus profondément dans la tortue.
  • Ne coupez jamais votre ligne pour relâcher la tortue hameçonnée. Un hameçon resté coincé dans une tortue pourrait entraîner sa mort.
  • Utilisez un filet ou attrapez la tortue par la partie arrière de sa carapace pour la sortir de l’eau; ne la soulevez pas avec la ligne de pêche ou par la queue pour éviter de la blesser davantage.
  • Faites attention. Les tortues peuvent mordre ou griffer pour se protéger. Faites particulièrement attention aux tortues serpentines et aux tortues molles à épines, puisqu’elles ont un long cou flexible et une morsure puissante.
  • Si l’hameçon est difficile à retirer, pris dans la gueule de l’animal ou avalé, des soins vétérinaires sont nécessaires.

Si vous êtes en Ontario, appelez l’Ontario Turtle Conservation Centre au 705 741-5000. Le centre fournira des soins vétérinaires sans frais et des bénévoles pour aider au transport partout en Ontario.

Téléchargez ce guide facile à suivre sur ce qu’il faut faire si une tortue mord à votre hameçon. Renseignez-vous sur ce que vous pouvez faire pour aider les tortues d’eau douce du Canada.